Mercredi 18 juin 2008

Je connaissais déjà Denis Gagnan, et grâce à lui j’ai pu rencontrer quelques designers de mode qui comptent à Montréal. Je les avais aperçus lors du dîner de vernissage de l’exposition Yves Saint Laurent. J’ai pu mieux les connaître en découvrant leurs ateliers, show-room et boutiques, en compagnie de Diane Charbonneau, Conservateur du Musée des Beaux-Arts de Montréal (co-commissaire de l’exposition YSL) et guidé par Denis. Nous ne pourrons les voir tous et notamment Marie Saint Pierre, la plus médiatisée ou Rad Hourani.

La première étape dans ce parcours nous conduit dans le Vieux Montréal et dans l’atelier de Renata Morales qui est installée dans un superbe loft où elle a regroupé toute son équipe. Sa boutique a fermé en attendant d’en rouvrir une nouvelle. Personnage très sympathique, (d’ailleurs, comme tous les Montréalais… c’est une spécialité de ce pays sans agressivité !!), très passionnée qui vous parle de son goût pour les tissus, les graphismes, les effets de matières, pliages, enroulés, appliqués qui donnent un cachet de pièce unique à ses créations. Elle fait aussi des costumes de films (dont un court-métrage qui a remporté une Palme à Cannes).

Dans la boutique Scandale, son fondateur, Georges Levesque nous rejoint. C’est un pionnier du phénomène créateur qu’il anime depuis les années 80. Après avoir débuté en vendant de la fripe, puis avoir lancé sa griffe, aujourd’hui il a réduit son réseau de vente à une seule boutique… plus facile à gérer, en réactivité avec la clientèle. Il collabore aussi activement au cinéma (Montréal est une ville très appréciée pour ses studios, la qualité de ses infrastructures et compétences qui attirent des productions du monde entier et la compétitivité des coûts de tournage). Il a aussi créé des costumes pour la danse et notamment les chorégraphies d’Edouard Lock.

Puis direction le quartier latin, 4451 rue Saint Denis (non, nous ne sommes pas à Paris mais bien à Montréal, là où on dit « magasinage » pour shopping !). Cette adresse est celle de la boutique de Philippe Dubuc, un spécialiste de la mode masculine. En réalité le créateur possède quasiment toute la maison : au rez-de-chaussée, il vient d’ouvrir une boutique plutôt tournée vers l’accessoire, au-dessus se trouvent les vêtements et encore au-dessus son studio de création. Il travaille actuellement au projet d’ouverture d’une boutique à Bruxelles dans la fameuse rue Dansart.

Puis nous pénétrons dans un immense bâtiment, ancienne usine, 5455 De Gaspé, suite 903 dans un local énorme dédié à la jeune création, accueillis par Christyna Pelletier. Initiative intéressante, le « Laboratoire Créatif » a été fondé en 2004. Organisme à but non lucratif lancé par un groupe de designers de mode, il a pour vocation d’encourager la création émergeante sur le territoire de Montréal et du Canada. Moyennant un coût très modique des designers de mode peuvent bénéficier de vastes locaux et de machines pour réaliser leurs collections. Mais aussi, ils peuvent travailler à la gestion, distribution, promotion et financement de leurs projets de mode. L’ampleur des espaces et les moyens techniques font rêver.

Nous terminons la journée par la visite de l’atelier et du show room de Denis Gagnan. Beaucoup de robes sont sorties pour des tournages, mais on peut tout de même apprécier son travail de drapé libre, de robes à transformations et sa maîtrise du cuir traité en sculptures souples.

