Jeudi 2 juillet 2009

Peu de gens avaient compris lors du vernissage de cette exposition consacrée à Madeleine Vionnet ce qui l’avait rendu possible. Le premier projet portait sur une campagne de restauration exceptionnelle financée par Natixis de la collection comprenant 122 robes, 750 toiles patrons, 75 albums dits de copyright que la couturière avait donné à l’Union Française des Arts du Costume en 1952, à François Boucher et Yvonne Deslandres. Ce mécène s’est spécialisé dans des œuvres de restauration d’objets d’art, mais n’avait jamais œuvré dans le domaine de la mode. L’initiative est donc très originale et s’est prolongée par une présentation au public du résultat de ces travaux sous la forme d’une exposition. Exceptionnelle également car c’est la première fois que l’œuvre de Vionnet est montrée à Paris. Deux expositions lui ont été consacrées en province : la première organisée par moi-même au Musée de la Vieille Charité à Marseille, puis la deuxième au Musée Historique des Tissus de Lyon, par Lydia Kamitsis. Exceptionnelle aussi parce que Madeleine Vionnet est une figure majeure de l’histoire de la mode. Elle a apporté de multiples réponses à la grande question qui se pose au début du XXème siècle : comment construire un vêtement sur l’absence de corset, comment vêtir un corps qui bouge sans entraves. En défiant les incertitudes du « flou », en libérant le tissu des coutures, des pinces, des boutons, en laissant dialoguer sensuellement le tissu et le corps, un tissu qui échappe à la pesanteur lorsqu’il est traité dans le biais, en drapé, en mouchoir... Avec Vionnet, la mode n’est plus un art de la décoration, la coupe, le volume suffisent à créer la distinction. Le décor est engendré par la structure. Un nouveau chapitre de l’histoire de la mode s’ouvre ainsi, le décor n’est plus un placage, un enjoliveur, il procède de la coupe. Rien de superflu, rien que la nécessité de la forme. Une exposition à voir d’urgence pour une grande leçon de mode et de couture.

« Madeleine Vionnet, puriste de la mode ».  Musée des Arts Décoratifs. Jusqu’au 31 janvier 2010.



 



 



 

Par Florence Muller - Publié dans : Mode
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Mardi 30 juin 2009

C’est bien plus qu’une exhibition d’avant vente aux enchères : Azzedine Alaïa a présenté dans sa galerie de la rue de la Verrerie une véritable exposition qui n’avait rien à envier aux musées et aux galeries d’art. La mise en scène de Thierry Dreyfus magnifiait les robes exposées par un jeu de lumière hommage à la grande couturière de l’entre deux guerre, en rose shoking, sa couleur fétiche. Au milieu des robes et tailleurs de la grande magicienne de la mode « surréelle » trônait le mythique boléro dessiné par Jean Cocteau. Brodé par Lesage, avec un profil et une longue chevelure dorée dégringolant sur la manche, des mains serrées à la taille… le vêtement surréaliste par excellence ! Les nombreux invités se félicitaient de l’abondance d’événements majeurs, la grande « Schiap » après la grande Madeleine  Vionnet fêtée la veille au Musée des Arts Décoratifs, qui émaillaient cette semaine de la mode masculine habituellement plus … masculine !


La vente aura lieu vendredi 3 juillet 2009 à 14h15 à Drouot Montaigne.











 

Par Florence Muller - Publié dans : Mode
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Lundi 29 juin 2009

La Galerie des Galeries vient d’inaugurer une exposition Carte Blanche confiée à Olivier Saillard, une initiative qui rend plus accessible au public le travail de cet artiste-historien-de-la-mode au profil très atypique. On peut la visiter comme un parcours d’enquêteur de la littérature, cherchant,à travers le vêtement, les traces d’histoires romanesques. Le vêtement est là comme une trace, un témoin, comme les restes d’actions passées, qui en disent aussi long sur les absents que le texte. Mais au-delà du concept à décoder avec patience, des accents nostalgiques et d'une mise en scène délicatement affectée, une lecture plus immédiate interpelle le visiteur pressé : une collection d’objets curieux qui pourraient bien devenir objets de design à intégrer tout simplement dans un intérieur contemporain : chapeaux abat-jour, chapeaux suspensions, chemise-sachets de lavande… Reste à trouver des éditeurs.


