| Juillet 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||
Edmond Kiraz est le Pygmalion de ces Parisiennes qu’il observe dans les rues de Paris, à la terrasse des cafés et auxquelles il prête des répliques décapantes, comble de la sophistication, d’un snobisme léger, d’une désinvolture profonde à l’égard de la vie. Dominique Issermann a parfaitement compris le charme puissant de ces instantanés de parisianisme : « il a inventé ce métissage explosif, corps d’Afrique, buste d’Italie, regard de l’Est, cheveux du Nord, esprit de Paris… Puis on a assisté à un phénomène saisissant : les Parisiennes ont commencé à ressembler aux dessins de Kiraz. »
Né en 1923 au Caire, Edmond Kiraz s’est installé à Paris en 1946 après avoir été dessinateur politique en Egypte. C’est à partir du début des années 50 qu’il invente ces personnages de jeunes femmes élégantes, séduisantes, piquantes avec leurs silhouettes tout en jambes et leurs chevelures aux reflets brillants. Il a aussi saisi en plusieurs décennies de dessins la quintessence de l’esprit de la mode et de l’air du temps.
Dans cette première rétrospective organisée par le Musée Carnavalet, on découvre 230 œuvres dont les dessins de ses débuts en Egypte, 100 gouaches originales, le souvenir d’une collection créée par lui et présentée sur des mannequins vivants à l’image de ses dessins, une poupée mannequin, des toiles ….
A voir absolument !
Musée Carnavalet. 23 rue de Sévigné 75003 Paris. Jusqu’au 21 septembre 2008.
Des Parisiennes se promènent en affiche dans la cour du Musée Carnavaleux :
Série de dessins publicitaires pour les panty Scandale, de la fin des années soixante :
Des images de Paris, très mode et très peu touristiques :
Gouache publiée dans le magazine Jours de France, n°1106 avril 1979 et dans Gala n°233, novembre
1997 :
Poupée mannequin « La Parisienne »
D’après Kiraz, 1966
Fabricant Birgé-Neufchâteau :
Edmond Kiraz entouré de parisiennes en chair et en os :
A Hyères il n’y a pas que le programme officiel qui compte. Les
moments « entre » sont aussi importants que ça soit pour bronzer ou attraper un petit avant-goût de vacances d’été ou encore pour nouer des contacts avec des gens inhabituellement
détendus. Même pour un festivalier qui voudrait suivre le programme à la lettre, il reste encore les moments « libres » de déplacements entre les divers lieux de cette ville à la
géographie éclatée, les repas, les soirées….
Petit-déjeuner face à la mer. Dix mètres à faire pour se retrouver dans l’eau :
Déjeuner rapide des mannequins :
Conversation au sommet sur des histoires de looks :
D’autres conversations sur des histoires de …mode, sans doute ! Franc’ Pairon, Directrice du Département Création de l’IFM et Sonja de la
boutique Stilj de Bruxelles :
En petite robe de plage de Marc Jacobs et en compagnie de Luca Marchetti, professeur à l’IFM et Commissaire d’exposition
:
Quelques interprétations intéressantes du long jupon hippie chic. Et une ombrelle identique à la mienne :
Au centre Robert Normand :
Sieste sur la terrasse de la piscine :
Déjeuner au soleil. Pascal Gautrand de l'IFM et Caroline Ferreira de CULTURES FRANCE :
Didier Grumbach et ses invités pour un dîner à la terrasse de l’hôtel Bor :
Soirée au Casino :
Les Rencontres du Festival de Hyères se sont déroulées devant un auditoire très attentif aux questions évoquées, en commençant par celle de l’opportunité dans l’espace européen de l’Egypte, au cours d’une table ronde animée par Dominique Jacomet, Directeur Général de l’IFM. La question de la possibilité de réaliser des produits haut de gamme grâce au savoir-faire égyptien a été évoquée, avec un encouragement adressé aux créateurs à collaborer avec des entreprises égyptiennes. Puis Danièle Clutier, Professeur à l’IFM, a animé la table ronde sur « la Route de la soie, les tisseurs et créateurs européens », en compagnie de Mario Boselli, Président de la Camera Nazionale della Mode Italiana, de Roberto Bré, Directeur de la division Habillement et Accessoire de Mantero Seta, de Maurizio Galante et de Philippe Pasquier, Président du Directoire de Première Vision. Plus que la route de la soie dont Danièle Clutier a rappelé l’histoire brièvement, il a été question des difficultés à travailler dans le secteur de la création et de la recherche.
