Vendredi 21 mars 2008
Rendez-vous la semaine prochaine, à partir de mardi, sur Fashion-Eye pour un Journal de Chine, de retour de Shanghai et Pékin. Je vous parlerai de jeune photographie contemporaine en Chine, d'événements mode, de lieux à découvrir (shopping, expositions), et de dizaines de rencontres enrichissantes.
par Florence Muller
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Vendredi 21 mars 2008
Yves Saint Laurent a été profondément bouleversé par sa découverte du Maroc et a souvent été inspiré par les couleurs, les tissus et les formes du vêtement d’Afrique du Nord. La fondation Bergé-Yves Saint Laurent rend ici hommage à une des formes fondamentales de ce vêtement, le caftan. Habitant depuis 40 ans Marrakech, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent présentent cette exposition comme l’occasion de rendre une « dette artistique avec le Maroc, notre pays d’adoption ».
Des caftans authentiques du XVIIIème et XIXème siècle provenant de collections privées et du Musée d’Art Islamique du Jardin Majorelle, côtoient quelques modèles créés par Yves Saint Laurent. La cape aux Bougainvilliers de 1989 suggérée par la beauté des jardins de Marrakech est exposée à côté d’un caftan de la fin du XVIIIème siècle en soie rose et bleue galonnée d’or et appartenant à la collection Nour et Boubker Temli. La mise en scène « transporte » ces pièces de collections précieuses dans le contexte du merveilleux jardin de Majorelle.
 
Jusqu’au 31 août 2008

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Jeudi 20 mars 2008
Tout est plongé dans le bleuté-gris et dans une atmosphère mystérieuse propre à entretenir le mythe de la belle reine au destin tragique. Stefan Sweig dans son inoubliable biographie le voyait ainsi, ce destin : « Sans l’irruption de la Révolution dans son fol univers de plaisirs, cette princesse insignifiante aurait tranquillement continué à vivre comme des millions de femmes de tous les temps ; elle aurait dansé, bavardé, aimé, ri, se serait parée, aurait rendu visite et fait l’aumône… »
L’exposition du Grand Palais, conçue par Pierre Arrizoli-Clementel, Directeur Général du Château de Versailles et Xavier Salmon, s’attache à découvrir la vraie Marie Antoinette derrière la légende. 300 objets jalonnent le parcours d’une vie de Schönbrunn à la Conciergerie et forment autant de témoins d’un art de cour qui connaît alors un point culminant sous l’influence du goût sûr de la reine. Le décorateur de théâtre Robert Carsen a créé un écrin qui traduit ce goût de la fantaisie et du raffinement qui animait la reine, modèle d’élégance et de beauté de son temps.
 
Jusqu’au 30 juin 2008

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Mercredi 19 mars 2008

La visite du salon 1ère Classe est toujours une expérience assez frustrante… avec cette impression de n’avoir rien vu tant il y à voir ! Il faudrait au minimum une journée pour en faire le tour en détail. On en retient une impression de trop plein de créativité que le circuit de la mode ne pourra jamais épuiser… et pourtant sur beaucoup de stands, l’activité ne manque pas ! Dans l’entrée, une petite exposition met en scène la passementerie dans des interprétation inhabituelles. Puis dans le labyrinthe des allées je remarque la ligne en fourrure de Karine Arabian, mêlée à un cuir impression écaille… très joli ! … les modèles très hot-couture de Larare … la ligne Miroirs de Stefano Poletti, thème de prédilection qu’il revisite réguliérement, ici en découpes géométriques… Puis, je manque de temps pour faire des photos sur d’autres stands qui mériteraient aussi un examen plus attentif.

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Mardi 18 mars 2008
Salon Rendez-Vous à l'Espace Cardin
 
Le plus grand nombre d’exposants du salon Rendez-vous était présenté à l’espace Cardin… où tout l’espace disponible était exploité… Moyennant d’importants travaux pour mettre à niveau la salle de spectacle, en retirant les fauteuils et en créant un plancher. Du coup la présentation était beaucoup plus aérée et agréable à traverser. Les collections de vêtements côtoyaient de nombreuses lignes accessoires… beaucoup d’idées et de propositions intéressantes…Le maquillage aussi y figure avec la ligne vendue chez Colette d’Uslu Airlines et son procédé de couleurs posées par un micro-brumisateur.

