Mode

Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /2008 08:25
Défilé Céline
 
Ivana Omazic s’est fait une spécialité : une mode féminine… le terme est sans doute trop galvaudé, usé jusqu’à la corde de millions de feuillets de textes destinés au magazine ou aux dossiers de presse. Difficile de l’emprunter encore, et sans y ajouter un qualificatif qui aiderait un peu à savoir, quelle féminité ?! Mais bon, voilà c’est un fait, sa mode est destinée à mettre en valeur la féminité et c’est déjà beaucoup. Mais cette saison, la créatrice a ajouté quelque chose à cette capacité à embellir la femme : les coupes se font plus recherchées, plus complexes, des détails surprennent comme ces dos en forme de sac à dos, ces poches ou manches travaillées en sculptures souples.

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Audrey Tautou au défilé de Céline :
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Matthew Ames
 
A la galerie Martine Thibault de la Chatre, Matthew Ames présentait une exposition semi-vivante : deux mannequins, avec ordre de rester immobile pendant une heure, la tête encapuchonnée et le visage masqué, encadrant différentes apparitions de mannequins. Le style évoque différends souvenirs des années 70-80 : Issey Miyake pour les drapés et les tissus aux teintes douces, Anne-Marie Beretta pour les proportions de la silhouette, pour les accessoires, les sandales plates en cuir naturel… Mais dans un style moins appuyé, plus léger et réel.

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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /2008 08:40

Défilé Jean Paul Gaultier

 
Marion Cotillard a gagné un oscar bien mérité et Jean Paul Gaultier un oscar non officiel, celui de la plus belle robe de tapis rouge… merveilleusement portée par l’actrice à Hollywood. Pas moins de 3 essayages menés par le maître en personne ont permis d’ajuster la robe et d’obtenir une silhouette de vraie sirène, prolongement très heureux de la dernière collection de haute couture dédiée à la femme marine en écailles.
Le défilé de prêt-à-porter de l’hiver prochain n’est pas une version simplifiée de la haute couture. On ne voit pas bien ce qui détermine le statut des deux shows tant celui du prêt-à-porter se rapproche dans sa conception et sa réalisation de la haute couture. Sur le thème de « Pierre et le Loup », les femmes Gaultier se protégeaient de peaux de bêtes d’un genre très raffiné. En casque, en manteaux, en longues besaces … toutes les possibilités offertes par les fourrures volumineuses ou à poils ras étaient exploitées dans des décors virtuoses. Mais, comme pour la collection Sirène, cette collection réclame un examen plus attentif et de près pour en découvrir toutes les subtilités.
 
3 apparitions de femmes loup :

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Les hôtesses en t-shirt marin, signature de Jean Paul Gaultier que le couturier a souvent portée dans le passé et souvent ré-interprétée dans ses collections :

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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /2008 08:06
Le salon de mode féminine Rendez-vous avait déjà utilisé l’Espace Cardin pour une précédente édition. Cette fois-ci, une autre adresse lui a été ajoutée pour accueillir plus confortablement les 120 exposants. L’Académie L’Oréal a prêté ses salons du 14 rue Royale, vastes pièces lumineuses à l’étage noble du bâtiment. De quoi mettre dans une ambiance luxueuse les jeunes ou moins jeunes marques de toute nationalité. L’organisation « 101% Brussels Fashion » a ainsi bénéficié d’un espace de promotion de ses créateurs mis en scène par Tony Delcampe & Thierry Rondenet. Dans les allées ainsi délimitées, on aperçoit les stands de Cathy Pill, Eric Beauduin, Jean Paul Knott, Christophe Coppens, Sandrina Fasoli…
Au fond, une nouvelle marque « Dressing right » lancée par Philippe Lebordais et dessinée par le duo Tony Delcampe & Thierry Rondenet, affiche son engagement en faveur du commerce équitable. Le directeur m’explique modestement que tout n’est pas encore abouti, qu’il reste à contrôler l’éthiquement correct de toute la filière et qu’il a encore du travail ! Mais déjà les étiquettes peuvent affirmer notamment l’origine parfaitement équitable du coton africain utilisé dans les jeans. A côté, se trouvait le stand de Natan « Editions », la marque belge bien connue. Un nouveau jeune designer recruté récemment présentait les modèles dont beaucoup sont conçus pour le soir ou les occasions habillées, domaine dans lequel Natan est très réputé en Belgique. Pour cette collection, il a eu le plaisir de travailler avec les superbes tissus de Malia Kent qui présentent des aspects mats et brillants, entre le métal, la laque, le lainage…
 