Le lendemain, dimanche, la salle était bien pleine, y compris de gens qui avaient fait la fête la veille à la soirée organisée par le festival au Casino. Une première table ronde sur l’internationalisation de la distribution était animée par Laurent Raoul, Professeur à l’IFM, et réunissait Cédric Charbit, Directeur adjoint des achats Mode Femme au Printemps, Ludovic Leboeuf, PDG d’Alain Figaret, Fançoise Sackrider, Directeur du programme Postgraduate Management de l’IFM et de Guillaume de Seynes, Directeur Général Adjoint Hermès International. L’intervention de ce dernier était très intéressante et portait sur la politique toute en prudence et très éloignée des calculs marketing de la maison Hermès. Le bon sens de l’arrière grand-père Hermès en matière de business étant le plus souvent cité en exemple. Puis la dernière table ronde sur le sujet de l’Immatériel dans la création et le patrimoine de la marque a pris des allures de débats plus vifs. Menée par Olivier Assouly, Directeur de la recherche et de l’édition de l’IFM, elle rassemblait Pascal Morand, Directeur Général ESCP-EAP, de Jérôme Neutres, attaché culturel français à New York/expert en Art Contemporain et de Catherine Gras, du Ministère de l’Economie. Finalement, on n’a pas appris grand chose sur l’immatériel, mais on a assisté à des échanges passionnés à propos des rapports de l’art contemporain et de la mode… un sujet qui fâche souvent, surtout depuis que les liens entre les deux univers sont de plus en plus intimes.
Table ronde animée par Dominique Jacomet :
De gauche à droite : Roberto Bré, Maurizio Galante, Danièle Clutier, Mario Boselli, Philippe Pasquier :
de gauche à droite :
Cédric Charbit, Fançoise Sackrider, Laurent Raoul, Guillaume de Seynes, Ludovic Leboeuf :
Pose café et téléphone entre deux conférences :
De gauche à droite :
Pascal Morand, Olivier Assouly Jérôme Neutres, Catherine Gras :
Pendant le festival de Hyères, plusieurs expositions particulièrement intéressantes occupaient le premier étage et les espaces autour de la piscine de la Villa Noailles. Michel Malard avait fait venir deux grandes stars de la photographie, Melvin Sokolsky et Scott Schuman, auteur du blog de looks le plus célèbre au monde, The Sartorialist. Avec la bonne idée d’organiser une visite guidée des expositions avec leurs auteurs. Tout à fait passionnant ! J’ai eu du mal à entendre les commentaires du Sartorialist entouré de beaucoup de monde, mais je n’ai rien manqué du discours extraordinaire de Melvin Sokolsky, auteur notamment de célèbres séries de photographies réalisées à Paris pour Harper's Bazaar au début des années 1960. Avec tout un plaidoyer en faveur de la création « pure », bien loin des questions d’argent qui agitent le monde actuel de la photographie de mode. L’auteur de ces étonnantes images de femmes descendues du ciel dans des bulles expliquait très simplement qu’il avait accompli tout cela sans le moindre effet spécial, avec des budgets très modestes. A Michel Mallard qui voulait lui faire dire avec quel appareil il avait pris telle ou telle image, il répondait que cela n’avait aucune importance, ce qui compte c’est ce que l’on veut dire , ce qu’il y a à voir dans l’image. Et dans cette magnifique sélection, du contenu il y en a en abondance. Chaque photo était l’occasion pour lui de raconter des histoires comme celle de Salvador Dali qui lui avait demandé un jour « Faites moi léviter », pensant à ces mannequins suspendues au-dessus du sol ou comment il avait fait improviser un studio photo à des étudiants avec des sacs-poubelles. Melvin sokolsky a ainsi séduit son auditoire médusé face à l’évocation de ces années soixante où la photo était une affaire d’artistes libres. Une rencontre mémorable !
A noter aussi la très belle exposition-installation d’Haider Ackermann, qui a suspendu ses créations à de puissants cordages tendus aux crochets prévus à l’origine pour les agrès au-dessus de la piscine. Très belles photographies également de Popel Coumou dans le salon rose, avec un regard original sur l’architecture de la Villa qui rappelle la peinture notamment d’Edward Hopper.