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Lundi 17 mars 2008
Défilé John Galliano
 
Après avoir traversé le parvis glacé de la Grande Halle de la Villette et évité quelques groupes de types aux mines patibulaires et aux propos « limites », on était récompensé par un accueil chaleureux…. Quelques braseros indiquant l’entrée du défilé à grand spectacle comme John Galliano sait les faire ! Une féerie orientale de source indéterminée fait d’un vaste mélange d’inspirations de toutes sortes : indoues, chinoises, mille et une nuits et dans une vision cinématographique de la mode-costume de mise en scène personnelle. Quasiment toute la surface de la halle était occupée par un plateau de cinéma ou plutôt plusieurs plateaux pour tournage à caméra multiples, animée de personnages tenant bien leur rôle : un couple de jeunes princes lascifs, un duo de jardiniers sexy, une Marylin Monroe, une Edith Head, une femme de ménage tireuse de carte … L’heure et quart d’attente (à cause de Miss Rihanna qui a fait une entrée de star et a dû ainsi en agacer pas mal d’autres) passa vite à prendre des photos et à suivre les petites scénettes jouées par les figurants. Le spectacle avant le spectacle, celui des modèles de l’hiver 2008 ! Il y avait beaucoup d’esprit Poiret, années 10-20, mais comme toujours mêlé à bien d’autres éléments comme les bonnets géants de rasta.

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Igor Chapurin
 
Le créateur russe, Igor Chapurin, un des plus doués de la scène de mode moscovite, montrait sa collection au Carrousel dans un décor évoquant son pays : paysage hivernal, arbres recouverts progressivement d’une fine neige. La collection est bien équilibrée, avec ses lignes nettes et ses envolées de taffetas, ses perruques tonkinoises et ses harnais et étoles de fourrures.

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Vendredi 14 mars 2008
Défilé Commuun
 
Le duo de Commuun défilait pour la première fois au Carrousel, mais restait fidèle à son style révélé au cours de la précédente Fashion Week : avec tout un travail sur le volume, créant un mouvement de bascule vers l’avant ou l’arrière du corps… dans une palette toute en retenue.

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Défilé Hermès
 
Jean Paul Gaultier est revenu, après le dernier défilé hommage à l’Inde, à un style plus directement en rapport avec l’univers Hermès. De belles matières, des cuirs et des fourrures visiblement somptueuses tout en restant discrètes, des écharpes, des dessins cachemires, des lainages généreusement drapés … le tout défilant sur un immense tapis oriental de soie couvrant le mur de fond de scène et tout l’espace de défilé… et sur une bande son composée de main de maître par Thierry Planel, le complice de Gaultier en musique depuis quelques collections.

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Jeudi 13 mars 2008
Défilé Jean Charles de Castelbajac
 
Le très entraînant groupe Curry and Coco jouant live mettait déjà de bonne humeur, avec son chanteur à chevelure agitée. Tout le show se déroulait sur le même ton : pois blancs et rouge au sols et sur les mannequins, maquillages et détails clowns, paillettes et motifs pops… A la fin, elles dansaient toutes autour de Jean Charles !
 
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Défilé Junko Shimada
 
A l’Ecole des Beaux Arts, c’était un défilé-happening pour la nouvelle collection Junko Shimada. Cachées derrière une longue rangée d’alvéoles dorées, les mannequins attendaient leur tour… avant de déchirer le papier doré pour traverser l’enfilade … et promener leurs silhouettes aux graphismes comme toujours hauts en couleurs.

