Spectacles

Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /2008 08:00

Le Louvre ouvre progressivement ses départements aux arts vivants avec des soirées Carte Blanche confiées à des artistes, musiciens ou danseurs. Après les chorégraphies de Yann Bridard dans les salles de la sculpture, c'était au tour de Marcelline Delbecq de s'exprimer librement dans les salles de la peinture française. Un spectacle conçu comme un parcours à travers les salles, avec des comédiens jouant verbalement avec les tableaux. Il s'agissait d'interprétations imaginaires des oeuvres, jeu de dialogues entre le comédien et les personnages muets des tableaux, construction d'une histoire de l'art poétique invitant à regarder les chef-d'oeuvres sous un jour inattendu. Ou comment regarder un tableau différemment, loin d'une vision académique de l'histoire. Une très belle soirée.

Deux comédiens interprétant les textes conçus par Marcelline Delbecq pour sa visite guidée du Louvre:


Benoît Delbecq et son piano préparé:
 

Par Florence Muller - Publié dans : Spectacles
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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /2008 19:44

Houellebecq cinéaste, j'avais de sérieux doutes à la lecture des critiques de son premier film. Mais je me suis surprise à ne pas détester. Et cela malgré les gens qui riaient dans la salle. Pourquoi ? Difficile à dire, ce film est loin d'être parfait ! Mais il est attachant, sans doute à cause de ses défauts. Déjà son style film expérimental des années 70 a vraiment beaucoup de charme. Puis toutes les citations des grands moments de l'histoire de la science fiction: "2001, l'Odyssée de l'espace", "La planète des singes", "Barbarella", "La Montagne sacrée" et surtout "Soleil vert"... qui est loin, lui aussi, d'être un film sans défauts ! Mais surtout, surtout c'est la lenteur qui m'a plu et cette ambiance flottante qui laisse la place à toutes les interprétations, à toutes les échappées en imagination hors du cadre traditionnel du récit cinématographique. Et puis, ce mage qui promet la vie éternelle et qui meurt avec joie et ce clone qui réussit à s'extraire du mythe de la caverne version 2008 pour rejoindre une "possibilité " de rencontre avec LA seule femme possible. Un vrai moment de vide calme !

Par Florence Muller - Publié dans : Spectacles
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /2008 23:21

Le film s’apparente bien à un documentaire avec sa description précise, son catalogage de toutes les actions de la Camorra napolitaine. Quand on se promène dans certaines rues de Naples, on ressent très nettement cette impression d’être épié, contrôlé du haut des toits d’immeubles comparables à des forteresses médiévales. Les quartiers sont aussi distingués par des signes qui préviennent que l’on entre dans des sphères qui ne sont plus tout à fait publiques. Il décrit bien aussi les ramifications de la pieuvre et les désirs d’en faire partie qui s’emparent de jeunes enfants. Il montre aussi son absurdité dans sa quête pour le pouvoir et l’argent, finalement jamais atteinte, seulement par quelques « intouchables ». Pour les autres, la misère demeure identique et même pire puisqu’elle conduit parfois à la mort. Derrière les assassinats et les causes perdues d’avance, tout un océan de pauvreté mentale, d’ignorance et d’absence d’éducation. Et c’est là la nouveauté du film, c’est d’éviter le romantisme habituellement attaché au sujet pour aller à la source du phénomène : la peur, la bêtise, l’égarement… Dans certaines écoles de quartier, les institutrices doivent lutter pour imposer l’enseignement de l’Italien, les parents refusant que leurs enfants parlent autre chose que le napolitain. J’ai aussi entendu que cette organisation rétrograde de certains quartiers de Naples serait maintenue par tradition, par fierté, par refus de se sortir de cette condition originelle du drame qui se joue au quotidien. 