Scott Schuman fasciné par Maïda Gregori-Boina, Directrice Artistique Mode du Festival :
Exposition The Sartorialist. On remarque au centre la très rock’n roll rédactrice en chef de Vogue, Carine Roitfeld :
L’élégance des ex-étudiantes de l’IFM qu’on pourrait également encadrer :
Louise en robe de coton indien vintage hippie chic, en compagnie de Pascal Morand caché derrière ses lunettes de Men in Black :
Louise en super Baby Doll :
Un autoportrait de Melvin Sokolsky accompagné de son égérie qui l’avait accompagné à Hyères.
La photo qui a tout déclanché pour Melvin. Le mannequin manquait d’étouffer dans la bulle suspendue :
La fameuse série de photos faite avec la bulle dans Paris. Celle de gauche est la préférée de Melvin mais n’a pas été retenue par le
magazine Harper's Bazaar :
Au centre, on remarque cette merveilleuse photo d’un visage de femme projeté sur une fleur :
Melvin Sokolsky commentant son exposition :« To the light ». A sa gauche Michel Mallard, Directeur Artistique Photographie du Festival :
Une apparition qui aurait pu faire dire à Melvin Sokolsky que tout peut devenir sujet de photo de mode :
Exposition d’Haider Ackermann dans l'ancienne piscine de la Villa Noailles :
Pour la première fois depuis quelques années, les stylistes présentent leur travail en plein air dans un jardin suspendu accessible par la partie haute de la Villa de Noailles. Le lieu est très agréable mais éloigné du centre des activités de la Villa et beaucoup de non-initiés n’en ont pas trouvé le chemin !
La tente en plastique n’a pas été utile (cette année : grand beau temps) et a plutôt servi de solarium ! Cette nouvelle présentation
prenait des allures de mini-salon, les stylistes exposant les uns à côté des autres dans une ambiance champêtre. On pouvait néanmoins découvrir comme d’habitude leurs modèles et accessoires dans
les détails, leurs sources d’inspiration, leurs travaux de recherche…
Tout en haut de la villa, les expositions des stylistes sous une tente transparente :
Titipon Chitsantisook sur son stand de sa collection « Never ending story », en compagnie de Pop (surnom de Chalermkiat Khatikasemlert), ancien étudiant de l’IFM qui l’a aidé dans la
préparation :
Sur le stand de Stella Valentic & Julie Kéchichian, Robin de la boutique Mixte de Maria Luisa :
Accessoires de l’Autrichienne Isabelle Steger :
Géraldine Dormoy (Café Mode) fait connaissance avec Lucia Sanchez, la
styliste d’Argentine aux allures de mannequin :
Le vendredi soir 25 avril 2008, premier jour du Festival, le défilé des stylistes est présenté, comme depuis quelques années, dans une grande tente sur la plage. Cette fois, un chemin était construit sur le sable évitant de se tordre les pieds … lorsqu’on est chaussé évidemment de talons hauts obligatoires dans tout événement fashion ! Merci d’avoir pensé aux faibles femmes fragilisées par la mode !
L’ambiance générale était très agréable avec une dominante de rouge pour la salle et bois pour le podium. Et les éclairages toujours créés magistralement par Thierry Dreyfus.
Le rythme semblait plus accéléré que les dernières sessions, retenant ainsi l’attention en éveil et l’ordre des passages bien conçu pour créer des temps forts et des surprises. Dans l’ensemble il restait une impression générale d’une sélection bien équilibrée, avec une participation internationale accrue (l’Autriche, la Thaïlande et l’Argentine particulièrement bien représentées) et un niveau d’exigence élevé dans la qualité des collections. On peut noter la capacité de certains créateurs de créer un effet théâtral tout en maîtrisant parfaitement la notion de vêtement fait pour être (aussi) porté comme le Belge Jean-Paul Lespagnard.
