Vendredi 2 mai 2008

Léopold Ritondalle, l'ancien maire d’Hyères qui semblait inaltérable, s’est éteint le 21 février dernier et les discours d’inauguration du 23ème festival de la Mode et Photographie rendaient hommage à son soutien "sans faille" à cette organisation devenue une institution du monde de la création. Le nouveau maire a fait une allusion humoristique aux discours légendaires de son prédécesseur, invariablement adressés sur le même ton paternel à « un petit jeune » qui était venu le trouver avec une idée de faire venir la mode à Hyères… Peu d’invités au cocktail d’inauguration ont compris l’allusion. Mais Jean Pierre Blanc, le fondateur du festival, lui, a souri à cette allusion et cet encouragement à continuer dans … la bonne voie favorable à l’émergence de la création ! Après les discours, les expositions ouvraient… mais impossible de les voir toutes d’un coup si l’on voulait aussi retrouver les amis pour le cocktail sur la terrasse.

Discours d'inauguration du 23ème Festival International de Mode et de Photographie. Jean Pierre Blanc au micro :



Felipe Oliveira Baptista. « Shared dress. Plexiglass & métal. Printemps Eté 2007 :  

Aurélie Wacquand, derrière la baie vitrée, cocktail d’inauguration :  

 
Popel Coumou . « Rose Residence », Commande photographique. Grand Prix du Jury 2007 de la Photographie :

 

 

 

 

 

 

Eric Lebon. « Chambre d’ami » :

 
Chambre de Monsieur et Chambre de Madame, exposition de Ludivine Caillard :


 

Dans l’escalier de la Villa, sculpture textile de Ludivine Caillard :

 

Dans l’espace des trois salles voûtées dédiées à la présentation des œuvres du concours photographique :


« Pieds de Poule » de Philippe Jarrigeon :


« Obviously » d’Audrey Corregan, dans l’exposition du concours photographique :

 

 

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Mercredi 30 avril 2008
Dans la galerie d’Anne Barrault, Ramuntcho Matta présente une exposition de ses œuvres récentes sous le titre « ludicité » qui rimerait plutôt avec « ludique ». Il s’agit d’une « vaste aire de Je », selon l’artiste qui n’est pas avare en jeux de mots et d’esprit. Avec ces objets de Je, il propose de « jouer à sa vie comme on joue aux cartes ou à la marelle ». Avec deux objets en verre visiblement bien complémentaires, il vous indique les règles du jeu amoureux en accord ou désaccord, selon l’orientation. Des yoyos multiples sont impossibles à mettre en œuvre, car ils s’adressent à tous les doigts de la main simultanément. Le plus « fashion » de ces objets est un chapeau qui aide à prendre des décisions. Composé de formes géométriques de feutre alternativement noires et blanches et formant un damier, il est surmonté d’une lanière lestée d’un dé en matière « scratch ». Il suffit de poser une question, de balancer la tête et de voir où s’accrochera le dé jaune. En ayant auparavant décidé de la couleur d’une réponse positive ou négative. Pour les plus conventionnels, je suggère blanc pour un « oui » et noir pour un « non » !

Jusqu’au 31 mai 2008 Galerie Anne Barrault 22 rue Saint Claude 75003 Paris www.galerieannebarrault.com




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Mardi 29 avril 2008

Le Magasin du Printemps vit à l’heure du Summer of love 2008. Pour introduire le style très Boho chic de cet été, à la demande du magasin, j’ai conçu en compagnie d’Anouschka, une exposition sur les origines du style Boho chic qui forme la tendance principale de l’été. Choisie au milieu des milliers de pièces de costumes et accessoires griffés des grands noms de la couture et de la création qui composent le fonds du show-room-bibliothèque de mode d’Anouschka, une cinquantaine de silhouettes évoquent les correspondances de ce style dans les années 60 et 70. Une centaine de photographies sélectionnée par Gérald Chevalier dans le fonds d’archives du magazine l’Officiel complète cette évocation.


Voici un extrait du texte d’introduction de l’exposition :


«
Le style Boho puise ses sources d’inspiration dans les années soixante et soixante-dix.