 
Vue de l’espace « 101% Brussels Fashion » :

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Stand de Dressing Right :

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Stand de Natan :

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Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /2008 11:42
La maison Révillon, la plus ancienne dans le monde de la fourrure, a été rachetée en janvier 2007 par le fourreur Yves Salomon qui a nommé à la direction artistique Peter Dundas en remplacement de Rick Owens. Yves Salomon ambitionne de redéployer cette marque au passé prestigieux vers le grand luxe marié à un sens affirmé de la mode. Le très charmant ex-designer d’Emanuel Ungaro vient de prouver qu’il était parfaitement à la hauteur de cette mission. Cette première collection est hyper sophistiquée dans le traitement de la fourrure et a demandé plusieurs mois de recherches et de mises au point. La matière est littéralement sculptée et révèle ainsi toutes les nuances de couleurs et de reflets que possède naturellement la fourrure. Un maître fourreur a patiemment traduit les projets du designer dans de savants travaux d’incrustions ou de rasage. Tellement beaux que les manteaux ne sont pas doublés pour que l’on puisse admirer l’effet de marqueterie à l’intérieur. Toute la collection présente une identité forte avec une thématique développée sur chaque silhouette d’une façon très cohérente. Le grand nord, les Inuits, Peter Dundas n’est pas étranger à ces mondes glacés (il est norvégien). Il en livre des versions très crédibles pour des froids moins polaires… et très désirables. Aux volumes mousseux des manteaux et vestes répond la légèreté de robes en mousseline imprimée. Fourrure et motifs se mêlent, les jambes nues sont encore réchauffées par de superbes bottes à talons hauts.

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Défilé Lutz
 
Lutz Huelle, saison après saison, enrichit les fondements de son style en explorant de nouvelles pistes. Il donne de nouvelles lectures de ses principes de vêtements favoris : robes intermédiaires entre le pull, l’écharpe et l’étole, le trench coat, les superpositions de maille et de mousselines… Pour l’hiver 2008-2009, tout cela va dans le sens d’une coupe plus ample, à larges emmanchures qui évoquent le kimono. Une ceinture à nouer ne retient que partiellement, devant, cette ampleur qui reste ailleurs très libre et mouvante.

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Marithé et François Girbaud
 
Les silhouettes, avec de lointaines références au Directoire, dans leurs proportions à taille haute et basque échancrée vers l’arrière, restaient bien ancrées dans la réalité contemporaine et urbaine avec de solides bottes dérivées de la panoplie des motards. Ca et là, quelques robes de mousseline apportaient un peu de légéreté et de féminité à une collection fille-ou-garçon, selon une orientation déjà engagée la saison dernière.

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Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /2008 07:55
Défilé de Gaspard Yurkievich
Les explorations dans les champs bien repérables de grands classiques du « bcbgisme » ou du rock’n roll rythme un défilé bien construit : le foulard Hermès en vêtement complet ou en bretelles, les fermetures éclair scandant et soulignant d’un trait hauts, bas, manches… des transparences un peu hypocrites protégées par des boutonnages bien fermés, du renard bleu éclatant, de longues robes d’hôtesses en foulard de soie à rayures bayadère… Des thèmes s’inscrivent dans une identité plus habituelle à Gaspard Yurkievich : les incrustations en rinceaux à coutures froissées et plissées, les bordures galonnées et lâchées d’esprit vieux stock de passementerie 1920, les collants à motifs.
Ma préférence : toutes les robes du final, mais pour cet été… l’hiver prochain c’est trop loin !