Poubelles napolitaine, novembre 2007: 


 

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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /2008 12:00

Dans le cadre du 400ème anniversaire de la fondation du Québec, les « Etés de la danse » accueillent à Paris le Grand Ballet Canadien de Montréal. Pour la première soirée, sous la nef du Grand Palais transformée en salle de spectacle, la chorégraphie « Minus One » de Ohad Naharin était interprétée par le ballet en grande forme. Très énergique, l’interprétation des danseurs donnait envie de se mettre à danser. Ce que certains spectateurs, auront l’occasion de tenter au cours de la soirée à l’invitation des danseurs. Emportés par leurs guides, ils esquisseront toutes sortes de pas de danse en free style. Le style chorégraphique de Minus One ne mise pas sur la délicatesse, mais montre un sens développé de l’espace et des mouvements de groupe.

 

Le Ballet de Montréal au Grand Palais, jusqu’au 9 août 2008.


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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /2008 10:24

Rien de plus efficace pour rafraîchir les canaux cérébraux qu’un concours d’Air Guitar ! Les habitués assurent que c’est toujours un peu pareil, mais quand on n’en a vu que des images sur Internet, c’est une expérience très joyeuse que d’assister « live » à la compétition. Dans le parc de la Villette au Trabendo, le 26 juin dernier, les finalistes des concours régionaux français d’Air Guitar passaient devant un jury (de pros…) afin de retenir un candidat pour représenter la France à la Finale internationale qui aura lieu en Finlande.

Animé par un présentateur extravagant, le concours se déroule comme un spectacle où rien ne peut être assez « too much » pour ces prestations entre show comique télé et improvisations de potaches. On en sort avec la banane !

 

Le lauréat 2008 qui ira en Finlande défendre les couleurs de la France :

 

Un des finalistes, parfait dans son costume et avec sa gestuelle de séraphin-clownesque :

 

 

Les finalistes exécutent un premier tour de piste. A gauche, le lauréat 2007 qui a remporté le deuxième prix du Championnat International de l’année dernière, l’avant dernier à droite, excellent également dans un personnage de musclor-sex-machine :

 

 

Quelques filles donnaient une orientation « air micro » au spectacle avec des interprétations toujours mimées de chansons :

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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /2008 14:16

C’est un des festivals de musique électronique parmi les plus réputés dans le monde, tout comme le Sonar de Barcelone, qui fait partie d’un circuit désormais attendu dans ce domaine. Il se déroule sur 5 jours dans divers espaces de la ville du 28 mai au 1er juin. Pendant la journée, une programmation internationale d’artistes comme Murcof, Kode 9 & Space Ape, Tim Hecker, Christian Fennesz, Nôze, DJ Olive… alterne avec des séances d’écoute organisées par le commissaire Eric Mattson, de concerts créés en live par un groupe de musiciens créant en simultané avec des artistes connectés à l’autre bout du monde. Ce commissaire d’exposition a organisé également dans la galerie du SAT « Le Son a des jambes », un hommage au groupe expérimental montréalais « Sondes » qui créa dans les années 70 des instruments étranges pour leurs performances sonores expérimentales. Le soir, la programmation du Mutek se fait plus festive et d’une écoute plus grand public avec notamment le virtuose des platines Kid Koala , dans le cadre de la salle Art Déco baptisée Métropolis aux proportions majestueuses.

 

 

Kid Koala aux platines dans une gestuelle fascinante :

 

Dans la rue, devant la salle de concert, un mural graffiti au laser animé et projeté à partir d’un ordinateur :

 

Vue d’ensemble de l’exposition sur le groupe montréalais « Sondes » :

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Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /2008 07:54

Une soirée très émouvante que celle qui s’est déroulée dans le cadre de l’Opéra Bastille mardi 6 mai dernier. Les adieux à la scène d’un grand danseur à la forte personnalité très aimé du public, Wilfried Romoli. La danse est un art cruel qui veut que lorsqu’un danseur arrive au sommet de son art, il soit obligé de l’abandonner. Wilfrid était devenu étoile tardivement, fait exceptionnel, passé la quarantaine. Mais l’âge de la retraite, dans une forme d’expression artistique qui doit compter avec les limites physiques d’un corps, a sonné pour lui comme pour tous ces prédécesseurs.