 

www.renatamorales.com

www.boutiquescandale.com

www.dubucstyle.com

www.labcreatif.ca

www.radhourani.com


En compagnie de Denis Gagnan au vernissage de l’exposition YSL :

Renata Morales :

Vitrine de la boutique Scandale : 


Boutique de Philippe Dubuc :

 

 

Philippe Dubuc porte avec beaucoup d’allure ses propres créations dans le cadre de sa nouvelle boutique :

 

L’atelier du Laboratoire Créatif :

Denis Gagnan dans son show room. Derrière une de ses créations sculpture de verre en suspension : 

 

par Florence Muller publié dans : Mode
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Vendredi 13 juin 2008

Le 28 mai dernier, le fameux film était lancé à Montréal. Par chance mes collègues et amis du Musée des Beaux Arts avaient des places. Le spectacle était autant sur l’écran que dans le cinéma puis dans la soirée qui a suivi au musée. Toutes les célébrités de la télévision et du cinéma de Montréal étaient là, répondant à de multiples interviews et l’on ne voyait plus qu’il ne manquait que les 4 protagonistes. Car toutes les filles avaient scrupuleusement suivi le thème vestimentaire en s’habillant à la façon Carrie Bradshaw en robes à bustiers et talons aiguilles. Le film en version française manquait de saveur, car le succès de la série tenait beaucoup aux dialogues plus qu’aux tenues des Newyorkaises, trop excentriques pour être vraisemblables.

Dans l’entrée du cinéma, une pub pour Le Château une marque de grande diffusion au Canada :


 

 

 

Commentaires avant la projection. Moins de risque de critiques.




Le rose était la couleur recommandée sur le carton d’invitation :



Trois fans de Carrie :



Très énergétique après la projection, une barre chocolatée « Mr Big », donnée en cadeau :



Deux belles, dont la rédactrice du magazine « Clin d’œil »

 


Respect total du code couleur :



L’alternative au rose bonbon, la mini robe bustier :


par Florence Muller publié dans : Soirées
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Jeudi 12 juin 2008

Le Musée des Beaux Arts de Montréal forme un écrin parfait pour cette première rétrospective de 40 ans de l’œuvre d’Yves Saint Laurent et c’est ce que l’on peut découvrir dans la petite sélection d’image présentée ci-dessous. L’annonce de la disparition d’Yves Saint Laurent quelques jours après le vernissage conférait à l’événement un caractère solennel et symbolique (voir sujet du 2 juin). Les drapeaux du Musée en berne, une ouverture gratuite au public, beaucoup d’émotion et de peine… mais aussi de joie de voir son œuvre ainsi à l’honneur.

 

Dans le grand escalier, un des thèmes de la révolution Yves Saint Laurent,  les couleurs « décomplexées » dans des mélanges et des rencontres audacieuses :

 

 

Un domino de faille de l’hiver 1984 accompagne un geste spectaculaire :



A la fin de l’exposition, un blouson du soir portant le fameux YSL dessiné par Cassandre :



Un exemple étonnant de collaboration artistique : Robes du soir en crèpe et bustier sculpture de cuivre galvanisé de Claude Lalanne, Hiver 1969. 


 


Les thèmes du « Croquis au modèle » montrant l’excellence du lien entre le dessin du couturier et la robe. Au premier plan sa maîtrise des jeux de voilé-dévoilé :



par Florence Muller publié dans : Mode
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Mardi 10 juin 2008

Dans son exposition « The present is well out of hand » à la galerie Alain Gutharc, Emmanuel Lagarrigue a conçu un projet « centré autour du temps et de la mémoire, de la transmission et des transformations qu’elle génère ». Plusieurs dispositifs se répartissaient dans deux lieux : les « Pristine prisms » interprètent la fameuse lecture en onomatopées de John Gage, « To be continued » montre les traces d’un film invisible, "It is separate world" est une tentaive pour cerner un événement qui échappe aux narrateurs et spectateurs et enfin « Still no guides » est un essai de reconstruction d’une mémoire collective.


par Florence Muller publié dans : Art
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Lundi 9 juin 2008