Titipon Chitsantisook (Thaïlande) :
Lucia Sanchez (Argentine) :
Matthew Cunnington, le gagnant du Prix du Jury (Grande-Bretagne) :
Isabelle Steger (Autriche) :
Stella Valentic & Julie Kéchichian (France) :
Jean-Paul Lespagnard (Belgique) :
Léopold Ritondalle, l'ancien maire d’Hyères qui semblait inaltérable, s’est éteint le
21 février dernier et les discours d’inauguration du 23ème festival de la Mode et Photographie rendaient hommage à son soutien "sans faille" à cette organisation devenue une institution du
monde de la création. Le nouveau maire a fait une allusion humoristique aux discours légendaires de son prédécesseur, invariablement adressés sur le même ton paternel à « un petit
jeune » qui était venu le trouver avec une idée de faire venir la mode à Hyères… Peu d’invités au cocktail d’inauguration ont compris l’allusion. Mais Jean Pierre Blanc, le fondateur du
festival, lui, a souri à cette allusion et cet encouragement à continuer dans … la bonne voie favorable à l’émergence de la création ! Après les discours, les expositions ouvraient… mais
impossible de les voir toutes d’un coup si l’on voulait aussi retrouver les amis pour le cocktail sur la terrasse.
Discours
d'inauguration du 23ème Festival International de Mode et de Photographie. Jean Pierre Blanc au micro :
Aurélie Wacquand, derrière la baie vitrée, cocktail d’inauguration
:
Popel Coumou . « Rose Residence », Commande photographique. Grand Prix du Jury 2007 de la Photographie :
Eric Lebon. « Chambre d’ami » :
Dans l’escalier de la Villa, sculpture textile de Ludivine Caillard
:
Dans l’espace des trois salles voûtées dédiées à la présentation des œuvres du concours
photographique :
« Pieds de Poule » de Philippe Jarrigeon :
« Obviously » d’Audrey Corregan, dans l’exposition du concours photographique
:
Le Magasin du Printemps vit à l’heure du Summer of love 2008. Pour introduire le style très Boho chic de cet été, à la demande du magasin, j’ai conçu en compagnie d’Anouschka, une exposition sur les origines du style Boho chic qui forme la tendance principale de l’été. Choisie au milieu des milliers de pièces de costumes et accessoires griffés des grands noms de la couture et de la création qui composent le fonds du show-room-bibliothèque de mode d’Anouschka, une cinquantaine de silhouettes évoquent les correspondances de ce style dans les années 60 et 70. Une centaine de photographies sélectionnée par Gérald Chevalier dans le fonds d’archives du magazine l’Officiel complète cette évocation.
Voici un extrait du texte d’introduction de l’exposition :
« Le style Boho puise ses sources d’inspiration dans les années soixante et soixante-dix.
C’est un style libre et romantique, nourri de multiples influences, éloignées des conventions, un look qui s’inspire à l’origine de l’existence nomade des bohémiens. Les racines lointaines de ce phénomène remontent au XIXe siècle dans le milieu des artistes et des intellectuels parisiens, qui inventent la vie de bohème. Mais le phénomène de mode actuel se réfère plus précisément aux hippies chics des années 60-70 qui fréquentent Saint Tropez, Tanger, Goa, Marrakech ou Ibiza … Littéralement, ni totalement bourgeoise, ni totalement bohème, la bobo chic n’est jamais là où on l’attend. Elle surprend par son anticonformisme, mais ne souffre pas dans la marginalité. Elle refuse les usages vestimentaires classiques, mais apprécie les valeurs traditionnelles du raffinement. Son allure, ni pauvre, ni riche, se traduit par un art subtil des mélanges.
An 1967, Le Summer of Love et le Human-Be-in de San Francisco révèlent au grand public l’idéal hippie, qui va marquer profondément toute une génération. La « hippie de luxe » des années 60 assiste aux concerts de Woodstock, mais ne vit pas dans les communautés… trop rustique pour elle ! Elle se compose des looks uniques chez Yves Saint Laurent ou dans les souks de luxe de Jean Bouquin. Elle s’habille d’un rien, de la transparence du coton indien sur un corps nu, le corps libéré dans une vaste djellaba ou un caftan, un foulard noué à la paysanne ou en turban dans les cheveux, et beaucoup de bijoux ethniques… Dans les années 70, elle détourne les jupons, les caches corsets, les sabots, les capelines de sa grand-mère. Elle redonne du chic aux choses fanées en dénichant aux Puces les petites robes en biais des années trente qui côtoient dans sa garde-robe les blouses fleuries de Chloé ou les robes « rétro » de Biba. La chanson de Joni Mitchell « Boho Dance » de 1975, inspiré du livre de Tom Wolff « Painted Word », dresse le portrait complexe de la bohémienne chic. Aujourd’hui, l’idéalisme et la rébellion des hippies appartiennent au passé, reste un style désirable de « Beautiful People ».
