| Juillet 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||
C’est toujours un moment intense que de se retrouver en compagnie de Ruben et Isabel Toledo, deux artistes hors pair, à la sensibilité et au talent rares. L’occasion d’évoquer leurs projets et notamment celui de la première rétrospective importante qui sera consacrée à Isabel au Musée du Fashion Institude of Technology dans un an. Beaucoup pourraient s’étonner qu’une créatrice d’allure si jeune ait droit à un tel honneur. Mais Isabel, qui a commencé dès les années 80, a déjà une longue carrière derrière elle… Elle a élaboré, au long d’un parcours sans compromissions, une des œuvres les plus singulières aux Etats-Unis dans le domaine de la mode.
Devant un mural de Ruben Toledo, de gauche à droite : Ruben dans son habituelle tenue en Denim, Isabel dans une de ses créations et
moi-même en Christian Dior :
Les mêmes regardant le catalogue en version anglaise de l’exposition Yves Saint Laurent :
Sous le titre « Extase », l’artiste russe Annouchka Brochet exposait une série d’une dizaine d’œuvres récentes réalisées avec une nouvelle technique : la peinture habituellement réservée au verre et au vitrail, la gravure, le tout sur des plaques rétro-éclairées.
Les femmes d’Annouschka sont bien contemporaines avec leurs visages de mannequins de magazines. Leurs poses n’évoquent pas le porno-chic mais plutôt l’extase de Sainte Thérèse, œuvre célèbre du Bernin. C’est aussi une évocation dramatique du temps qui passe et qui efface la beauté, les traits des visages coulent et se brouillent tout comme le tracé du pinceau.
Annouchka Brochet à côté d’une de ses œuvres :
Détail d’une œuvre d’Annouchka Brochet :
Le Musée du Louvre et l’Opéra de Paris se sont associés pour proposer des soirées de danse dans les galeries de sculpture du musée. Le 13 juin dernier, Yann Bridard, présentait quatre créations chorégraphiques interprétées par les danseurs de l’Opéra de Paris dans quatre espaces différents au milieu des œuvres. De 7 heures à 21h30, ces quatre pièces étaient données en alternance obligeant les spectateurs à se déplacer dans les galeries. Cette vision croisée des corps sculptés et des corps en mouvement était tout à fait magique.
Yann Bridard interprétant un de ses créations sur le thème de la statuaire du musée :
Un duo entre art martial et rituel amoureux :
Sous les chevaux de Marly et sur une musique jouée par Goran Vejvoda :
Dans le quartier d’anciennes usines dit Ephémère se trouve la fonderie Darling transformée en centre d’art et devenue un des lieux incontournables de l’art contemporain de Montréal.
C’est dans ce vaste espace, ancien atelier de production de système de chauffage et de pompes à vapeur, qu’Aude Moreau exposait son tapis de sucre. Une œuvre constituée de deux tonnes et demi de sucre étalé en forme de rectangle et recouvert au pochoir de motifs de pigments et de charbon suggérant l’aspect d’un tapis oriental. Impressionnante installation éphémère qui se voudrait un commentaire critique sur l’exploitation par les pays riches des ressources des pays pauvres, en l’occurrence à travers la production de sucre. Mais dans le calme de la grande salle de la fonderie, on pense à d’autres œuvres d’ordre spirituelle, à ces mandalas de sable coloré que les tibétains offrent aux bouddhas… œuvres créées avec une infinie précision et patience et qui sera dissolue puis ensachée et dispersée en offrande dans une rivière.
Vue d’ensemble du tapis de sucre :
Détail du tapis montrant la fragilité de l’œuvre :
C’était un événement majeur que cette première exposition consacrée à Cuba dans un parcours croisé de son art et de son histoire que j’ai eu la chance de visiter en compagnie de Nathalie Bondil, Directeur du Musée et Commissaire. Une histoire qui commence dans des visions idylliques de paradis terrestres des paysages peints au XVIIIème siècle, qui se prolonge dans des visions sombres et sanglantes de révoltes et de guerre à la machette et qui s’achève dans la révolution et la prise de pouvoir par Fidel Castro avec ses héros disparus, Che Guevara… et ses spleens actuels d’artistes contemplant la mer et leur isolation du monde sur une île loin de tout.