 C’est un style libre et romantique, nourri de multiples influences, éloignées des conventions, un look qui s’inspire à l’origine de l’existence nomade des bohémiens. Les racines lointaines de ce phénomène remontent au XIXe siècle dans le milieu des artistes et des intellectuels parisiens, qui inventent la vie de bohème. Mais le phénomène de mode actuel se réfère plus précisément aux hippies chics des années 60-70 qui fréquentent Saint Tropez, Tanger, Goa, Marrakech ou Ibiza … Littéralement, ni totalement bourgeoise, ni totalement bohème, la bobo chic n’est jamais là où on l’attend. Elle surprend par son anticonformisme, mais ne souffre pas dans la marginalité. Elle refuse les usages vestimentaires classiques, mais apprécie les valeurs traditionnelles du raffinement. Son allure, ni pauvre, ni riche, se traduit par un art subtil des mélanges.

An 1967, Le Summer of Love et le Human-Be-in de San Francisco révèlent au grand public l’idéal hippie, qui va marquer profondément toute une génération. La « hippie de luxe » des années 60 assiste aux concerts de Woodstock, mais ne vit pas dans les communautés… trop rustique pour elle ! Elle se compose des looks uniques chez Yves Saint Laurent ou dans les souks de luxe de Jean Bouquin. Elle s’habille d’un rien, de la transparence du coton indien sur un corps nu, le corps libéré dans une vaste djellaba ou un caftan, un foulard noué à la paysanne ou en turban dans les cheveux, et beaucoup de bijoux ethniques… Dans les années 70, elle détourne les jupons, les caches corsets, les sabots, les capelines de sa grand-mère. Elle redonne du chic aux choses fanées en dénichant aux Puces les petites robes en biais des années trente qui côtoient dans sa garde-robe les blouses fleuries de Chloé ou les robes « rétro » de Biba. La chanson de Joni Mitchell « Boho Dance » de 1975, inspiré du livre de Tom Wolff « Painted Word », dresse le portrait complexe de la bohémienne chic. Aujourd’hui, l’idéalisme et la rébellion des hippies appartiennent au passé, reste un style désirable de « Beautiful People ».


A chaque étage, dans l’espace des ascenseurs, Alexandra Sennes a imaginé une mise en scène interactive sur le thème de la Bohème de luxe.
 


Au 7ème étage du Printemps de la Mode- Boulevard Haussmann-Paris (ascenseur direct jusqu’au 6ème étage. Sous la coupole de l’Auditorium). Jusqu’au 17 mai.
 


contact@anouschka.fr

www.printemps.com 


A gauche, groupe d’ensembles Yves Saint Laurent dont une robe d’inspiration chinoise de l’hiver 1979, au centre robe de Pucci, vers 1970 et à droite robe de Gudule, vers 1969 :
 

Deux mini-robes imprimées, à gauche Cacharel, été 1971 et à droite Chloé, vers 1970 :



Deux modèles de Biba vers 1972 :

 

Au premier plan, blouse et jupe en étamine de laine de Saint Laurent Rive Gauche Hiver 1975, derrière ensemble d’inspiration russe de la même griffe, Hiver 1976, plus loin, ensemble d’inspiration gitane également d’Yves Saint Laurent, hiver 1977 :

 


Alexandra Sennes et Anouschka à gauche, Thibault Fouquet du Printemps au centre, et les étudiants du GFM (Executive MBA fondé par l’Institut Français de la Mode, le Fashion Institute of Technology de New York et la Hong Kong Polytechnic University), avant la visite d’inauguration des expositions :

 

Les étudiants du GFM écoutant les explications données par Anouschka sur les costumes exposés :


 
Au cours du pot d’inauguration, à gauche Lubna Tlayoust, directrice de la communication de "Suface to air", au centre Goran Vejvoda, à droite Nadine, styliste des collections "Surface to air" et enfin Nic Jones, Directeur du salon Rendez-vous :

par Florence Muller publié dans : Mode
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Lundi 28 avril 2008

 

A Moscou, les styles d’architecture se côtoient dans des juxtapositions saisissantes : néo-classique, constructiviste, stalinien… et les immeubles de la nouvelle économie.

Le plus impressionnant reste à mon avis l’architecture stalinienne.

J’ai visité l’une des fameuses maisons de Staline, ces gigantesques bâtiments construits pour loger dans des appartements de prestige les proches du régime, la « nomenclatura ». Tout y est démesuré, même les histoires que l’on raconte. Certains les appellent les maisons des fous. D’autres parlent de fantômes, ceux des hommes que Staline a fait liquider après leur avoir tout donner. Il est aujourd’hui pratiquement impossible d’acheter un de ces appartements devenus inabordables comme tout le centre de la ville, mais même si on m’en offrait un, je n’en voudrais pour rien au monde ! Dès l’entrée, on est glacé par une atmosphère oppressante et un gardien à moitié dingue qui veut vous jeter dehors ! Reste un décor digne de Métropolis.