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Défilé Christian Dior
Dans l’espace des Tuileries, le défilé de John Galliano offrait un franc hommage aux années soixante, époque de sa naissance. De quoi être déçu par cette énième convocation des swinging years ? Non, car ainsi que l’assure le programme, "les années soixante resteront celles de l’optimisme et de l’opulence". L’opulence, peut-être pas pour tous, mais l’optimisme, certainement, en tout cas la croyance en un futur meilleur. Contrairement à sa méthode habituelle, Galliano ne fait pas s’entrechoquer les références dans des rencontres incongrues. Ici tout est dans l’ordre parfait d’un monde à la Peter Sellars, avec une femme divine dans le genre de Capucine, un brin Jackie, un brin Vicomtesse de Ribes, beaucoup le genre de Carolina Herrera avec sa chevelure gonflée dans laquelle cependant pas un cheveux ne s’échappe de l’amidonnage laqué. Un peu moins Talitha Getty, moins Boho chic que pour la dernière collection Croisière.
Tout est presque parfait dans le meilleur des mondes possibles du rétro, de la citation lisible par tous… si ce n’est le maquillage à la manières des sixties, mais outrancier ( le goût Leigh Bowery n’a jamais été chassé de la palette Galliano)… ou encore les cheveux fait d’énormes postiches montés sur des séries de petites nattes bien serrées, recouvertes d’une nappe de cheveux libres (les mannequins s’échappant de la tente à la fin du défilé, avaient toutes une allure ébouriffée devant, nattée plat derrière.. pourquoi pas !) … et puis surtout l’étonnante palette de couleurs, du pop jusqu’au psychédélique, mais toujours chic ! Et puis le luxe des matières, de sublimes vestes et manteaux de fourrures fabriqués par Yves Salomon selon des techniques employées dans les années 60, les coupes qui, malgré des passages trop rapides, semblent très élaborées, des broderies bijoux sur les robes du soir vaporeuses. De quoi mettre en effet de bonne humeur !

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Défilé Martin Margiela
Du haut des gradins du Palais Omnisport de Bercy, au début, j’ai eu une petite sensation de redite, quelque chose qui rappelait le défilé précédent si réussi. Sans doute à cause des maillots couleur chair. Au fond un semi-détail ! Car ces collants sont utilisés ici en fond pour déployer un jeu d’asymétries très intéressantes, avec demi-haut ou demi-jambe. Puis sont apparues tous ces cols entonnoirs masquant à moitié le visage des filles. Un exercice risqué qui peut sentir l’arty trop systématique… Mais c’est impossible chez Margiela ! Il arrive à faire en sorte que cette silhouette un peu encombrée du haut reste belle, élancée et même sexy. C’est très fort !
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Défilé Yohji Yamamoto
Il y avait beaucoup de noir, couleur fétiche de Yohji Yamamoto, mais aussi, fait nouveau, beaucoup de couleurs et parfois plusieurs dans une même silhouette. L’utilisation de cuirs très souples fauves, taillés en vestes nettes et se terminant sans coutures, les vestes à cols enroulés et les jupes vertugadins japonisants rompaient avec le registre habituel du créateur tourné vers l’exploration infinie du masculin-féminin. Au final est apparu un très joli groupe de pensionnaires vêtues de manteaux-capes maintenus par des bretelles comme ceux des infirmières de la guerre de 14-18 et portant en bandoulière de grandes besaces de cuir brut.

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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 08:52
Défilé de Véronique Leroy
A l’espace Cardin, Véronique Leroy, spécialiste des accords subtils en demi-teintes, présentait une collection comme pour prouver qu’elle est capable de s’adonner aux couleurs franches, à la limite du fluo. Des couleurs qui se heurtaient parfois franchement comme ce duo de jaune et violet, en écho à un territoire exploré dans les années 70 par Yves Saint Laurent. Les formes très sensuelles et près du corps avec des coupes élaborées aux nombreuses coutures anatomiques, rappelaient ce que la créatrice montrait à ses débuts dans les années 90 quand elle inaugurait le néo-glamour. Mais aussi beaucoup de recherches dans les matières à effet de surface, mousseuses, chaleureuses, laineuses…

