Vendredi 16 novembre 2007
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Le salon Intersélection qui s'est tenu au parc des expositions de Villepinte du 06 au 08 novembre 2007 a organisé en guise d'ouverture une conférence
sur les accessoires, ce phénomène au cœur de la mode d'aujourd'hui. Intitulée « la starisation de l'accessoire », cette conférence était animée par Gilles Muller, coordonnateur général de «
Paris Capitale de la Création ». Plusieurs intervenants se sont succédés pour témoigner de l'importance de ce thème : Nicole Bernardo, consultante mode au Bon Marché, Isabelle Planchot, Chef de
Produit Accessoires de Mode, André SA, Grégory Drouin, Créateur Invité pour Noël par Monoprix, Pierre-François Le Louet, PDG du bureau de style Nelly Rodi, Philippe Waintraub, Chef de Produit et
Styliste chez Le Tanneur et Compagnie et Yann Ducarouge, Fondateur & Directeur Général de Lollipops.
La mode des années 90 était dominée par le minimalisme, plus précisement la fin de la décennie. Seule la chaussure était mise à l'honneur mais comme un accessoire indispensable ! Aujourd'hui,
en revanche, l'ensemble des accessoires sont devenus des éléments clé de la silhouette, ils la décorent. L'arrivée de John Galliano chez Dior a encouragé cette nouvelle orientation accordant une
place prépondérante aux accessoires, et notamment aux sacs, qui envahissent les podiums. Indispensable objet pour parfaire tout look, le sac à main permet à celle qui le porte d'être à la mode sans
prendre trop de risques. Un sac en imprimé léopard sera plus facilement portable qu'un manteau dans le même stye !
Pour les marques, les accessoires constituent également un atout de choix. En 2007, la femme française achète en moyenne deux sacs par an contre 0,5 en 2001 ! Moins
coûteux à fabriquer qu'un vêtement, les accessoires offrent des marges plus confortables, tout en permettant à ces griffes de se construire une « histoire » autour de ces produits, une identité.
Initialement « haut de gamme », les accessoires élargissent leur champ d'action au « moyen de gamme », voire au « bas de gamme ». André, par exemple, développe des sacs afin de permettre à ses
clientes de pouvoir s'en offrir plusieurs. Les grandes institutions telles que Chanel, Chloë, Dior… demeurent les principales sources d'inspiration des marques « moyen de gamme ». Aujourd'hui, le
luxe fertilise progressivement le moyen et bas de gamme. Malgré tout, une femme riche, qui peut choisir un jean ou un top chez H&M ou chez Zara n'achètera jamais son sac à mains dans ce type
de magasins !
Afin de répondre au désir de nombreuses femmes d'acquérir un sac griffé, le site
www.sacdeluxe.fr a été créé. Ainsi, pour des tarifs avoisinants les 15€, il est désormais possible de louer son sac de luxe pour une soirée, une semaine… Qu'il soit un acteur "majeur" de la
mode (sac, chaussure, bijoux) ou "détail de mode" (ceinture, chapeau), l'accessoire est omniprésent chez la femme ; mais il se propage également au secteur de la mode masculine caractérisée par
une augmentation de l'offre de sacs et de bijoux. L'accessoire se « starifie », il devient indispensable au point que l'on envisage toujours ses tenues avec tel ou tel accessoire et que rien
n'est jamais laissé au hasard. Cette année la mode est à l'« oversize » mais aussi au petit « sac pochette ». A quoi ressemblera le "must have" de demain ? A l'heure où les objets que nous y
rangeons tendent à disparaître (l'agenda papier se transforme en Blackberry) ou à se réduirent considérablement en taille
(téléphone, Ipod…) il serait intéressant que les marques se penchent sur cet aspect pour créer les sacs du futur.
Par Florence Muller
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Lundi 12 novembre 2007
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Ce livre publié dans la collection "Découvertes Gallimard" est signé de deux éminentes représentantes de l'histoire de la mode et du design. Valérie Guillaume,
Conservateur en Chef du Patrimoine, ex-conservateur du Musée de la Mode-Palais Galliéra, est actuellement Conservateur au Centre Pompidou. Dominique Veillon est directeur de recherche au CNRS et
chercheur associée à l'Institut d'Histoire du Temps Présent. Toutes les deux ont déjà publié plusieurs ouvrages sur la mode.
