Lundi 28 janvier 2008
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La Chambre Syndicale de la Haute Couture a commencé depuis quelques années à ouvrir son calendrier à de jeunes talents ou à des griffes émergentes, "étoffant"
ainsi ses rangs qui s'étaient clairsemés au fil du temps. Dorénavant, à côté des grandes maisons dont les structures restent en partie conformes à la définition de la haute couture donnée par la
Chambre Syndicale au cours des années 40, des maisons beaucoup plus modestes animent cette semaine de la couture qui se déroule du 21 janvier au jeudi 24 janvier, à la suite des défilés de
prêt-à-porter masculin. Quand la Chambre Syndicale a commencé ce mouvement en faveur de la jeune création, cette semaine de défilés avait un peu des allures de fourre-tout dans lequel
se côtoyaient le meilleur et le pire. Pour beaucoup ce n'était qu'une opportunité de calendrier. Aujourd'hui, ce rendez-vous Couture reste une bonne opportunité de profiter
d'un public plus attentif, grâce à un calendrier moins surchargé que pendant le prêt-à-porter. Mais la nouveauté c'est d'avoir inscrit dans ce calendrier de couture "élargi" de vrais
talents... qui laissent la place aussi à une programmation "off" également pleine de belles surprises.
Collection d'Avallon Vega :
La deuxième collection de ce duo a été particulièrement étonnante. Sur une bande son de Fred Sanchez, esquissant une ambiance recueillie, composée d'incantations aux
héroïnes de la tragédie antique, de lectures de textes bibliques sur fond de musique en suspens, passaient des femmes en drapés libres, retenus par des fibules ou fixés sur des brassières
courtes. On pouvait penser aux figurines crétoises en grand décolleté-corseté, au peplum, au sari, à toutes les civilisations qui ont manié avec grâce le tissus sans le couper, ni le coudre. Il
faut souligner la virtuosité d'un tel exercice qui pourrait sembler évident au néophyte. Manier l'étoffe sans qu'elle donne l'impression d'avoir été touchée suffit à créer l'étonnement. Mais ce
qui séduit plus instinctivement, c'est l'impression de primitivisme du vêtement, de cette esthétique brute, détachée de toutes influences modeuses, confrontée à la sophistication des parures. Et
pourtant l'un des deux membres d'Avallon Vega connaît bien le sujet puisqu'il est rédacteur de mode au magazine Numéro.
Collection d'Alexis Mabille :
Chez Angelina, Alexis Mabille présentait une collection pour femmes et hommes, selon son parti pris habituel. Mais cette fois-ci les looks féminins et masculins
étaient apparemment bien distincts même si certains détails passaient de l'un à l'autre. Quelques genres décoratifs ou vestimentaires étaient traités comme souvent chez lui à la
rupture de la citation faussement naïve : empiècement bordé de volants ou robe chemisier. Malgré l'effet guilleret, le tout conservait une tenue très couture ! J'ai aimé
particulièrement la robe chemisier longue en satin beige accompagnée d'un pardessus à col de renard. A noter aussi le manteau "paysage" pour garçons en vison Saga Furs.
Collection de Gustavo Lins :
La collection de Gustavo Lins défilait à la Galerie Joyce Ma, bel écrin pour un style intimiste et chaleureux. Le thème des enroulements de matières se déployait
en lainages et fourrures.
Collection de Cathy Pill :
Cathy Pill qui a souvent présenté son travail sous forme d'exposition passait ici à la vitesse supérieure en s'offrant les beaux salons du Ritz. L'occasion de
montrer qu'elle est capable d'aller au delà d'un style basé sur un graphisme affirmé. Plusieurs recherches de formes ont ainsi abouti à des volumes nouveaux : manches coulissées
jusqu'aux épaules, tailles habillées d'anti-corset souplement coulissées sur un simple débardeur...
Collection de Lefranc-Ferrand :
Un travail élaboré de créateurs confirmés par un parcours déjà bien rempli. Avec une maîtrise des volumes décollés du corps et maintenus par des
structures invisibles.
Par Florence Muller
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Publié dans : Mode
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