Après un programme particulièrement riche montrant trois chorégraphies de trois époques différentes, Balanchine, Noureev et Forsythe, la soirée s’achevait sur une chorégraphie d’Angelin Preljocaj « Un trait d’Union » choisie par Wilfried Romoli pour ses adieux à la danse. Dansé avec Laurent Hilaire, ce duo intense a préparé la salle à une ovation délirante, nourrie d’applaudissements et d’un standing ovation passionnés.




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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /2008 09:02

Dans le cadre du Festival « Présences Electronique », Goran Vejvoda présentait le 31 mars dernier, trois créations dans une performance-concert. La première « Réglage : Radioanalogiquehumaine », une performance Background, se déroulait avec 10 performeurs : Yang Wang, Claudia Huidobro, Stéphane Loras, Aurélie Lobin, François-Eudes Chamfrault, Marko Velk, Julie Leguay, Denis Verret et Stéphanie Besse. Ils apparaissaient d’abord dans la pénombre de la salle, tenant des radios réglées sur les longues ondes, créant un effet de dôme audio. Puis, ils montaient sur scène pour se placer devant des micros en formant une sorte de chœur. Mais au lieu de donner de la voix, ils « jouaient » sur leurs radios, réglées alors en FM. La « cacophonie » ainsi produite était mixée par Christian Zanesi et diffusée dans l’Accousmonium, le fameux système de multi diffusion du GRM. Cette création rendait hommage à Pierre Schaeffer, l’inventeur de la musique concrète et le fondateur du Groupement de Recherche Musicale, le GRM, qui fête cette année son cinquantième anniversaire. Pierre Schaeffer a fait ses débuts à la radio dans les années trente avant de développer ses théories de composition contemporaine. Il a savamment « détourné » la technologie de pointe des années 40-50 des studios de la radio au profit d’un concept expérimental baptisé "Musique Concrète".

Au cours de cette performance hommage, la couleur des robes (de la collection Hiver 2007 de Pénélope Cruz pour Mango), un rouge très vif, renvoyait à la couleur pop des radios « Foam » au design très contemporain de la marque Lexon. La pièce suivante « Pré-fader : états hautement réverbérés » déployait une symphonie de sons non-localisables dans des états indécis et suspendus. La troisième  « Glitch : Brève histoire du son », établissait une rencontre improbable entre un narrateur à la belle voix radiophonique, Bruno Letort, et une armada de voix étrangères de synthèse produites par le logiciel Virtual Speaker d’Acapela Group. Ces voix perturbées par des « bugs » étaient utilisées autant pour leur musicalité que pour le contenu de leur discours : extrait rare d’une conférence de Pierre Schaeffer, interview de Max Mathews, l’inventeur du premier logiciel de musique, voix du chanteur expérimental italien Demetrios Stratos, interview de Brian Eno… tous d’illustres personnages de l’histoire du son.

 

« Réglage : Radioanalogiquehumaine » sur la scène du studio 104, salle Olivier Messian de la Maison de la Radio France :

De gauche à droite :

Yang Wang, Claudia Huidobro, Stéphane Loras, Aurélie Lobin, François-Eudes Chamfrault,

Alexandra Fournier, Marko Velk, Julie Leguay, Denis Verret et Stéphanie Besse :



Dans les loges des filles.

Au premier plan: Julie Leguay. A gauche, Alexandra Fournier, à droite Marko Velk :

 

 

Attente avant d'entrer dans la salle par un chemin détourné :

de gauche à droite au premier plan : Stéphane Loras, Aurélie Lobin, Julie Leguay.

Deuxième plan : Claudia Huidobro, Marko Velk, Denis Verret, Alexandra Fournier, Stéphanie Besse.

Au fond : François-Eudes Chamfrault.