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Défilé de Robert Normand
Le groupe de rock néo-new wave GoGo Charlton donnait de l’ambiance à la salle formatée fonctionnelle du Carrousel du Louvre. Les filles de Robert Normand déambulaient sur une vaste aire de promenade centrale. Les graphismes et imprimés, registre d’expression favori de Robert Normand, étaient, cette fois-ci, dynamisés par l’apport de broderie rehaussant les motifs. Les robes virent au tableau et les manteaux aux effets Op’, mais en mode portable et sobre de forme. Le créateur connaît sur le bout des doigts ses références et la généalogie des citations : « L’Art Déco (…) vu par les années 70, revu par les années 80… » Ou encore : « Des puissantes empreintes mécaniques de Peter Stämpfli s’y mêlent à des motifs de tapisseries 1900, des réminiscences de l’Allemagne du Nord, des motifs berlinois y apparaissent, un cirque passe ». Tout cela dans de belles matières : jersey cachemire, gaze de laine, dentelle de Valenciennes, twill de laine, broderies anglaise… Ma préférence va au veston gris porté sur une robe longue pailletée.

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Présentation du Fashion Institute Arnhem
Au Musée des Arts Décoratifs, dans le hall des Maréchaux, Angelique Westerhof, directrice du Fashion Institute Arnhem, présentait la 9ème génération de créateurs hollandais diplômés de ce master en mode. Les collections de Lifu Hsia, Sanne Schrijver, Julia Eichler et Claes Iversen étaient regroupées autour du thème « Clash ! ». Et c’est en effet ce que suggéraient les différentes présentations sur mannequins vivants ou statiques par leur individualisme, leurs différences, leurs oppositions… à l’image aussi de ce qu’il ont vécu, selon Angelique Westerhof pendant cette formation d’un an et demi. De la rigueur constructiviste pour certains, l’apologie du flou et du drapé en majesté pour d’autres. Et comme toujours une très belle atmosphère, simple et raffinée, à l’image de la directrice de l’institut.

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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 09:20
Un peu dommage d'aller s'enfermer dans les salles obscures des défilés, tant la journée commence et se termine avec un temps radieux.
Mais dans l'univers décalé de la mode, il faut se couvrir, car c'est l'hiver qui défile. Chez Jeffen, la fourrure est à l'honneur, quoi de plus efficace pour concilier le luxe et le confort ! La collection se veut le résultat d’une recherche d’équilibre entre l’air du temps et la tradition. Le travail d’incrustations de la fourrure forme des écailles de dragon, les jeux de transparences créent des ombres chinoises.

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Chez Li Sang Bong, certaines matières ressemblent à une peau d’animal inconnu, entre pelage, écaille ou peluche ? La cantatrice Kimera, gloire coréenne qui a contribué à vulgariser l’Opéra à travers le monde, fait une prestation à la fin du défilé de sa voix extraordinaire dont la capacité à produire une gamme de 4 octaves l’avait fait découvrir en 1988 lorsqu’elle suivait des études de chant à Paris. La star milliardaire vit à Paris avec son mari Raymond Nakachian.

Apparition de la cantatrice Kimera au défilé de Lie Sang Bong :

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Dans la galerie Nikki Diana Marquardt, le nouveau directeur artistique d’Hugo Boss, Bruno Pieters défilait sous sa propre marque. A noter : de nombreuses recherches de coupes et de découpes, de superpositions et d’incrustations dans un travail qui prouve une excellente maîtrise du tailoring. Pour le style, des réminiscences années 90 ? D’agréables associations de matière douces ou métalliques, de beige et de gris, de noir, gris et blanc. Graphique, certainement !

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Bless présentait sa collection dans le même espace que la dernière fois. Toujours selon un principe dynamique. Mais à la place d’un match de foot, une installation géante de sièges et fauteuils de styles disparates met en scène les invités au milieu de l’action. Un cycliste évoluant entre les chaises en guise d’introduction… puis, toute une troupe d’hommes et de femmes en Bless, se répand dans l’espace, appliquée à faire fonctionner des jouets électriques ou télécommandés à distance. Du bon happening comme on aime ! avec des vêtements plein d’astuces et de confort… et aussi une housse de voiture à paraître prochainement, semble-t-il, dans le magazine Intersection.

