Peu de gens avaient compris lors du vernissage de cette exposition consacrée à Madeleine Vionnet ce qui l’avait rendu possible. Le premier projet portait sur une
campagne de restauration exceptionnelle financée par Natixis de la collection comprenant 122 robes, 750 toiles patrons, 75 albums dits de copyright que la couturière avait donné à l’Union
Française des Arts du Costume en 1952, à François Boucher et Yvonne Deslandres. Ce mécène s’est spécialisé dans des œuvres de restauration d’objets d’art, mais n’avait jamais œuvré dans le
domaine de la mode. L’initiative est donc très originale et s’est prolongée par une présentation au public du résultat de ces travaux sous la forme d’une exposition. Exceptionnelle également car
c’est la première fois que l’œuvre de Vionnet est montrée à Paris. Deux expositions lui ont été consacrées en province : la première organisée par moi-même au Musée de la Vieille Charité à
Marseille, puis la deuxième au Musée Historique des Tissus de Lyon, par Lydia Kamitsis. Exceptionnelle aussi parce que Madeleine Vionnet est une figure majeure de l’histoire de la mode. Elle a
apporté de multiples réponses à la grande question qui se pose au début du XXème siècle : comment construire un vêtement sur l’absence de corset, comment vêtir un corps qui bouge sans
entraves. En défiant les incertitudes du « flou », en libérant le tissu des coutures, des pinces, des boutons, en laissant dialoguer sensuellement le tissu et le corps, un tissu qui
échappe à la pesanteur lorsqu’il est traité dans le biais, en drapé, en mouchoir... Avec Vionnet, la mode n’est plus un art de la décoration, la coupe, le volume suffisent à créer la distinction.
Le décor est engendré par la structure. Un nouveau chapitre de l’histoire de la mode s’ouvre ainsi, le décor n’est plus un placage, un enjoliveur, il procède de la coupe. Rien de superflu, rien
que la nécessité de la forme. Une exposition à voir d’urgence pour une grande leçon de mode et de couture.
« Madeleine Vionnet, puriste de la mode ». Musée des Arts Décoratifs. Jusqu’au 31 janvier 2010.
Par Florence Muller
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La Galerie des Galeries vient d’inaugurer une exposition Carte Blanche confiée à Olivier Saillard, une initiative qui rend plus accessible au public le travail de
cet artiste-historien-de-la-mode au profil très atypique. On peut la visiter comme un parcours d’enquêteur de la littérature, cherchant,à travers le vêtement, les traces d’histoires
romanesques. Le vêtement est là comme une trace, un témoin, comme les restes d’actions passées, qui en disent aussi long sur les absents que le texte. Mais au-delà du concept à décoder avec
patience, des accents nostalgiques et d'une mise en scène délicatement affectée, une lecture plus immédiate interpelle le visiteur pressé : une collection d’objets curieux qui pourraient
bien devenir objets de design à intégrer tout simplement dans un intérieur contemporain : chapeaux abat-jour, chapeaux suspensions, chemise-sachets de lavande… Reste à trouver des
éditeurs.
Jusqu’au 15 août 2009. Galerie des Galeries. Galeries Lafayette. 29 bis rue de la Chaussée d’Antin. 75009. Paris.
T : 01 42 82 81 98
Par Florence Muller
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C’était le lancement du numéro O de la revue fondée par le duo Undo-Redo de Nicola et Teresa Aguzzi, mais aussi l’inauguration de leur nouvel espace rue de la
Fontaine au Roi. Douze graphistes-artistes participaient par des séries de 4 cartes blanches à ce numéro éphémère. Deux éléments reliaient néanmoins tous ces univers graphistes ;
L’utilisation du Noir et Blance et l’affichage de ces œuvres au cours de la soirées leur donnant un caractère de Dazibao, ces affiches que les chinois de la Chine Impériale fabriquaient pour
exprimer publiquement leur mécontentement et qui ont été réactivées au moment de la révolution culturelle. Pendant que les affichistes affichaient successivement toutes ces affiches, une
installation sonore de Goran Vejvoda était proposée en participation active aux invités… et aussi quelques mets venus directement d’Italie : prosciuto, parmesan, sfumante, gressins…
Vive la fête !
www.madeinchinarevue.com
Par Florence Muller
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C’est le 6ème parcours organisé par Anne-Pierre d’Albis-Ganem qui a invité 29
artistes à « investir » le quartier de Saint Germain des Près. Le jeudi 28 mai dernier, les grands noms de l’art contemporain français, mais aussi d’autres moins connus étaient à
découvrir, selon la formule désormais consacrée de la décontextualisation de leurs œuvres. Au lieu des habituelles galeries d’art, les œuvres étaient disposés dans des lieux insolites comme le
café des deux Magots, les nombreuses boutiques de mode, l’hôtel Bel ami ou la librairie La hune. Parfois le contenu détonne avec le contenant, ailleurs, il lui confère une autre
« dimension ». Ainsi les œuvres de Claudia Huidobro, photographies anciennes de pin-up retouchées par l’artiste avec des adjonctions fantasmatiques, plongeaient la boutique de lingerie
fine coquine « Lilou au Balcon » dans une atmosphère intrigante. A l’étage, une jolie vendeuse vous invitait à jouer au jeu de carte lancé à cette occasion par Claudia Huidobro. Il se
pratique à deux, chacun tire une carte à tour de rôle. La lecture du message inscrit sur la carte intime un ordre à l’adresse du partenaire… un jeu de la séduction qui peut mener
loin !
Bonne ambiance aussi chez Agnès B, avec une terrasse pleine de jolies filles ; Curieuse installation de circuit électrique chez Zadig & Voltaire… Mais le
vide chez Dior qui triait sur invitation les visiteurs à l’entrée. C’était tout à fait inutile car le meilleur se passait à l’extérieur dans les vitrines investies par l’artiste Agnès
Thurnauer.
Le jeu de carte de Claudia Huidobro chez Lilou au Balcon:
Installation de The Little artists Chez Zadig & Voltaire :
Oeuvres d'Agnès Thurnauer dans les vitrines de Dior:
Chez Agnès B:
Par Florence Muller
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Au cours d’un élégant dîner chez Kris Van Aasche, Barbara Polla présentait le numéro O de la revue « Londerzeel » qu’ils ont conçu ensemble. Des photos de
l’exposition « Picaflor » présentée par le créateur de Dior Homme à la Villa de Noailles lors du dernier Festival de la Mode d’Hyères sont accompagnées d’images d’inspiration, de textes
de Paul Ardenne, de dessins d’Andrea Mastrovito, de photos de Mauricio Nardi ou encore de vues de l’installation « Poète en grève » créée par le designer dans la galerie genevoise de
Barbara Polla. L’infatigable galeriste-médecin-auteur-ex-députée et passionnée d’art et d’esthétique signait le lendemain dans la librairie l’Age de l’homme » son dernier ouvrage « Amor
o muerte » consacré à Kris Van Aasche. Une biographie d’un genre nouveau, mêlant enquêtes, réalité et subjectivité, analyse et message d’affection évoquant un homme de mode, une vie dédiée à
la création et une belle âme.
Par Florence Muller
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