A la galerie LH, l’exposition «  This could be the right place» de Sylvain Rousseau regroupait ses « hits » et tout ce qu’il affectionne dans la « culture commerciale » : le cactus, le pot blanc et toutes sortes d’objets qu’il met à plat, une manie chez lui d’aplatir les objets comme un enfant qui écrase un jouet…. Sorte de commentaire édifiant sur la pauvreté des matières, le caractère factice des objets qui nous entourent dans un monde envahi par les faux, les démarques et les contrefaçons. L’artiste livre ainsi « du paysage une cover commercialisable », sur fond de sculpture sonores qui étend l’espace. Et de conclure sur la question qui peut tous nous toucher : « qu’advient-il quand les images du monde deviennent plus fascinantes, plus réussies que le monde lui-même ?


par Florence Muller publié dans : Art
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Lundi 2 juin 2008

Je viens de quitter en pensées Yves Saint Laurent ... à Montréal au Musée des Beaux Arts où sa dernière exposition rétrospective vient d'ouvrir dans l'enthousiasme général et j'apprends à l'instant qu'il nous a quittés... Je ne peux y croire tant il était présent dans les yeux et les paroles de tous ceux qui ont vécu cet événement avec passion. Il ne pouvait être parmi nous pour cette ultime célébration, nous savions que son état de santé ne lui permettait pas de faire ce voyage. Mais il était totalement là dans cette exposition retraçant les quarante années de son oeuvre de Maître du Style Contemporain : 150 créations, depuis les premiers modèles jusqu'à 2002, date d'arrêt des activités de sa maison de couture, des films, des dessins ... Et puis les télévisions, radios, magazines, quotidiens, et les invités et le public venus en foule assister à cette rétrospective, attirés par la portée magistrale de son oeuvre qui dépasse largement le simple temps de la mode. Beaucoup pensaient même qu'il était toujours en activité tant son message reste exemplaire aujourd'hui : rendre les femmes belles avec style et leur donner ainsi confiance en elles.

Je ne peux m'enlever de la tête comme une petite musique de nuit blanche sa voix répondant au questionnaire de Proust qui est diffusée à Montréal dans la salle consacrée aux liens d'Yves Saint Laurent avec le monde littéraire... cette voix douce mais envoûtante, hésitante et ferme à la fois, de petit prince de la mode qui se rêvait Beatnik et qui est devenu le pygmalion de la féminité moderne. En ayant donné aux femmes une apparence à la hauteur de leur prise de pouvoir dans la société contemporaine, son oeuvre atteint à l'intemporalité d'un monument d'utilité universelle. Il ne se projetait pas dans le futur improbable de la mode, mais donnait des réponses aux questions posées dans le présent d'une allure faite pour sinscrire avec grâce dans la vie en société au quotidien. Son style composé de vêtements et d'accessoires faits pour bouger sur un corps en mouvement et non pas créés en fonction d'un fantasme de féminité improbable. La vie au fond c'est cela qui la définit ... c'est pourquoi, Yves Saint Laurent dépasse l'éphémère de la mode et l'éphémère de sa propre vie. Les femmes ne l'oublieront jamais.







Sur la photo je porte du Saint Laurent Rive Gauche, vintage. Tout le monde à Montréal pensait que c'était actuel.
par Florence Muller publié dans : Mode
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Lundi 26 mai 2008

Fashion-Eye part en mission à Montréal et New York et reprendra ses activités le lundi 9 juin prochain.
Rendez-vous au cours de cette deuxième semaine de juin pour un debriefing des nouveautés Mode canadienne et américaine et pour un compte-rendu de l'inauguration de l'exposition Yves Saint Laurent dont je suis la commissaire invitée au Musée des Beaux Arts.

par Florence Muller
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Lundi 26 mai 2008