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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /2008 09:39
Parallèlement à l’exposition du Musée Galliera consacrée aux années 20 qui a dépassé les 100 000 visiteurs, le Musée d’Orsay a conçu un cycle de films des mêmes années dans lesquels les décors et les costumes sont signés des maîtres de la modernité et de l’élégance. Lise Brisson, qui a réalisé la sélection des extraits de films projetés dans le cadre de Galliera, a apporté sa collaboration active et passionnée au projet. Le programme du samedi 23 février était particulièrement étonnant. Il débutait par un court-métrage au titre qui trouve une résonance très actuelle dans les questions que se posent les médias : « Paris est-il toujours le temple du goût ? ». Ce film montre différents intérieurs animés par des personnages dont deux adorables petits enfants aux cheveux coupés à la Jeanne d’Arc dans une chambre où tout a été prévu pour leur bien-être… et notamment les angles des meubles arrondis ! Le film suivant, « Métamorphose », construit une histoire édifiante de jeune fille pauvre désespérée par sa condition misérable, aux ordres d’une mère patronne d’un bar minable et qui s’enfuit un beau jour. Echouée sur un banc des Champs Elysées, elle fait la rencontre d’une dame élégante, vendeuse chez Drecoll. Apitoyée par les malheurs de la jeune fille, cette dernière l’a fait engagée comme mannequin dans la maison de couture. Le charme triste du mannequin débutant séduit un jeune artiste mondain… la jeune fille par la métamorphose de la mode s’extrait de sa condition prolétaire ! Mais on sent néanmoins qu’il n’y aurait qu’un pas à faire pour passer de la séduction à la prostitution !
Les décors signés de Francis Jourdain du film « Le silence » participent au propos du film en construisant l’atmosphère étouffante dans laquelle le personnage principal va découvrir une angoissante vérité. « La glace à trois reflets », dépeint l’histoire d’un joli jeune homme trop bien habillé qui plaît aux femmes, mais refuse de se décider entre trois adoratrices. Son allure narcissique et son comportement capricieux lui confèrent une identité particulièrement efféminée, bien représentative de l’époque de l’après-première guerre mondiale. Dans un monde vidé des hommes jeunes morts au front et où les valeurs machistes ont perdu de leur superbe dans le désastre des tranchées, les qualités féminines sont valorisées. Mais ironie de l’histoire, l’homme efféminé continue de se jouer des femmes comme de vulgaires objets. Le regard critique sur la modernité face à l’ancien monde, est elle aussi au cœur du sujet : le jeune homme, dans une tenue sport super sophistiquée, finit par se tuer au volant d’un bolide lancé sur les routes de campagne.
Pour la dernière programmation de la journée, la salle s’est remplie d’un public plus nombreux. Aux étudiants ou anciens de l’Institut Français de la Mode, se sont ajoutés des amateurs de rareté cinématographique… la fille de Colin Poiret qui vient de confier à Drouot les derniers modèles qu’elle possédait provenant de son célèbre grand-père Paul Poiret, la fille de Marcel Lherbier, l’expert en costume Françoise Auguet… Un court métrage, document rarissime, montre l’intérieur de la maison Poiret en 1924, « Les Coulisses et le défilé » présenté par le maître lui-même. On remarque que les mannequins de Poiret ont toutes des coupes de cheveux à la garçonne, coupées court et à nuque rasée. Tandis que les mannequins de la maison Drecoll, beaucoup plus classiques, se contentaient de chignon à cheveux roulés dans la nuque pour se conformer à la mode des coupes modernes. Un petit chef d’œuvre va achever cette journée : « Les ombres qui passent » d’Alexandre Volkoff de 1924. En Angleterre, dans le hameau de « Happyland » aux chaumières construites en fausses pierres, entre Disneyland et le décor du « Prisonnier », vivent un homme « professeur de Morale », veuf et retraité, son fils et sa belle-fille. La description de leur vie rurale à la Jean Jacques Rousseau prend des accents de hippies chics, quand le matin, le jeune couple monte ensemble en maillot de bain sur un cheval et entrent ainsi équipés en batifolant dans la mer ! Toute cette vie de bonheur simple, basée sur un équilibre entre activité cérébrale et activité physique (traire la vache, couper du bois, lecture, piano…) bascule dans le drame le jour où le jeune homme hérite d’une fortune de 20 millions d’un grand-père français oublié. Il se rend à Paris pour entrer en possession de son bien… mais les séductions de la ville des lumières lui font oublier, épouse, père et vie campagnarde. Les femmes surtout avec leur élégance étourdissante habillée par Paul Poiret achèvent de lui faire perdre la tête. Dans la scène du dénouement final, l’aristocrate corse tentatrice redoutable qui s’apprête à révéler sa véritable identité au jeune homme, le fait dans une tenue de Poiret, d’une extravagance extrême, annonciatrice de cette révélation dramatique. Dans tous ces films, les costumes, comme les décors, constituent de véritables commentaires des situations et de l’histoire et soulignent la psychologie des personnages.

