Vendredi dernier était lancé le projet de concours Ethic Style 2008 conçu par deux jeunes diplômés de l’Institut d’Etudes Supérieur des Arts de Paris, Julien-Loïc
Garin et Guillaume de Raffin. Avec ce premier concours européen de mode éthique, le duo ambitionne d’attirer un éclairage nouveau sur ce domaine. Le vêtement s’inscrit déjà dans le contexte du
développement durable, mais manque bien souvent d’un souffle créatif qui le fasse sortir d’un territoire trop confidentiel réservé à des sympathisants déjà acquis aux questions
« éthic ».
Le projet prévoit à l’issue du concours, un défilé et une exposition. Le concours s’adresse à tous les jeunes créateurs européens qui seront sélectionnés en mars
prochain. Pour sa première édition, le concours s’appuie sur les écoles de stylisme et de modélisme et définit les possibilités en termes de matériaux et techniques ainsi que la pertinence
écologique des dossiers. Après une expérience professionnelle menée récemment à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, Julien-Loïc Garin saura sans doute marier ces exigences écologiques
aux impératifs de la mode, sinon à celles très complexes de la création de haute couture.
www.ethicstyle.net
par Florence Muller
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La galerie contemporaine du Musée des Arts Décoratifs reçoit une exposition itinérante sur l’œuvre très originale de Dieter Roth, créateur de bijoux. C’est un des
artistes majeurs de l’art contemporain qui s’est notamment distingué par son inter-disciplinarité, touchant à la peinture, sculpture, poésie, musique, cinéma, jusqu’au commissariat de ses propres
expositions. Dans la dernière partie de sa vie, Dieter Roth, alors installé en Islande, s’adonne à l’art du joaillier. Avec la complicité de l’orfèvre suisse Hans Langenbacher, il crée une
collection de bijoux tout à fait extraordinaire. Ce sont des modèles à décor variable. Le châton de chaque bague est dévissable. L’anneau est accompagné d’un choix de décors que l’on peut ainsi
modifier en le vissant. Avec les six modèles exposés à l’UCAD, on peut réaliser 40 modèles différents.
107 rue de Rivoli. 75001 Paris. Jusqu’au 11 mai 2008.



par Florence Muller
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Jeudi 14 février, les commissaires priseurs Beaussant et Lefèvre dispersaient une centaine de pièces confiées par les enfants de Colin Poiret, le fils du grand
couturier. C’était la vente de la dernière chance d’acquérir des objets en provenance directe de la famille d’un des plus grands créateurs de l’histoire de la mode et ayant été portés par Denise
Poiret, son épouse… La dernière occasion de posséder des témoignages de l’histoire formidable de ce révolutionnaire de la couture, notamment pour ceux qui n’avaient pu en acheter lors de la fameuse
vente organisée en 2005 avec 600 vêtements, accessoires et meubles. Cette fois-ci la vente était plus modeste en nombre de pièces, 124 costumes, accessoires, tableaux, meubles, documents. Elle
l’était aussi dans sa présentation réduite à sa plus simple expression : une petite salle à Drouot pour l’exposition, un petit catalogue illustré. On est loin du coup de projecteur formidable
apporté lors de la précédente vente par une superbe exposition organisée dans la galerie d’Azzedine Alaïa et un magnifique catalogue, ouvrage de référence complété d’un CD-Rom conçu par Françoise
Auguet, résultat d’un patient travail de recherches mené avec son équipe ! Mais les prix ont été comparativement plus élevés qu’en 2005, sans doute comme un effet secondaire de tout le travail
accompli lors de cette vente de 2005. Tous les musées capables d’acheter étaient là, à priori, soit dans la salle, soit au téléphone.
J’ai été étonnée par les écarts de prix curieux comme entre le manteau en lainage doublé de soie imprimée aux feuilles bleues et la robe Lavallière. Certes, il
existe un autre exemple de cette robe dans les collections de l’UFAC en soie ivoire doublée de soie violette. Mais ce modèle est fondamental dans l’histoire de la mode. Il représente en 1911 le
futur de la mode, avec une coupe à plat basée sur le rectangle. C’est un modèle de transition entre la coupe moulée à l’occidentale et la coupe à plat à l’orientale, visionnaire… une robe qui se
porte souple sur le corps simplement retenue aux hanches par une ceinture drapée. C’est en fait le prototype de toutes les robes sacs qui seront en vigueur une dizaine d’années plus tard, dans
les années 20 et qui « libèrent » le corps des femmes. La robe partira à « seulement » 23 000 euros ! Il y avait aussi l’ensemble Tanger qui avait fait l’objet d’un
ravissant tableau dans le magazine « La Gazette du Bon Ton » en 1920 sous le titre « Tanger ou les Charmes de l’exil » qui fera un prix inférieur. Un modèle inspiré par la
découverte de l’Afrique du Nord par Poiret après la première guerre mondiale. Plus révoltante sera la dispersion de l’ensemble « Lure », composé de la robe sari portée par Denise sur
une photo et les souliers coordonnés. Présentés sous deux numéros différents dans la vente, ils seront achetés par deux acquéreurs différents ! Les ensembles complets sont rarissimes dans
les musées de mode. Penser que cet ensemble est resté complet et en bon état pendant 84 ans… et que d’un petit coup de marteau, on accepte de les scinder en deux, est vraiment révoltant,
absurde !
Enfin, tout cela était évidemment très émouvant et m’a rappelé le moment où j’avais eu entre les mains ces modèles lorsque je travaillais à la préparation de
l’illustration du livre d’Yvonne Deslandres sur Paul Poiret publié aux Editions du Regard en 1986 !