"La Mode. Un demi-siècle conquérant" apporte plusieurs clés d'entrée dans le monde de la mode, en remontant aux sources, dans les années soixante, des
phénomènes qui modifient son paysage actuel. L'entrée en matière est résolument contemporaine avec sa structure en quatre chapitres : "Le Corps", "La Mode-Spectacle", "Economies de la Mode"
et enfin "Commercialisation et Communication". Ces titres permettent de guider le lecteur à partir de notions qu'il a pu repérer dans la presse de mode depuis une quinzaine d'années et de
remonter jusqu'à leurs origines selon un agréable cheminement. A la fin, une sélection de textes "historiques" et d'extraits de presse suggère le regard de chaque époque sur
elle-même. Un petit "précis" plaisant, utile et pratique.
Par Florence Muller
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Mercredi 7 novembre 2007
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Un magnifique ouvrage, digne d'un bibliophile, accompagne l'exposition organisée au Musée d'Etat des Beaux Arts Pouchkine par Le Conservatoire Chanel et
cette institution russe.
Les liens entre Chanel et les artistes de son temps, mais aussi sa façon de se ressourcer constamment dans la modernité forment les fils conducteur du récit. Il y a
aussi la Chanel intime, passionnée et son histoire romancée. Mais l'originalité du livre ne tient pas à cet aspect déjà connu de la "Grande Mademoiselle". Elle est plutôt dans un exposé sensuel
et visuel qui se déroule dans l'ordre de la pagination. Avant chaque nouvelle séquence de cette sorte de film à animer en tournant les feuillets, des pages de couleurs introduisent le récit
qui suggère plutôt qu'il n'explique. Marika Genty qui signe les textes, évoque des tailleurs "Tous identiques, tous dissemblables, ses tailleurs gansés sont "d'incontournables standards"
dont aucune copie n'est venue à bout de l'originalité". Au delà de l'élégance de ce rythme donné par les couleurs et les textures variées, se dégage un sens presque tactile de l'univers
de Chanel. Les photographies de Jérôme Schlomoff surprennent les vêtements intimement enlacés avec les meubles du salon "reliquaire" de la rue Cambon. Celles d'Olivier Saillant, au contraire,
étonnent par des vues de costumes accrochés sur des cintres, qui par l'irréalisme de leurs poses atteignent à l'intemporalité, à l'état d'objet précieux.
L'exposition a été magistralement conçue sous la direction artistique de Jean Louis Froment qui dit de Chanel : "Elle comprend que la force sublime de l'art, c'est
la trace, et, qu'elle est le seul exercice culturel du temps".
Par Florence Muller
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Mardi 30 octobre 2007
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Cet ouvrage collectif publié par Dominique Veillon et Michèle Ruffat est le résultat de plusieurs années de recherches menées par un groupe d'historiens, professeurs
et experts en mode réunis sous l'égide de l'Institut d'Histoire du Temps Présent (CNRS). Le cadre de ces études dépasse le strict espace temporel de la décennie des années soixante pour remonter
aux années cinquante et se terminer dans les années soixante-dix. La chronologie établie par Farid Chenoune commence avec l'arrivée aux Galeries Lafayette de Ghislaine de Polignac, la première
styliste de l'histoire et s'achève avec le premier choc pétrolier en 1973 et la fondation de la Chambre Syndicale du Prêt-à-porter des Couturiers et des Créateurs de Mode. Elle recoupe ainsi toute
la génèse d'un prêt-à-porter de création qui finit par se dresser face aux anciens tenants des tendances internationales, les grands couturiers.
Au fil des contributions, chaque auteur livre des concentrés de ses sujets de prédilection. Trois grandes parties envisagent les pôles de développement de la mode
des sixties : "l' éclatement des lieux de la création", le "Renouveau des pratiques et des représentations de mode" et enfin la "Production et distribution: un rapport de force inversé". Ce qui
prépare le terrain au "tout mode" d'aujourd'hui se construit alors sur un élargissement des champs d'expression de la mode, un territoire d'influence, de production et de distribution à
l'échelle planétaire, une généralisation de la consommation de produits de mode. Enfin "l'esthétique jeune a remplacé l'esthétique chic".
Par Florence Muller
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