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Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /2008 08:34
A tous ceux qui souffrent de stress, d’angoisse, de spleen et autres fatigues citadines, une bonne prescription : un concert de Neil Young, rien de mieux pour vous redonner foi en l’humanité ! D’abord l’arrangement de la scène vous donne un aperçu de l’ambiance comme chez soi sur la côte Ouest, comme pendant les répétitions au coin de la cheminée très Arts and Crafts, vielles pierres massives et belles poutres semblables au décor de l’hotel El Tovar qui domine le Grand Canyon. Enfin, pas tout ça sur scène mais l’esprit « at the ranch » installé et à l’aise dans le décor naturellement « old hollywood » du Grand Rex. Un foutoir plein de saveurs, un Honky tonk piano à gauche, un indien en bois sculpté à droite, des tapis, des malles, un petit drapeau pirate, et au fond derrière l’apparent désordre de spots, supports de guitares, amplis… un peintre qui peint tranquilou des toiles… tout au long de la soirée et qu’il viendra mettre au fur et à mesure sur le devant de la scène. Puis le concert commence à l’heure ! Il se déroulera en trois parties, formant un parfait crescendo. D’abord Elle Pegi Young, son épouse blonde au bottes mexicaines et à la voix d’or, debout au micro et à la guitare. Autour d’elle en rond les musiciens assis, ou plutôt à moitié vautrés, grattant très mollement mais efficacement des classiques de la country, entre autres. Pause d’un quart d’heure, le temps de faire disparaître ce petit cercle du coin de la cheminée. Puis le grand Neil qui est vraiment grand, en costume blanc cassé, très alluré. Il entre caché par un tableau de son ami peintre et s’installe dans le cercle magique de 7 guitares et au faux banjo… de quoi avoir le choix à chaque morceau en fonction de l’inspiration du moment. Chacune de ces guitares a un son, une couleur différente. Entre chaque morceau, il hésite, fait trois petits tours, caresse ses instruments, pour finalement tremper dans l’eau son harmonica et le mettre en place… prêt pour tous les bons vieux morceaux mythiques, accueillis par des tonnerres d’applaudissements. Quelques histoires racontées en guise de transition comme celle de sa mère qui lui demande un jour d’arrêter sa voiture en pleine tempête au bord de l’océan, sort dans la tourmente, revient en disant : « j’aimerai vivre dans l’éternité ce moment ». Après cette partie en solo, de nouveau une pause de 25 minutes, le temps de dégager le cercle mystique des guitares. Puis la dernière partie où l’on découvre stupéfait un homme que l’on croyait vieilli, affaibli par une terrible opération du cerveau, et qui se met à sauter en l’air et à s’acharner sur sa guitare électrique dans de puissants solos… c’est la guitare qui n’en peut plus, car comme pour tous ses instruments ce sont les mêmes qu’il y a quarante ans, des guitares qu’il conserve religieusement. Dans son pantalon kaki taché de peinture et sa chemise blanche décorée en « dripping », Neil Young ne joue pas au jeune comme d’autres légendes du rock, mais exprime totalement la vitalité de la création qui transcende l’âge.

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Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /2008 10:23
Cette chorégraphie, créée en 1975 par Pina Bausch sur la musique de Gluck, est entrée au répertoire de l’Opéra de Paris en mai 2005. Pour la générale de samedi 2 février, la foule des grands soirs, venue contempler l’œuvre de la grande prêtresse de la danse contemporaine. Une attention recueillie et des applaudissements sans fin. Une vision particulière de ce grand mythe qui est remarquablement interprété par Yann Bridard dans le rôle d’Orphée. Avec ce sentiment qu’Orphée connaît d’avance son destin et l’issue de sa quête. L’accent que lui donne Yann Bridard est terriblement mélancolique. Il assiste à l’accomplissement des choses sans pouvoir s’en extraire, souvent immobile, accablé. Fragile et puissant à la fois, se brisant par moments ou tentant de s’extraire du désespoir.
Saisissant !

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