A chaque étage, dans l’espace des ascenseurs, Alexandra Sennes a imaginé une mise en scène interactive sur le thème de la Bohème de luxe.
Au 7ème étage du Printemps de la Mode- Boulevard Haussmann-Paris (ascenseur direct jusqu’au 6ème étage. Sous la coupole de l’Auditorium). Jusqu’au 17
mai.
A gauche, groupe d’ensembles Yves Saint Laurent dont une robe d’inspiration chinoise de l’hiver 1979, au centre robe de Pucci, vers 1970 et à droite robe de Gudule, vers 1969 :
Deux mini-robes imprimées, à gauche Cacharel, été 1971 et à droite Chloé, vers 1970 :
Deux modèles de Biba vers 1972 :
Au premier plan, blouse et jupe en étamine de laine de Saint Laurent Rive Gauche Hiver 1975, derrière ensemble d’inspiration russe de la même griffe, Hiver 1976, plus loin, ensemble d’inspiration
gitane également d’Yves Saint Laurent, hiver 1977 :
Alexandra Sennes et Anouschka à gauche, Thibault Fouquet du Printemps au centre, et les étudiants du GFM (Executive MBA fondé par l’Institut Français de la Mode, le Fashion Institute of
Technology de New York et la Hong Kong Polytechnic University), avant la visite d’inauguration des expositions :
Les étudiants du GFM écoutant les explications données par Anouschka sur les costumes exposés :
Au cours du pot d’inauguration, à gauche Lubna Tlayoust,
directrice de la communication de "Suface to air", au centre Goran Vejvoda, à droite Nadine, styliste des collections "Surface to air" et enfin Nic Jones, Directeur du salon Rendez-vous
:
Impossible de faire un tour de shopping de Moscou sans commencer par le mythique Goum, cette cathédrale de marbre, grès, granite et verre, construite entre 1890 et 1893. Je l’avais vue, il y a une douzaine d’années, avec une allure soviétique peu avenante. Aujourd’hui, toutes les grandes marques y ont installé leurs boutiques phares. Au premier étage se trouve le Spa Dior, le premier au monde ouvert par la maison de l’avenue Montaigne.
Après un déjeuner au Café Vogue, rendez-vous des jeunes femmes riches et désoeuvrées, je pars en compagnie d’Anouschka Brochet et de sa fille Apollinaria, à la découverte des multi-marques moscovites. En commençant par le plus ancien à avoir présenté les créateurs en Russie : LeForm, sur la Povarskaya street 35/28. Leform possède d’autres boutiques et vient d’en ouvrir une dans un autre quartier dont je n’ai l’adresse qu’en caractères cyrilliques (Tél : (495) 660 02 80). L’intérêt, comme dans les autres multi-marques que nous verrons, c’est de voir la juxtaposition de créateurs européens et russes rassemblés par communauté de style. Côté créateurs européens on distingue un certain nombre de marques connues à Paris : A.F. Vandevorts, Alain Mikli, Comme des Garçons, Dries Van Noten, Histoire de Voir, Lagerfeld, Lutz, Martin Margiela, Tao, Véronique Branquinho, Y’s… A proximité de portants présentant un choix de Margiela et de sa ligne 6 et de Comme Garçons, est disposée une sélection de griffes où domine le minimalisme : Depercuny et ses petites pièces simples avec quelques jolis détails, robes galonnées ou chemises à jabot, le style kawaï-casual d’Hiromi Tsuyoshi ou de Biryukov, avec des minirobes "chemisier" en vichy, des robes ou tops en pailles fines superposées de Lena Tsokalenko, des robes de campagne en cotonnade d’Inshade, et la griffe Mice qui fait penser à Dries Van Noten, mais en moins cher et en plus dépouillé avec ses motifs végétaux et ses gammes de couleurs sourdes.
