Lundi 8 juin 2009

Ces robes andalouses portées dans les ferias montrent à quel point une tradition peut devenir autre chose qu’un simple folklore. Car il ne s’agit pas de folklore mais d’une coutume complètement vivante et pratiquée sans aucun esprit « muséal » comme le sont souvent les fêtes dites traditionnelles. Le principe est le même qu’au XIXème siècle, une robe à volants accompagnée d’un châle, mais les tissus le choix des tissus et des couleurs est bien actuel. Certaines n’hésitent à se faire des robes dans du nylon pourvu que l’imprimé ou le coloris soit joli. Il s’agit notamment d’assortir tous les éléments de la tenue dans une même gamme de couleurs. Le peigne, le sautoir en plastique et la fleur proviennent le plus souvent de boutiques très bon marché, tenues par des chinois. Et ces éléments « contemporains »  composent une panoplie qui respecte parfaitement la tradition dans son intention originelle : un costume de fête populaire.



 

 



 

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Vendredi 5 juin 2009

La Feria del Caballo de Jerez de la Frontera est aussi un défilé de belles robes, une fête de l’apparat vécue par toutes les femmes, de tous les âges. Même les bébés dans leurs berceau ont droit à la tenue complète de gitane : rose, peigne, robe andalouse, châle… C’est une affaire aussi sérieuse que la préparation d’une tenue de carnaval. A chaque feria une robe nouvelle. Il faut compter un minimum de 150 euros pour une robe toute faite et les prix s’envolent jusqu’à 1000 euros pour des robes enrichies de volants, de dentelles et d’ornements. Les espagnolles préfèrent toutefois les robes sur-mesure. Elles achètent les tissus et font faire la robe par une couturière. Il faut alors compter un minimum de 200 euros pour la façon. A Séville, dans les très nombreux magasins de tissus, on assiste à des scènes qui ont disparu en France : le vendeur portant la pièce de tissu dans la rue pour que la cliente puisse apprécier les coloris à la lumière du jour. Cette cliente peut espérer être la reine d’un jour, même si c’est difficile de briller au milieu du grand nombre de beautés qui défilent à la feria.



 

 

 

 

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Jeudi 4 juin 2009

Les férias comme celle de Jerez de la Frontera sont la fête du cheval mais aussi de la danse. La sevillana se pratique dans toutes les casetas, à partir de la fin de l’après-midi jusqu’au petit matin. L’origine de cette danse demeure obscure mais présente des parentés certaines avec le flamenco. Ce serait comme le pendant populaire du flamenco accessible à tous. Car tous les espagnols qui assistent à la feria savent la danser : jeunes ou vieux, homme et femme, se lancent tous à tour de rôle au milieu des casetas pour la pratiquer. Les débutants sont encouragés par les plus chevronnés. La musique joue continuellement avec les mêmes mélodies chantées dont tout le monde connaît les paroles. Elles accompagnent cette danse qui est une sorte de rituel amoureux qui fait se succéder des phases d’approche, de séduction ou de renoncement. Une envie impérieuse d’apprendre cette Sevillana vous saisit à votre tour !

Une Sevillana plus proche du flamenco:
 

La Sévillana ne se pratique pas forcément en formation mixte :


Un groupe d'adolescentes :


Le tourbillon des jupons, l'importance de la robe qui forme une corolle comme en 1900:
 

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Mercredi 3 juin 2009

A l’origine, en Espagne, les férias du cheval étaient de véritables foires d’échanges commerciaux, de vente et d’achat de chevaux. Les affaires se concluaient dans des casetas, baraques en bois où l’on buvait, mangeait en musique et en danse. On voit au musée des Beaux Arts de Séville des scènes de genre du XIXème siècle montrant ces Casetas animées d’andalouses et de musiciens. Au fil du temps, la fête a pris le dessus sur la foire marchande et la fréquentation des casetas est devenue un des buts majeurs de l’événement, un lieu de sociabilité où les familles et les amis se retrouvent chaque année. A Jerez, l’une des principales Férias espagnoles, les casetas sont publiques, ce qui fait le charme de cette manifestation. Il y a la caseta de la CGT, du parti PP, du PSOE, celle de la municipalité de Jerez, du Corte Ingles ou du Royal Club de Jerez. Les quotidiens, les radios et les télévisions ont aussi leurs casetas.  Chaque année un concours distingue la casetas la plus joliment décorée. L’avant-scène de la caseta avec vue sur les allées cavalières est réservée aux membres, tandis que l’intérieur est ouvert à tous. On y boit du Sherry ou Xeres, produit localement et coupé avec de l’eau gazeuse. Protégé du soleil, on papote en regardant le défilé des chevaux et des attelages. Le soir, place à la danse. 