Jusqu’au 15 août 2009. Galerie des Galeries. Galeries Lafayette. 29 bis rue de la Chaussée d’Antin. 75009. Paris.
T : 01 42 82 81 98









 

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Mercredi 24 juin 2009

C’était le lancement du numéro O de la revue fondée par le duo Undo-Redo de Nicola et Teresa Aguzzi, mais aussi l’inauguration de leur nouvel espace rue de la Fontaine au Roi. Douze graphistes-artistes participaient par des séries de 4 cartes blanches à ce numéro éphémère. Deux éléments reliaient néanmoins tous ces univers graphistes ; L’utilisation du Noir et Blance et l’affichage de ces œuvres au cours de la soirées leur donnant un caractère de Dazibao, ces affiches que les chinois de la Chine Impériale fabriquaient pour exprimer publiquement leur mécontentement et qui ont été réactivées au moment de la révolution culturelle. Pendant que les affichistes affichaient successivement toutes ces affiches, une installation sonore de Goran Vejvoda était proposée en participation active aux invités… et aussi quelques mets venus directement d’Italie : prosciuto, parmesan, sfumante, gressins…

Vive la fête !

www.madeinchinarevue.com 







 

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Lundi 22 juin 2009

On connaît l’actrice, on connaît moins l’artiste-sculpteur. L’exposition organisée par la galerie Claire Corcia permet de découvrir un aspect particulièrement attachant de cette personnalité singulière. Il faut pousser une porte pour pénétrer dans une petite pièce où sont installées en une sarabande infernale les « Créatures d’argile » de Florence Thomassin. Présentée comme un back-room de ses fantasmes dont elle indique la voie en soulignant qu’il s’agit d’un « journal intime ». Ce sont donc des femmes de terre cuite émaillée, donc silencieuses et immobiles, qui semblent vouloir crier et s’arracher à leurs conditions terriennes, mais restent figées dans leurs cauchemars ou leurs transes sexuelles. Les maquillages coulent, les seins s’affaissent, elles se pendent, mais ne renoncent jamais à tendre un regard de poupées étonnées sur le monde et sur nous les visiteurs. Saisissant.

Galerie Claire Corcia. 323 rue Saint Martin. 75003 Paris.







 

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Lundi 15 juin 2009

C’est le 6ème parcours organisé par Anne-Pierre d’Albis-Ganem qui a invité 29 artistes à « investir » le quartier de Saint Germain des Près. Le jeudi 28 mai dernier, les grands noms de l’art contemporain français, mais aussi d’autres moins connus étaient à découvrir, selon la formule désormais consacrée de la décontextualisation de leurs œuvres. Au lieu des habituelles galeries d’art, les œuvres étaient disposés dans des lieux insolites comme le café des deux Magots, les nombreuses boutiques de mode, l’hôtel Bel ami ou la librairie La hune. Parfois le contenu détonne avec le contenant, ailleurs, il lui confère une autre « dimension ». Ainsi les œuvres de Claudia Huidobro, photographies anciennes de pin-up retouchées par l’artiste avec des adjonctions fantasmatiques, plongeaient la boutique de lingerie fine coquine « Lilou au Balcon » dans une atmosphère intrigante. A l’étage, une jolie vendeuse vous invitait à jouer au jeu de carte lancé à cette occasion par Claudia Huidobro. Il se pratique à deux, chacun tire une carte à tour de rôle. La lecture du message inscrit sur la carte intime un ordre à l’adresse du partenaire… un jeu de la séduction qui peut mener loin !

Bonne ambiance aussi chez Agnès B, avec une terrasse pleine de jolies filles ; Curieuse installation de circuit électrique chez Zadig & Voltaire… Mais le vide chez Dior qui triait sur invitation les visiteurs à l’entrée. C’était tout à fait inutile car le meilleur se passait à l’extérieur dans les vitrines investies par l’artiste Agnès Thurnauer.