« La Murale Cuba Colectiva »
Sorte de Who’s Who de l’art contemporain de 1967, ce mural a été peint par un groupe d’artistes choisis par Wilfredo Lam et invité par le
gouvernement de Fidel Castro dans le cadre du Salon de Mai de 1966 qui se déplaçait pour la première fois à Cuba. Tous les grands courants y figuraient : Surréalisme, Nouvelle Figuration,
Lettrisme, Situationiste, COBRA, Nouveau Réalisme, Pop Art, Op Art, Action Painting… Seule la case proposée à Fidel Castro resta vide.
Eskil Lam, le fils de l’artiste Wilfredo Lam commentant le mural :
« Maintenant jouons à disparaître II ». de Carlos Garaicoa, 2002.
Le monde des grands monuments de l’humanité brûle à la vitesse de consumation d’une bougie :
La triennale inaugurée au Musée d’art Contemporain a été organisée pour la première fois à Montréal par un groupe de quatre conservateurs : Josée Bélisle, Paulette Gagnon, Mark Lanctôt et Pierre Landry.
Le contenu est le résultat d’une enquête exhaustive sur ce qui constitue la scène artistique actuelle du Québec. Vaste entreprise qui a abouti à l’établissement d’une liste qui se veut complète d’artiste actifs aujourd’hui dans ce pays. A partir de là, 38 artistes ont été retenus pour figurer dans cet événement qui se dédie à une réflexion sur « l’état du monde et son avenir ».
Entrée du Musée d’art contemporain du Québec
:
Logopagus, by Doyon Rivest
:
« I feel gold today ».
Direction photo Stéphanie-Anne Weber Biron et Brigitte Henry :
Un film qui montre un bureau envahit par des bourrasques de neige. Une sorte de vision apocalyptique de Montréal en plein hiver ?
Une sphère construite en chaises :
Une statue allusion à la Guerre des Etoiles ?
Dans son exposition « The present is well out of hand » à la galerie Alain Gutharc, Emmanuel Lagarrigue a conçu un projet
« centré autour du temps et de la mémoire, de la transmission et des transformations qu’elle génère ». Plusieurs dispositifs se répartissaient dans deux lieux : les « Pristine
prisms » interprètent la fameuse lecture en onomatopées de John Gage, « To be continued » montre les traces d’un film invisible, "It is separate world" est une tentaive pour cerner
un événement qui échappe aux narrateurs et spectateurs et enfin « Still no guides » est un essai de reconstruction d’une mémoire collective.
A la galerie LH, l’exposition « This could be the right place» de Sylvain Rousseau regroupait ses « hits » et tout ce qu’il
affectionne dans la « culture commerciale » : le cactus, le pot blanc et toutes sortes d’objets qu’il met à plat, une manie chez lui d’aplatir les objets comme un enfant qui écrase
un jouet…. Sorte de commentaire édifiant sur la pauvreté des matières, le caractère factice des objets qui nous entourent dans un monde envahi par les faux, les démarques et les contrefaçons.
L’artiste livre ainsi « du paysage une cover commercialisable », sur fond de sculpture sonores qui étend l’espace. Et de conclure sur la question qui peut tous nous toucher :
« qu’advient-il quand les images du monde deviennent plus fascinantes, plus réussies que le monde lui-même ?
Sous le titre « From here to ear recycle zombiedrones », Céleste Boursier-Mougenot vient d’exposer ses œuvres d’art sonores à la galerie
Xippas. L’artiste les décrit comme des dispositifs créés à partir de situations ou d’objets les plus divers dont il extrait un « potentiel musical ». Il s’intéresse en particulier aux
bruits familiers comme celui d’une voiture qui passe, d’appareils électriques, d’une chaise déplacée… Mais ce sont surtout les « accidents » sonores et l’aléatoire dans ces dispositifs
qui impressionnent le plus l’auditeur. Des accidents qui créent la plus grande poésie comme dans cette exposition où des oiseaux deviennent malgré eux des « gratteurs » de guitares
qu’ils utilisent comme perchoirs. Dans la pièce transformée en volière, les oiseaux viennent se poser sur les instruments déclenchant la sonorité de guitares électriques amplifiées.
Charming !