 

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Mardi 2 juin 2009

Après la semaine sainte et la feria de Séville, la Feria del Caballo attire les espagnols de toutes les régions qui se rassemblent pour la parade du 10 au 17 mai, à Jerez de la Frontera. C’est une impressionnante parade qui se déroule dans le parc réservé à cet usage à la sortie de la ville : celle des magnifiques chevaux andalous, des fiers cavaliers et des belles andalouses. Une vraie fête populaire qui mêle les gens de toutes conditions dans une convivialité et une exubérance de couleurs, de musique et de joie rarement rencontrée dans un autre pays européen. Étonnant aussi le contraste entre cette tradition complètement vivante, l’élégance des attelages, des cavaliers et des harnachements et l’environnement urbain un peu « zone ». La foire est prise entre des barres d’immeubles, le train, un Luna Park et la bretelle d’accès à l’autoroute !  un contexte tout à fait normal et que l’on retrouve dans la Féria de Dos Harmanas, plus proche de Séville et qui avait lieu en même temps. Mais c’est ainsi en Espagne, les abords des villes ont renoncé depuis longtemps à faire carte postale.

La parade des chevaux dans les allées de la féria:
 
Un petit air de Nadia Vodianova, l'allure fière en plus:

Harmonie de rouge très gitane:
 
Tout est dans l'art de la pose: la main sur les hanches, la tête haute:

Attelage aux habits rappelant le XVIIIème siècle:

Une cavalière âgée de huit ans, sanglée dans son costume à rayures roses et blanches. Chaque jour de l'année, à la sortie de l'école, elle court rejoindre son cheval pour l'entraînement:

Harmonie de beige, caramel et marron:

Démonstration de pas de danse:
 

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Lundi 1 juin 2009

Samedi dernier, il fallait être au vernissage de l’exposition « Elusive Dreams », une bonne occasion de sortir du centre de Paris et de découvrir les charmes du Montreuil cool. Les avantages d’être à Montreuil, que beaucoup d’artistes ont compris voilà quelques années déjà, sont importants : les vastes espaces abordables et les jardins, aux portes de Paris. Dans un beau bâtiment qui sert habituellement de studio de tournage, Anne Israel et Xavier Gellier présentaient l’exposition conçue par Blandine Gwizdala  « Elusive dreams ». Une exposition de groupe rassemblant des œuvres d’une douzaine d’artistes, rafraîchissante, gaie, à l’opposé des sujets sombres présentés sur les écrans de Cannes. A noter : le dispositif d’écoute de Marie Chartron, qui convie le visiteur à suivre un parcours dans la ville et à en écouter les sons amplifiés. Les œuvres de Fabrice Langlade et Vuk Vidor et la très ludique installation de Mihael Miluvonic, un char d’assaut dont l’habitacle intérieur est transformé en une douillette matrice maternelle. 

Jusqu’au 7 mai 2009. Les Hauts du Ru. 51 rue de Vincennes. Montreuil. Métro Croix de Chavaux. Contact : Anne Israel : 06 11 78 71 01.

Mihael Miluvonic. « Mothership », 2008-2009 :
 

Mihael Miluvonic. Intérieure de « Mothership », 2008-2009 :


Détail de l'oeuvre de Fabrice Langlade :
 

Vuk Vidor, « Every little piece of your life... », 1999-2006 :
 

Marie Charon. « Dommage collatéral », dispositif d’écoute pour audio-parcours, avce micros stéréo, 2008 :
 

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Jeudi 28 mai 2009

Dans le cycle de renouvellement de la présentation de ses collections permanentes Le Centre Pompidou a choisi un sujet  qui tranche avec un exercice à priori classique qui consiste à sortir des œuvres des réserves. Ce nouvel accrochage « permanent » se découvre davantage comme une exposition majeure consacrée à la contribution des artistes femmes à l’histoire de l’art. Avec évidemment en fond de décor une polémique : encore une forme de ghetto ? …à l’image des cycles de cinéma de réalisatrices ou des prix littéraire au féminin. Mais finalement ce n’est pas cet aspect « délicat » du sujet que l’on retient. Ce parcours passionnant raconte justement comment les femmes artistes ont contribué très activement à la remise en question de leur statut, à l’interrogation sur la condition des sexes et du leur en particulier, aux rapport entre les êtres en société, et ont finalement joué un rôle « majeur » dans l’histoire récente. Il y a dans ce parcours gigantesque, de 8 000 m2, des œuvres qui ne laissent pas indifférent, des choses violentes ou touchantes, des choses « engagées » qui reflètent le courage, la passion, la vie !  Même si, en 2009, comme le rappellent les Guérilla girl la cote des « Elles » est loin d’égaler celle de leurs confrères masculins.

Centre Pompidou. Paris.

