Mercredi 7 novembre 2007
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Un magnifique ouvrage, digne d'un bibliophile, accompagne l'exposition organisée au Musée d'Etat des Beaux Arts Pouchkine par Le Conservatoire Chanel et
cette institution russe.
Les liens entre Chanel et les artistes de son temps, mais aussi sa façon de se ressourcer constamment dans la modernité forment les fils conducteur du récit. Il y a
aussi la Chanel intime, passionnée et son histoire romancée. Mais l'originalité du livre ne tient pas à cet aspect déjà connu de la "Grande Mademoiselle". Elle est plutôt dans un exposé sensuel
et visuel qui se déroule dans l'ordre de la pagination. Avant chaque nouvelle séquence de cette sorte de film à animer en tournant les feuillets, des pages de couleurs introduisent le récit
qui suggère plutôt qu'il n'explique. Marika Genty qui signe les textes, évoque des tailleurs "Tous identiques, tous dissemblables, ses tailleurs gansés sont "d'incontournables standards"
dont aucune copie n'est venue à bout de l'originalité". Au delà de l'élégance de ce rythme donné par les couleurs et les textures variées, se dégage un sens presque tactile de l'univers
de Chanel. Les photographies de Jérôme Schlomoff surprennent les vêtements intimement enlacés avec les meubles du salon "reliquaire" de la rue Cambon. Celles d'Olivier Saillant, au contraire,
étonnent par des vues de costumes accrochés sur des cintres, qui par l'irréalisme de leurs poses atteignent à l'intemporalité, à l'état d'objet précieux.
L'exposition a été magistralement conçue sous la direction artistique de Jean Louis Froment qui dit de Chanel : "Elle comprend que la force sublime de l'art, c'est
la trace, et, qu'elle est le seul exercice culturel du temps".
Par Florence Muller
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Publié dans : Livres
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