Le jeu de carte de Claudia Huidobro chez Lilou au Balcon:


Installation de The Little artists Chez Zadig & Voltaire :


Oeuvres d'Agnès Thurnauer dans les vitrines de Dior:


Chez Agnès B:

 

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Vendredi 12 juin 2009

Au cours d’un élégant dîner chez Kris Van Aasche, Barbara Polla présentait le numéro O de la revue « Londerzeel » qu’ils ont conçu ensemble. Des photos de l’exposition « Picaflor » présentée par le créateur de Dior Homme à la Villa de Noailles lors du dernier Festival de la Mode d’Hyères sont accompagnées d’images d’inspiration, de textes de Paul Ardenne, de dessins d’Andrea Mastrovito, de photos de Mauricio Nardi ou encore de vues de l’installation « Poète en grève » créée par le designer dans la galerie genevoise de Barbara Polla. L’infatigable galeriste-médecin-auteur-ex-députée et passionnée d’art et d’esthétique signait le lendemain dans la librairie l’Age de l’homme » son dernier ouvrage « Amor o muerte » consacré à Kris Van Aasche. Une biographie d’un genre nouveau, mêlant enquêtes, réalité et subjectivité, analyse et message d’affection évoquant un homme de mode, une vie dédiée à la création et une belle âme.



 

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Jeudi 11 juin 2009

Un grand vernissage dans une petite galerie, cela donne un maximum de gens dans la rue et une ambiance de fête faisant honneur à l’œuvre du célèbre illustrateur Art Spiegelman. C’est l’une des figures majeurs de la BD underground américaine, connue pour la série des « Maus » dont le premier album est sorti en 1986. L’ exposition montre toutes les facettes de son art: comics, illustrations de presse engagées, croquis inédits... Par ce genre d’initiative, la galerie Martel est en train de se positionner comme une spécialiste incontournable de l’art de la BD et de l’illustration à Paris. Art Speigelman ne ménageait pas ses efforts pour contenter les très nombreux demandeurs d’autographes. Ce n’était sans doute pas le moment idéal pour découvrir les très nombreux dessins et planches originales de l’artiste, dissimulés derrière la foule compacte. Mais on peut visiter tranquillement l’exposition jusqu’au 11 juillet.

Galerie Martel. 17 rue Martel 75010 Paris. jusqu’au 11 juillet.









 

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Lundi 8 juin 2009

Ces robes andalouses portées dans les ferias montrent à quel point une tradition peut devenir autre chose qu’un simple folklore. Car il ne s’agit pas de folklore mais d’une coutume complètement vivante et pratiquée sans aucun esprit « muséal » comme le sont souvent les fêtes dites traditionnelles. Le principe est le même qu’au XIXème siècle, une robe à volants accompagnée d’un châle, mais les tissus le choix des tissus et des couleurs est bien actuel. Certaines n’hésitent à se faire des robes dans du nylon pourvu que l’imprimé ou le coloris soit joli. Il s’agit notamment d’assortir tous les éléments de la tenue dans une même gamme de couleurs. Le peigne, le sautoir en plastique et la fleur proviennent le plus souvent de boutiques très bon marché, tenues par des chinois. Et ces éléments « contemporains »  composent une panoplie qui respecte parfaitement la tradition dans son intention originelle : un costume de fête populaire.



 

 



 

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Vendredi 5 juin 2009

La Feria del Caballo de Jerez de la Frontera est aussi un défilé de belles robes, une fête de l’apparat vécue par toutes les femmes, de tous les âges. Même les bébés dans leurs berceau ont droit à la tenue complète de gitane : rose, peigne, robe andalouse, châle… C’est une affaire aussi sérieuse que la préparation d’une tenue de carnaval. A chaque feria une robe nouvelle. Il faut compter un minimum de 150 euros pour une robe toute faite et les prix s’envolent jusqu’à 1000 euros pour des robes enrichies de volants, de dentelles et d’ornements. Les espagnolles préfèrent toutefois les robes sur-mesure. Elles achètent les tissus et font faire la robe par une couturière. Il faut alors compter un minimum de 200 euros pour la façon. A Séville, dans les très nombreux magasins de tissus, on assiste à des scènes qui ont disparu en France : le vendeur portant la pièce de tissu dans la rue pour que la cliente puisse apprécier les coloris à la lumière du jour. Cette cliente peut espérer être la reine d’un jour, même si c’est difficile de briller au milieu du grand nombre de beautés qui défilent à la feria.



 

 

 

 

Par Florence Muller - Publié dans : Air du temps
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