Architecture constructiviste :

 

 

Une des maisons de Staline :


Entrée de la maison :

 


Bas-relief de l’entrée :


 
Entrée de l’immeuble de style néo-classique :

 

 

 

Eglise où Poutine s’est marié :

 

Le très élégant « Manège » construit entre 1817 et 1825 :

 

 

 

 

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Vendredi 25 avril 2008

La nuit est une activité en soi à Moscou et cela correspond à une certaine tradition historique. Pendant la Belle Epoque, les princes russes animaient de leurs extravagances la vie nocturne parisienne assurant notamment le succès de Maxim’s.

A Moscou, des clubs et des restaurants ouvrent sans arrêt dont beaucoup ferment aussi vite afin de maintenir la curiosité en éveil. Mais selon un journaliste, cette tendance à vivre la nuit serait en train d’évoluer vers une autre forme de convivialité. Les moscovites préféreraient se recevoir entre eux, dans des cadres plus intimistes.

J’ai « testé » quelques clubs comme le Café Most qui fêtait l’exposition du photographe Anton Lange. Ambiance très bling-bling avec des cohortes de filles sublimes assez dévêtues et quelques entraîneuses sans doute en corsets d’Agent Provocateur. Le club « Cricha » qui signifie « Sur le toit » porte bien son nom. Réparti sur plusieurs étages, il offre une vue, sur le toit, sur la toute nouvelle City moscovite construite par l’architecte Norman Foster. Mais interdiction de photographier et inutile de plaisanter avec les impressionnants gardes du corps qui protégent la boîte. Autre service d’ordre qui ne rigole pas au club Justo, très difficile à trouver car il vient de changer d’adresse et aucun passant ne connaît cette nouvelle adresse. Chez Justo, on passe par des détecteurs d’armes à l’entrée ! Mais pour le reste, l’ambiance est très sympathique. De nombreuses salles permettent de choisir entre un concert, une pièce de théâtre, des espaces pour boire ou fumer. C’est d’ailleurs ce qui fait l’attrait en général de ces lieux de nuit, ces espaces fragmentés en plusieurs salles. Je ne verrais pas le tout nouveau « Paradis ». Ce sera pour une prochaine fois.

Pour les restaurants, je recommande le « traditionnel » café Pouchkine au décor reconstitué à l’ancienne et le café Galleria au look contemporain-baroque. 


Avec Pierre Christian Brochet, dans une bonne vieille Lada improvisée Taxi :

 

Le café Galleria :

 

Le café Pouchkine :

 

 

par Florence Muller publié dans : Air du temps
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Jeudi 24 avril 2008

Le samedi après-midi à Moscou, comme à Paris, est consacré aux vernissages de galeries d’art. Ceux du quartier de Winzavod, une sorte de Soho moscovite, attirent une foule d’amateurs dans ces anciens entrepôts de vins rachetés par la femme d’un milliardaire et transformés en galeries d’art, boutiques de mode et lofts pour des activités artistiques.


La Regina Gallery présentait l’exposition « Come back » consacrée à Semyon Faibisovich. Cet artiste qui est aussi écrivain et essayiste, a débuté dans les années 70 et s’est fait connaître à l’Ouest à travers les années 80 en exposant aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse… Il est connu comme le représentant le plus célèbre de l’hyperréalisme russe. Lui-même se réfère au « photoréalisme » comme une technique procédant de la photographie. On lui a ensuite attribué la notion "d’hypnoréalisme" par sa capacité à capter des instants de la vie quotidienne soviétique (vue de foule dans le métro, dans une gare, dans un bus…) comme des « moments arrêtés sur une réalité déprimante… » Vers 1987-1989, une série de ses portraits de Gorbachev fait la couverture du « Time ». Aujourd’hui, il aurait la cote la plus élevée parmi les artistes russes vivant en Russie. L’exposition de la galerie Regina marque le « come back » de l’artiste qui avait cessé de peindre en 1995, ses sujets de prédilection ayant disparu avec l’évolution de la société russe. Après une dizaine d’années, l’artiste s’est remis à la peinture et son come-back est autant personnel qu’un constat des changements de la vie en Russie.