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Défilé Rue du Mail
 
Martine Sitbon avait choisi le couvent des Cordeliers pour sa deuxième collection sous sa nouvelle marque Rue du Mail. Beaucoup de robes tableaux, d’éléments complexes dans le travail de découpes et de montages qui animent une collection dominée par les robes.

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ES Orchestres
 
Encore de la musique live, mais cette fois-ci, jouée par un orchestre de chambre. Le japonais Sadaharu Hoshino, ancien étudiant de l’Institut Français de la mode, diplômé de plusieurs écoles prestigieuses et distingué par le Festival d’Hyères en 2001, fait défiler ses collections depuis l’été 2004. Cette dernière édition reste dans la même veine épurée et rigoureuse que les précédentes, avec un juste équilibre créé entre ses deux pôles favoris féminin-masculin. Les enroulements de vêtements à nouer, les biais et drapés, pourraient rappeler certains aspects du style des Mariot Chanet dans les années 90.

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Mercredi 12 mars 2008
Depuis quelques saisons Karl Lagerfeld pour Chanel défile sous la majestueuse verrière du Grand Palais. Cet espace monumental est bien indispensable pour placer les scénographies dignes d’un Cecil B. De mile que le couturier imagine. Pour l’hiver 2008, c’est un carrousel géant, un manège qui a été dressé au centre du bâtiment… dont les chevaux de bois auraient été remplacés par tous les objets « codes » de la maison : camélias, sac matelassé, escarpins, collier de perles, chaînes énormes et dans une patine or-argent qui atténue l’effet de gigantisme. Les mannequins sont réduits aux proportions de petites filles qui feront au final un tour de manège sur les codes virevoltant dans la grande fête de la mode. Les invitées sont en tenue Chanel festive : dans mon secteur, je note 4 vestes en damiers de paillettes noires, et 3 en tweed noir à quadrillage blanc.
Un spectacle pour les enfants émerveillés que nous souhaiterions rester, mais qui ne permet pas d’apprécier le travail tout aussi phénoménal mené dans la préparation de la collection et notamment sur les matières créées en exclusivités étonnantes : aperçu un tweed effiloché aux coudes de tailleurs… le suprême chic, un tailleur usé par un imaginaire travail… de bureau, d un acte répétitif comme la manipulation d’une souris d’ordinateur… ou pour faire « vintage »… cas impossible, le tailleur Chanel étant inusable ?

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Mardi 11 mars 2008
Vernissage de l'exposition "Warhol by Galella : That's great!"
 
Pour accompagner la sortie d’un bel ouvrage consacré au célèbre photographe de « celebrities », Ron Galella, Le Bon Marché présente une exposition de quelques photos montrant l’icône absolue de l’art contemporain, Andy Warhol dans son métier de jet-seteur, évoluant dans son univers quotidien de fêtes et mondanités. Quand on a prononcé ces deux noms cela suffit à faire venir les foules snobs d’aujourd’hui qui se pressaient déjà le soir du vernissage malgré l’espace plutôt exigu de l’accrochage !
 
Jusqu’au 22 mars 2008. En Mai l’exposition sera à New York puis à Los Angeles.

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Inauguration de la boutique Givenchy, 28 Faubourg Saint Honoré
 
Riccardo Tisci était là pour fêter sa nouvelle boutique, proche voisine du 24 Faubourg, l’adresse mythique d’Hermès… visiblement ravi de cet écrin de collections. Le parti pris scénographique donne la préférence à une construction architecturale forte basée sur le principe de plusieurs boîtes divisant l’espace. L’idée venant des boîtes l’emballage des maisons de couture comme Givenchy qui atteint le statut d’œuvre d’art.
Les matériaux de revêtement des parois alternent le chêne foncé, les boiseries moulurées blanches, des parois laquées noires et un sol en parquet à l’italienne. Au fond, une dernière boîte peut se fermer entièrement pour se transformer en salon d’essayage privé. L’impression d’ensemble est chaleureuse malgré l’aspect très épuré des galeries d’art. La répartition judicieuse des espaces fermés et ouverts protège l’intimité des clients du regard des passants… une intention louable. 

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