Guerilla Girls :
 

Charlotte Moorman. « New television workshop performance, 1971 :
 

Orlan. Le Baiser de l’artiste, 1977 :
 

Agnès Thurnauer, "Six portraits grandeur nature, 2007-2009: 
 

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Lundi 25 mai 2009

Comme chaque année une compétition de mode se tient en parallèle du cinéma. Cette année Dior est vraiment en très bonne position  pour remporter le prix de l’élégance, tout simplement ! Avec un style qui met en valeur la beauté des actrices, tout simplement ! Avec des coupes et des drapés avantageux, beaucoup de bustiers, des couleurs efficaces, rouge, noir, blanc. La plus sensuelle : Monica Bellucci qui n’a pas son pareil pour assumer la robe sirène et puis THE star Sharon Stone et aussi Du-Na-Bae, Michelle Ye, Ana Sherbibina… Juste un petit doute concernant Dita Von Teese, pas assez grande pour supporter la jupe courte à crinoline.

Monica Bellucci:


Sharon stone:
 

Du-Na Bae:


Ana Sherbibina:
 

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Jeudi 21 mai 2009

C’est le deuxième volet de l’exposition double organisée par le Musée de la Renaissance et le Musée de Cluny. La commissaire de l’exposition Michèle Bimbenet-Privat a rassemblé, à partir de prestigieux prêts consentis par des musées européens, 130 objets et œuvres d’art qui suggèrent le raffinement des pratiques de Beauté de la Renaissance. Elle a su traduire dans un langage contemporain les recherches passionnantes et les découvertes faites à cette occasion et traduire toute la sensualité et la quête de plaisir symbolisé par ce sujet. Les pratiques de Beauté des « renaissants » confinent à un véritable art dans lequel la simple hygiène corporelle joue un rôle secondaire. C’est à ce moment-là que s’invente le rituel de la « Toilette », véritable cérémonie de cour qui se conçoit comme une théâtralisation de la mise en beauté de la femme. Maquillage, coiffure et ajustement du costume et des accessoires en forment les divers actes. Les objets qui prennent part à cet art de la toilette que l’on accomplit en public deviennent de véritables œuvres d’art. Nombre de ces objets et scène de toilette s’inspirent de la pratique des bains romains que l’on redécouvre alors. On peut notamment admirer un très délicat tapis de table de toilette, en lin fin brodé, objet qui a donné son nom à l’ensemble du cérémonial. Et puis, des miroirs, des boules de senteurs, des petites fioles et récipients à onguents… Des tableaux précisent les usages et replacent dans un contexte réel chaque objet. En point d’orgue de l’exposition : l’ouverture exceptionnelle de l’appartement des bains du Connétable Anne de Montmorency, témoignage architectural rare des soins du corps pendant la Renaissance. Il se compose de deux parties principales : une étuve sèche pouvant accueillir plusieurs personnes et permettant la sudation du corps et une grande salle de bains.
Alors que l'époque contemporaine promeut la quête de "Bien-être", autant dans le design que dans  la mode du Spa et de la Thalassothérapie (sans compter l'abondance de nouveautés cosmétiques), une exposition à voir absolument ainsi que son pendant du Musée de Cluny.

Jusq'au 21 septembre 2009. Musée de la Renaissance. Château d'Ecouen.

Une des salles de l'exposition "Le Bain et le miroir":
 
La grande salle de bains du Château d'Ecouen:

L'étuve du Château d'Ecouen:
 

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Mercredi 20 mai 2009

C’est une double exposition organisée par Le Musée de Cluny et le Musée de la Renaissance-Château d’Ecouen et consacrée à 2000 ans d’histoire de la beauté, des soins du corps et des cosmétiques qui a été inaugurée hier soir. Il convient de commencer cette double visite par le Musée de Cluny qui traite de la première partie allant de l’Antiquité jusqu’au Moyen-âge. Les rites funéraires de l’Antiquité permettent de sa faire une idée très complète des pratiques de beauté de nos ancêtres gallo-romains. De très nombreux objets évoquent la fréquentation des thermes et la délicatesse du maquillage ou de la coiffure. Les hommes ne sont pas oubliés : une section est consacrée aux objets utilisés par la gent masculine. On peut se représenter comment ces messieurs s’enduisaient le corps d’huile avant de fréquenter le gymnasium, puis de passer dans le caldarium et enfin le frigidarium afin de se purifier le corps. Pièce maîtresse de l’exposition : le frigidarium des thermes de Cluny, dont la restauration vient de s’achever, est ouvert au public à cette occasion. C’est dans cet espace majestueux, plus impressionnant d’une certaine façon que les thermes d’Herculanum, que se tient la plus grande partie de l’exposition. Autre élément impressionnant : les analyses menées à l’occasion de l’exposition des produits contenus dans diverses fioles et qui permettent de comprendre les recettes de produits de beauté de l’antiquité.

Jusqu’au 21 septembre 2009. Musée de Cluny. 6 place Paul-Painlevé. 75005. Paris.

Le frigidarium du Musée des Thermes de Cluny: 

 

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