Dans la M & J Guelman Gallery, l’artiste Dimitry Gutov exposait sa série « Used ». Il s’agit de ready-made assemblés de façon à évoquer les vitrines de magasins socialistes.

Dans le même bâtiment, au fond se cache une galerie avec plusieurs espaces d’art et une boutique de mode. Ce multi-marques propose une sélection très diversifiée de marques européennes, russes, de gadgets japonais, et de vintage de prêt-à-porter de maisons de couture comme Saint Laurent Rive Gauche, Miss Dior, Chanel (à des prix exorbitants).

Dans le bâtiment en face, je rencontre Elena Lounguine, la directrice du Rodchenko Moscow School of Photography & Multimedia. C’est elle qui a fondé un festival de la photographie devenu incontournable. Une exposition organisée avec Magnum occupe la partie haute du bâtiment. Dans le sous-sol, aux allures de crypte voûtée, se tient un colloque devant une assemblée nombreuse parmi laquelle figure l’ambassadeur de France et son épouse, des passionnés d’art contemporain.

Dans le bâtiment à gauche de l’entrée, je fais la connaissance du mari de Svetlana Tegin, une créatrice qui vient d’installer les locaux de sa marque de mode dans un vaste loft au dernier étage. (Tél : 8 985 763 3982  www.tegin.net). Son style explore aussi bien le futurisme, le gothique, l’onirique, avec des allusions aux cultures traditionnelles, notamment dans la collection de cet hiver dont elle a eu l’inspiration en visitant la Mongolie.


Les bâtiments de Winzavod :



Voiture couverte d’herbe à Winzavod :

 
Exposition de Dimitry Gutov à la M & J Guelman Gallery :

 
Une œuvre de la série « Used » de Dimitry Gutov :



L’artiste Semyon Faibisovich, de dos parlant à des invités de son vernissage à la galerie Regina :


Un tableau de Semyon Faibisovich :


Exposition Magnum :


Atelier de Svetlan Tegin à Winzavod :



Le mari de Svetlan Tegin :



Les toilettes sculpture en béton créés par le mari de Svetlan Tegin :


Un évier sculpté comme un sarcophage romain par le mari de Svetlan Tegin :

 

 

 

par Florence Muller publié dans : Art
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Mercredi 23 avril 2008

Impossible de faire un tour de shopping de Moscou sans commencer par le mythique Goum, cette cathédrale de marbre, grès, granite et verre, construite entre 1890 et 1893. Je l’avais vue, il y a une douzaine d’années, avec une allure soviétique peu avenante. Aujourd’hui, toutes les grandes marques y ont installé leurs boutiques phares. Au premier étage se trouve le Spa Dior, le premier au monde ouvert par la maison de l’avenue Montaigne.

 

Après un déjeuner au Café Vogue, rendez-vous des jeunes femmes riches et désoeuvrées, je pars en compagnie d’Anouschka Brochet et de sa fille Apollinaria, à la découverte des multi-marques moscovites. En commençant par le plus ancien à avoir présenté les créateurs en Russie : LeForm, sur la Povarskaya street 35/28. Leform possède d’autres boutiques et vient d’en ouvrir une dans un autre quartier dont je n’ai l’adresse qu’en caractères cyrilliques (Tél : (495) 660 02 80). L’intérêt, comme dans les autres multi-marques que nous verrons, c’est de voir la juxtaposition de créateurs européens et russes rassemblés par communauté de style. Côté créateurs européens on distingue un certain nombre de marques connues à Paris : A.F. Vandevorts, Alain Mikli, Comme des Garçons, Dries Van Noten, Histoire de Voir, Lagerfeld, Lutz, Martin Margiela, Tao, Véronique Branquinho, Y’s… A proximité de portants présentant un choix de Margiela et de sa ligne 6 et de Comme Garçons, est disposée une sélection de griffes où domine le minimalisme : Depercuny  et ses petites pièces simples avec quelques jolis détails, robes galonnées ou chemises à jabot, le style kawaï-casual d’Hiromi Tsuyoshi ou de Biryukov, avec des minirobes "chemisier" en vichy, des robes ou tops en pailles fines superposées de Lena Tsokalenko, des robes de campagne en cotonnade d’Inshade, et la griffe Mice qui fait penser à Dries Van Noten, mais en moins cher et en plus dépouillé avec ses motifs végétaux et ses gammes de couleurs sourdes.