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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /2008 09:34
Février 2008 : Il y a une vie en dehors des défilés de prêt-à-porter milanais ! Mais, dans cette capitale de la mode, nul ne peut ignorer que c’est la semaine des shows. La mode s’affiche partout en grand format, en bâches et sculptures géantes… de quoi donner le haut-le-coeur à Anna Wintour qui vient de faire scandale en se plaignant du trop grand nombre de défilés milanais et de leur organisation déplorable selon elle. Mario Boselli, le président de la Camera della Moda, a répliqué sur un ton ferme que les américains devraient d’abord faire le ménage chez eux, ajoutant que le niveau de la manifestation milanaise est indubitablement supérieur à celle de New York. Les hostilités sont ouvertes et la belle entente américano-italienne semble compromise !
Dans les rues de Milan, l’image de mode écrase littéralement l’architecture et vole la vedette aux siècles d’art et d’histoire. Un petit refuge au milieu de cet étalage d’injonctions d’achats : la galerie d’exposition du 10 Corso Como. Dans ce fameux concept store ouvert en 1991 par Carla Sozzani sont regroupés les univers de l’art, de la mode, de la musique, du design, de la cuisine et de la culture provenant du monde entier. Dans ces différents espaces de galerie, boutique, librairie, restaurant, café, 10 Corso Como met en pratique le concept du « Slow shopping »… là, le temps peut ralentir… le temps de visiter les expositions (180 expositions ont été organisées depuis l’ouverture de la galerie en 1990), de feuilleter des bouquins, de prendre un café, ou encore de passer une nuit dans une des « 3 rooms » de l’hôtel intimiste qui occupe un côté de la première cour. Après l’expérience réussie d’association avec la maison Comme des Garçons à Tokyo, Carla Sozzani prévoit pour le printemps 2008 un « 10 Corso Como Séoul », dans le quartier de Cheongdam-Dong de la capitale coréenne.

Une pub Grazia en forme de chausson de danseuse :
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Une pub Datch, avec stiletto écrasant littéralement un brave homme :
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Deux visions néo-classiques en superposition : arc de triomphe et pub Sisley :
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Façade du Palazzo Reale en toile de fond de pub :
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Pub contre Duomo, lequel reçoit le plus de lumière ? undefined
Une pub pour le magazine Marie Claire, devant la tour Pirelli, chef d'oeuvre de Gio Ponti : undefined
Vitrine de la Rinascente : undefined
Vitrine Prada : 
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Exposition "Rittrati d'autore" de Gisèle Freud dans la galerie d'exposition de Corso Como. Portraits de Walter Benjamin : undefined
Exposition "Pushpamala N" dans la galerie d'exposition de Corso Como : undefined

 

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Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /2008 08:36
Vendredi dernier était lancé le projet de concours Ethic Style 2008 conçu par deux jeunes diplômés de l’Institut d’Etudes Supérieur des Arts de Paris, Julien-Loïc Garin et Guillaume de Raffin. Avec ce premier concours européen de mode éthique, le duo ambitionne d’attirer un éclairage nouveau sur ce domaine. Le vêtement s’inscrit déjà dans le contexte du développement durable, mais manque bien souvent d’un souffle créatif qui le fasse sortir d’un territoire trop confidentiel réservé à des sympathisants déjà acquis aux questions « éthic ».
Le projet prévoit à l’issue du concours, un défilé et une exposition. Le concours s’adresse à tous les jeunes créateurs européens qui seront sélectionnés en mars prochain. Pour sa première édition, le concours s’appuie sur les écoles de stylisme et de modélisme et définit les possibilités en termes de matériaux et techniques ainsi que la pertinence écologique des dossiers. Après une expérience professionnelle menée récemment à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, Julien-Loïc Garin saura sans doute marier ces exigences écologiques aux impératifs de la mode, sinon à celles très complexes de la création de haute couture.
 
 
www.ethicstyle.net

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