Korda di Marc Le Bihan est une ligne de prêt-à-porter de luxe fruit de la rencontre de Marc Le Bihan, créateur français membre invité de la haute couture et Vittorio Venafra, un passionné de mode sans cesse en quête de nouveaux talents. Sa fille, Daniela, séduite par le charme des collections de Marc Le Bihan, les fit se rencontrer. C’est en Octobre 2007 que Vittorio Venafra propose au créateur de dessiner les collections de Korda. En Décembre 2007 la première collection Korda di Marc Le Bihan est présentée pour la saison de l’automne-hiver 2008-2009. Conçue comme une carte blanche, cette première collection se situe entre la propre ligne de prêt-à-porter et la ligne couture de Marc Le Bihan : recyclage, customisation de pièces anciennes chinées aux puces, costumes, robes brodées, vêtements militaires, smoking inspiré par Man Ray « relooké »… Korda di Marc Le Bihan propose des silhouettes de type « masculin-féminin » comme ce pantalon large de coupe masculine avec chemise blanche à plis et encolure ronde, accessoirisé d’une grosse ceinture vintage de l’armée des années 50. Tout cela ponctué de petites touches de mousseline, de tulle, d’organza…

Cette collaboration sera poursuivie pour le printemps-été 2009. 

En vente à partir d’Août 2008, à New York, Boston, Tokyo et en Italie.



par Florence Muller publié dans : Mode
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Vendredi 23 mai 2008

Les collaborations entre créateurs et distributeurs se multiplient. A l’instar d’enseignes du prêt-à-porter qui proposent des lignes de créateurs ou de « people » comme H&M avec Roberto Cavalli ou Mango avec les sœurs Cruz et Elisabeth Hurley, les distributeurs de chaussures s’associent de plus en plus à de grands noms de la création. Voir à ce sujet l’article de Fashion-eye du mercredi 31 Octobre dernier http://www.fashion-eye.net/archive-10-31-2007.html.  Le Co-branding dans la chaussure représente une offre variée à petits prix.

 

Agnès B vient de créer une ligne de 12 modèles exclusifs pour la chaîne André. Celle-ci se compose de 5 « basiques » du vestiaire masculin (derby, basket, mocassin et sandale) et de 7 produits chics. Ces modèles s’inscrivent dans les tendances de l’été 2008 (ballerine, sandale compensée, sandale ultraplate…). André est l’un des premiers à avoir collaboré avec les créateurs en s’associant dès 2003 aux Prairies de Paris, puis avec Frank Sorbier, Antik Batik, Michel Vivien…

 

Agnès B pour André :


Agnès B pour André :


Un autre pilier de la distribution de chaussures en France, Bata, récompense en mai 2008 et pour la 3ème année, un jeune créateur issu d’une école de mode, d’arts appliqués, de modélisme ou de design. Trois modèles du lauréat seront fabriqués en deux coloris ainsi que l’un de ses sacs. Les précédents gagnants, présents dans les boutiques en ce moment, sont Sandra Pergue et Jean Allard.

 

Jean Allard pour Bata :


Sandra Pergue pour Bata :


Le créateur Gaspard Yurkievich, s’est engagé pour trois saisons avec France Arno. La 1ère est sortie l’hiver dernier. Pour cet été, six modèles sont déclinés en trois coloris dans des formes de ballerines ou d’escarpins. Les prix s’échelonnent de 99€ à 119€.

 

Gaspard Yurkievich :

par Florence Muller publié dans : Mode
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Jeudi 22 mai 2008

A l’occasion du quarantième anniversaire de Mai 68, le créateur anglais Paul Smith publie un livre qui regroupe quarante fameuses affiches et posters au puissant graphisme révolutionnaire. Disponible en édition limitée à seulement 68 exemplaires, l’ouvrage est proposé sur le réseau Paul Smith au prix de 1765€. Les plus mythiques affiches de cette époque y sont reproduites sur papier blanc et détachable. La sortie de ce livre intervient au moment du lancement de la première rétrospective réalisée en Angleterre autour d’affiches créées à Paris en Mai 68. Cette exposition est présentée à la Hayward Project Space Galery de Londres, du 1er Mai au 1er Juin prochain.

par Florence Muller publié dans : Livres
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