Puis, à côté d’un restaurant de style français qui vient d’ouvrir « Les Zamis de Pycco », se trouve le multi-marques U.K. Style (Tél : 290 21 39 ou 202 65 80 . www.ukstyle.ru). Cette boutique appartient à la femme du propriétaire du club Justo. L’ambiance fait plutôt penser à Colette avec ses vendeuses branchées et sa sélection de concept store. L’architecture très découpée a permis de séparer chaque type de produits avec un coin pour le sport-ville avec notamment une excellente sélection de Perry Ellis, un coin british pointu avec dans les marques les plus connues Eley Kishimoto et un département de modèles « habillés » avec notamment toute une sélection de Martin Grant. La décoration est signée d’Andrei Kobzon, le fils d’un chanteur de variété extrêmement populaire, Iosiv.

La virée shopping s’est terminée par un multi-marques très confidentiel accessible uniquement sur rendez-vous, impossible à débusquer sans les connaissances pointues moscovites d’Anouschka. Le 9A Concept se cache derrière le nouveau club Raï (écrit phonétiquement) qui signifie « Paradis » en russe, dans un quartier d’anciennes usines, juste à côté d’une ancienne chocolaterie où le photographe de mode Anton Lange vient de présenter une exposition monographique. L’espace n’a pas de fenêtre et est animé par un charmant jeune homme au look inventif (queue-de-cheval à la chinoise, veston ouvert sur poitrail nu et tatoué, chaîne en or cachée dans l’entrecroisement du col…). Tout est mélangé sur des portants formant un vaste rectangle fermé, donnant une impression de « pièces uniques ». Pour pénétrer à l’intérieur, il faut écarter quelques modèles. Les jeunes clientes de ce lieu branché ont malgré tout, pour certaines, une allure très bling-bling (botox, lèvres refaites…). Pour prendre rendez-vous : 7 49 57725872.


Le Goum, au fond le Spa Dior :


Dans le Goum, vitrine de la boutique de design Kartell : 
Dans le Goum, vitrine du multi-marques de chaussures de créateurs Iris :


Angle de la boutique Dior sur la Place Rouge :


En trench-coat et sac Dior, je prends la pose devant la vitrine de Louis Vuitton face au mausolée de Lénine :


Façade de la boutique LeForm :

Intérieur de LeForm :
 
Au sous-sol de LeForm, Apollinaria et Anouschka. Anouschka porte un t-shirt décoré d’un dessin de sa fille, avec un Mickey Mouse un peu spécial : 
Intérieur de la boutique U.K. style :


Le rayon chic de U.K. style, avec le portant des modèles de Martin Grant au premier plan :


L’ancienne chocolaterie reconvertie en lieu d’art contemporain :


Entrée du club Raï (ou Paradis en russe) :


Intérieur de la boutique 9AConcept :

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Mardi 22 avril 2008

Billy Boy, après s’être illustré de façon particulièrement originale dans la mode parisienne des années 80, a donné une nouvelle dimension à son travail artistique en s’installant en Suisse. Son projet de fondation devrait voir le jour prochainement et sera l’écrin de son importante collection d’objets d’art et de mode traitant principalement de l’œuvre de la grande couturière Elsa Schiaparelli.

Ces dernières années, sa passion pour le monde de la poupée de mode s’est muée en un véritable concept artistique, le « Midvanisme », qui est à l’origine de très nombreuses expositions conçues par l’artiste et son alter ego Lala. (Les plus récentes au MUDAC et au Musée de l’Elysée de Lausanne. Egalement à signaler, un important article dans le magazine Fashion Femina d’avril 2008, « Dans la Maison du fou d’Elsa », avec toute une série de photos mettant en scène sur des personnalités un choix des plus belles robes de la collection de Billy Boy).

A la galerie Cramer de Genève, Billy Boy expose une série d’œuvres créées en collaboration avec Lala et le designer Philippe Cramer. Des maisons cubistes, dont le décor géométrique reprend le sujet de certains tableaux, renferment un décor pour poupées du futur. Les objets possèdent cette sophistication dans leur conception et réalisation qui rappellent la singularité de Billy Boy créateur de mode.