Puis, à côté d’un restaurant de style français qui vient d’ouvrir « Les Zamis de Pycco », se trouve le multi-marques U.K. Style (Tél : 290 21 39 ou 202 65 80 . www.ukstyle.ru). Cette boutique appartient à la femme du propriétaire du club Justo. L’ambiance fait plutôt penser à Colette avec ses vendeuses branchées et sa sélection de concept store. L’architecture très découpée a permis de séparer chaque type de produits avec un coin pour le sport-ville avec notamment une excellente sélection de Perry Ellis, un coin british pointu avec dans les marques les plus connues Eley Kishimoto et un département de modèles « habillés » avec notamment toute une sélection de Martin Grant. La décoration est signée d’Andrei Kobzon, le fils d’un chanteur de variété extrêmement populaire, Iosiv.
La virée shopping s’est terminée par un multi-marques très confidentiel accessible uniquement sur rendez-vous, impossible à débusquer sans les connaissances pointues moscovites d’Anouschka. Le 9A Concept se cache derrière le nouveau club Raï (écrit phonétiquement) qui signifie « Paradis » en russe, dans un quartier d’anciennes usines, juste à côté d’une ancienne chocolaterie où le photographe de mode Anton Lange vient de présenter une exposition monographique. L’espace n’a pas de fenêtre et est animé par un charmant jeune homme au look inventif (queue-de-cheval à la chinoise, veston ouvert sur poitrail nu et tatoué, chaîne en or cachée dans l’entrecroisement du col…). Tout est mélangé sur des portants formant un vaste rectangle fermé, donnant une impression de « pièces uniques ». Pour pénétrer à l’intérieur, il faut écarter quelques modèles. Les jeunes clientes de ce lieu branché ont malgré tout, pour certaines, une allure très bling-bling (botox, lèvres refaites…). Pour prendre rendez-vous : 7 49 57725872.
Le Goum, au fond le Spa Dior :
Dans le Goum, vitrine de la boutique de design Kartell :
Dans le Goum, vitrine du multi-marques de chaussures de
créateurs Iris :
Angle de la boutique Dior sur la Place Rouge :
En trench-coat et sac Dior, je prends la pose devant la vitrine de Louis Vuitton face au mausolée de Lénine :
Façade de la boutique LeForm :
Intérieur de LeForm :
Au sous-sol de LeForm, Apollinaria et
Anouschka. Anouschka porte un t-shirt décoré d’un dessin de sa fille, avec un Mickey Mouse un peu spécial :
Intérieur de la boutique U.K. style :
Le rayon chic de U.K. style, avec le portant des modèles de Martin Grant au premier plan :
L’ancienne chocolaterie reconvertie en lieu d’art contemporain :
Entrée du club Raï (ou Paradis en russe) :
Intérieur de la boutique 9AConcept :
Pour présenter sa collection automne hiver 2008-2009, la maison Lacoste a retranscrit dans son showroom le décor utilisé lors de son défilé de la Fashion Week de New York. L’ambiance des sports d’hiver et d’un confortable chalet de l’époque du film « La panthère rose » de Blake Edwards et Peter Sellars, est évoquée avec un sol tapissé de fourrures blanches, des raquettes et des bûches de bois, une table basse rustique et des bancs en bois massif au milieu de la pièce.
Cette ligne pour les sports d’hiver décline trois thèmes. Le premier s’inspire directement des années 30 et des premières combinaisons conçues pour le ski élégant pratiqué à Megève ou Gstaad. Comme un hommage rendu aux origines de la marque, ce thème comporte des combinaisons, des minis blousons et des pièces plus « mode » bien dans la tendance « jodhpurs » qui ne faiblit pas chez de nombreux créateurs pour la saison prochaine. Le second thème s’inspire des uniformes d’écoles qui ont été retravaillés dans les couleurs du drapeau jamaïcain par Christophe Lemaire, le directeur artistique de la marque au croco. Cette ligne se compose de polos-tuniques, de minis shorts évasés à plis, de robes-pulls à « foulard cravate », de blazers estampillés d’écussons comme le logo d’une prestigieuse école… Enfin, la dernière thématique fait écho à un univers plus disco, plus pop, avec des couleurs vives violet ou mauve…
Vue d’ensemble du showroom aussi confortable qu’un chalet de « sports d’hiver » :
Thème « disco-pop » :