par Florence Muller
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Le jury des "Coups de Coeur" récompense chaque année 6 créations présentées dans le cadre du Salon de la Maroquinerie. Ce salon est dédié aux aspects les plus variés
du sac (avant d'intégrer lors de la prochaine cession l'univers de la chaussure). Je participais au jury du 25 janvier dernier, l'occasion de découvrir quelques produits intéressants
conçus pour le voyage ou des transports plus quotidiens.
D'abord, j'ai me suis sentie un peu perdue au milieu d'alignements de sacs inspirés de toutes les tendances qui agitent le domaine de cet accessoire devenu une des
clefs de la mode. Rien ne retenait mon attention dans cette marée de "produits" dérivés des "it-bags" récents. Puis j'ai fini par dénicher quelques modèles intéressants, soit marqués
par l'authenticité du travail du cuir, soit par un design adapté à une fonction précise. Mes deux préférés sont la valise baptisée "Black Diamonds" de la marque anglaise Antler et le
sac de postier de la marque française Code Postal.
Le Black Diamonds est à mi-chemin entre la malle cabine et le bagage moderne et ergonomique. A l'intérieur, des compartiments isolent chaque type d'objets. Sa coque
taillée en diamants est propulsée par 4 roues motrices. La firme Antler est réputée pour ses bagages haut de gamme, tout en offrant quelques produits plus accessibles comme les valises aux
couleurs Pop "Camden Town".
Modèle Black Diamond et Camden Town de la marque Antler :

La marque Code Postal, fondée par Roland Perrossier, redonne vie aux sacs utilisés dans l'administration française des années 1900 à 1930. Au départ, associée avec le Musée de la Poste,
cette entreprise française a produit d'après des archives de l'institution postale des répliques de sacs de postiers. Aujourd'hui, face au succès de ces sacoches dont
la robustesse et l'authenticité font tout le charme, Roland Perrossier s'est risqué à donner à ces ré-éditions une touche mode. Sans perdre de vue le code couleur de
la poste, il a appliqué son fameux jaune à plusieurs modèles de sacs, pochettes, ceintures... Une musette des Postes de 1910 peut ainsi se transformer en sacoche d'ordinateur portable,
concentrant en un objet, selon Roland Perrossier, le passage de l'époque de la lettre à l'ère du courrier électronique.
par Florence Muller
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La boutique Mauboussin du 66 Avenue des Champs Elysées vient d'inaugurer un nouveau décor qui tranche avec les codes habituels de la joaillerie. L'espace a
été pensé par l’artiste Japonais Aki Kuroda dont j'ai fait la connaissance il y a quelques années. Ce peintre est devenu un des Japonais les plus parisiens de la capitale. Dans les soirées
qu'il organise dans son vaste atelier, se rencontrent les milieux de l'art, la mode, l'architecture, la littérature... Son registre d'expression s'est étendu au fil du temps touchant à
la décoration avec des collaborations aux spectacles d'Angelin Preljocaj, à la mise en scène de spectacles comme la série des Cosmogarden, à l'édition de revues d'art, à la littérature au
travers de liens avec Marguerite Duras ou Pascal Quignar... J'ai moi-même participé à un de ses spectacles-performances dans le cadre de la Manufacture des Oeillets en costumant ses
personnages.
Pour Mauboussin, Aki Kuroda a imaginé de ne pas enfermer les bijoux dans de classiques vitrines. Ils sont disposés dans un alignement de boîtes que les vendeurs
ouvrent à la demande. Au deuxième étage, Aki Kuroda, qui est un ami de Sonia Rykiel grande adoratrice du chocolat, a installé un bar à chocolat. Sa carte offre une palette de propositions allant
du chocolat à boire jusqu'aux chocolats à croquer. Que ce soit pour déguster des chocolats ou essayer des bijoux, ce salon se prête à ces deux rites dans l'ambiance colorée en jaune,
bleu, rouge et noir, chère au peintre. Les tables de dégustation font aussi office de présentoirs à bijoux.
Entrée de la boutique, à la même adresse que le nouveau concept store mode le « 66 » :

Boîtes « à bijoux » posées sur des consoles le long des fenêtres :

2ème étage de la boutique avec le bar à chocolat au fond :
Une oeuvre caractéristique d'Aki Kuroda au mur. Les couleurs et les motifs qui rythment les murs et les meubles renvoient à l'univers
artistique d'Aki Kuroda :

par Florence Muller
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