Jusqu’au 17 mai. Galerie Cramer + Cramer. 8 rue de la Muse. Genève.

www.philippecramer.com 

Billy Boy (à droite) et Philippe Cramer (à gauche), tentant de pénétrer dans leurs maisons miniature :

Cube maison avec des parois s’ouvrant et dotées de portes et fenêtres :


Intérieur du cube avec meubles miniatures :



Vue montrant le rapprochement entre les tableaux de Billy Boy et les objets maisons miniatures :

 
En conversation avec Sophie Cramer dans l’entrée de l’exposition :
 
Logo du Midvanisme :

 

par Florence Muller publié dans : Art
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Lundi 21 avril 2008

La galerie Analix Forever est une des plus intéressantes galeries d’art contemporain. Elle est dirigée par Barbara Polla, personnalité qui s’est illustrée sur la scène politique genevoise, médecin, directeur de recherche à l’INSERM, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la psychologie de l’apparence, fondatrice avec son mari Luigi Polla du premier Institut de beauté médicalisé en Europe, le Forever Laser Institut. La plupart des activités de Barbara Polla tourne autour de l’idée de Beauté qu’elle aborde sans ségrégations, au-delà des frontières de genres, sur les plans esthétiques, artistiques ou intellectuels. L’institut de Beauté qui comporte des œuvres d’une trentaine d’artistes, a été mis en scène par l’artiste-architecte Andreas Angelidakis. Dans sa galerie Analix Forever, elle a « découvert » de nombreux jeunes artistes dont Vanessa Beecroft dans les années 90. Elle a soutenu lors de son lancement le magazine Purple et créé des événements avec Viktor & Rolf ou Kris van Assche alors peu connus du public.

En ce moment se tient dans cette galerie une exposition sur le thème du travail, imaginée par Paul Ardenne et Barbara Polla en partant de la constatation que malgré l’importance de cette notion dans la société contemporaine, elle reste relativement  invisible dans le monde de l’image. "Working Man" a été conçue comme un questionnement sur les « nombreuses résonances  géopolitiques, psychologiques, culturelles… » du travail. Le directeur artistique de Dior Homme, Kris Van Assche, a imaginé une installation qui est le résultat d’un processus de défilé de sa dernière collection. Le 18 janvier 2008, des t-shirts défilaient marqués « Fuck you all » au milieu de machines à laver. A la fin du show, les hommes les retiraient pour les mettre à laver dans des machines symboles d’une « libération » de l’homme. Pendant toute la durée de l’exposition, deux de ces machines tournent, lavant inlassablement les t-shirts, insistant sur cette nécessité de se laver de tout ce qui encombre la vie pour se mettre au travail l’esprit libre. 

Jusqu’au 8 mai. Analix Forever. 25 rue de l’Arquebuse. CH-1204 Genève.
 

Olga Ivanova expliquant à un groupe d’étudiants en Beaux-Arts les Œuvres de Robert and Shana ParkeHarrison :

 
« Saint Georges » de Jeanine Woollard, 2008.
Un héros moderne constitué de réemplois d’objets du quotidien dont la banalité est transcendée par l’allusion à Saint Georges terrassant le dragon : 
Hunter’s Select Rib Knit Mask », 2007.
Rooster Five-Pocket Nail and Tool Apron, 2008.
Zoë Sheehan Saldana. 

L’artiste reproduit artisanalement des objets industriels achetés dans le commerce et replace dans les rayons du magasin son objet qui sera acheté par un client sans qu’il sache qu’il possède ainsi une œuvre d’art unique : 

Installation de Mike Bouchet. « Carpe Denim », 2004-08.
Des jeans produits dans une usine seront ensuite redistribués aux travailleurs de cette entreprise par un lâché dans les airs.


Installation de Kris Van Assche.
Stylos 5 frs.
Carnets 15 frs.


Lettres de non-motivation de  Julien Prévieux.
L’artiste répond à des petites annonces d’emploi par des lettres de non-motivation plus ou moins loufoques. Il réunit dans un livre ces lettres avec les réponses des entreprises, soit des lettres stéréotypées prouvant que son courrier n’a pas été lu, soit des lettres réagissant à son courrier pour le moins surprenant.

par Florence Muller publié dans : Art
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Lundi 21 avril 2008
Merci à Ruben Toledo pour mon portrait et son immense talent!
Merci à Pascal Gautrand pour sa création graphique et cette nouvelle maquette
Merci à Julie Leguay pour sa précieuse assistance quotidienne
Merci à Brice Crozat pour son solide appui technique
par Florence Muller
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