Jeudi 3 juillet 2008

Le Musée du Louvre et l’Opéra de Paris se sont associés pour proposer des soirées de danse dans les galeries de sculpture du musée. Le 13 juin dernier, Yann Bridard, présentait quatre créations chorégraphiques interprétées par les danseurs de l’Opéra de Paris dans quatre espaces différents au milieu des œuvres. De 7 heures à 21h30, ces quatre pièces étaient données en alternance obligeant les spectateurs à se déplacer dans les galeries. Cette vision croisée des corps sculptés et des corps en mouvement était tout à fait magique.

 

 

Yann Bridard interprétant un de ses créations sur le thème de la statuaire du musée :

 

Un duo entre art martial et rituel amoureux :

 

 

Sous les chevaux de Marly et sur une musique jouée par Goran Vejvoda :

 

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Vendredi 27 juin 2008

Dans le quartier d’anciennes usines dit Ephémère se trouve la fonderie Darling transformée en centre d’art et devenue un des lieux incontournables de l’art contemporain de Montréal.

C’est dans ce vaste espace, ancien atelier de production de système de chauffage et de pompes à vapeur, qu’Aude Moreau exposait son tapis de sucre. Une œuvre constituée de deux tonnes et demi de sucre étalé en forme de rectangle et recouvert au pochoir de motifs de pigments et de charbon suggérant l’aspect d’un tapis oriental. Impressionnante installation éphémère qui se voudrait un commentaire critique sur l’exploitation par les pays riches des ressources des pays pauvres, en l’occurrence à travers la production de sucre. Mais dans le calme de la grande salle de la fonderie, on pense à d’autres œuvres d’ordre spirituelle, à ces mandalas de sable coloré que les tibétains offrent aux bouddhas… œuvres créées avec une infinie précision et patience et qui sera dissolue puis ensachée et dispersée en offrande dans une rivière.

 

Vue d’ensemble du tapis de sucre :

 

Détail du tapis montrant la fragilité de l’œuvre :

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Mardi 24 juin 2008

C’était un événement majeur que cette première exposition consacrée à Cuba dans un parcours croisé de son art et de son histoire que j’ai eu la chance de visiter en compagnie de Nathalie Bondil, Directeur du Musée et Commissaire. Une histoire qui commence dans des visions idylliques de paradis terrestres des paysages peints au XVIIIème siècle, qui se prolonge dans des visions sombres et sanglantes de révoltes et de guerre à la machette et qui s’achève dans la révolution et la prise de pouvoir par Fidel Castro avec ses héros disparus, Che Guevara… et ses spleens actuels d’artistes contemplant la mer et leur isolation du monde sur une île loin de tout.

 

 

« La Murale Cuba Colectiva »

Sorte de Who’s Who de l’art contemporain de 1967, ce mural a été peint par un groupe d’artistes choisis par Wilfredo Lam et invité par le gouvernement de Fidel Castro dans le cadre du Salon de Mai de 1966 qui se déplaçait pour la première fois à Cuba. Tous les grands courants y figuraient : Surréalisme, Nouvelle Figuration, Lettrisme, Situationiste, COBRA, Nouveau Réalisme, Pop Art, Op Art, Action Painting… Seule la case proposée à Fidel Castro resta vide.

 

 

Eskil Lam, le fils de l’artiste Wilfredo Lam commentant le mural :

 

 

« Maintenant jouons à disparaître II ». de Carlos Garaicoa, 2002.

Le monde des grands monuments de l’humanité brûle à la vitesse de consumation d’une bougie :

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Lundi 23 juin 2008

La triennale inaugurée au Musée d’art Contemporain a été organisée pour la première fois à Montréal par un groupe de quatre conservateurs : Josée Bélisle, Paulette Gagnon, Mark Lanctôt et Pierre Landry.

Le contenu est le résultat d’une enquête exhaustive sur ce qui constitue la scène artistique actuelle du Québec. Vaste entreprise qui a abouti à l’établissement d’une liste qui se veut complète d’artiste actifs aujourd’hui dans ce pays. A partir de là, 38 artistes ont été retenus pour figurer dans cet événement qui se dédie à une réflexion sur « l’état du monde et son avenir ».

Entrée du Musée d’art contemporain du Québec :

Logopagus, by Doyon Rivest :
 
« I feel gold today ». Direction photo Stéphanie-Anne Weber Biron et Brigitte Henry :


Un film qui montre un bureau envahit par des bourrasques de neige. Une sorte de vision apocalyptique de Montréal en plein hiver ?

Une sphère construite en chaises :

Une statue allusion à la Guerre des Etoiles ?

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Mardi 10 juin 2008

Dans son exposition « The present is well out of hand » à la galerie Alain Gutharc, Emmanuel Lagarrigue a conçu un projet « centré autour du temps et de la mémoire, de la transmission et des transformations qu’elle génère ». Plusieurs dispositifs se répartissaient dans deux lieux : les « Pristine prisms » interprètent la fameuse lecture en onomatopées de John Gage, « To be continued » montre les traces d’un film invisible, "It is separate world" est une tentaive pour cerner un événement qui échappe aux narrateurs et spectateurs et enfin « Still no guides » est un essai de reconstruction d’une mémoire collective.


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Lundi 9 juin 2008

A la galerie LH, l’exposition «  This could be the right place» de Sylvain Rousseau regroupait ses « hits » et tout ce qu’il affectionne dans la « culture commerciale » : le cactus, le pot blanc et toutes sortes d’objets qu’il met à plat, une manie chez lui d’aplatir les objets comme un enfant qui écrase un jouet…. Sorte de commentaire édifiant sur la pauvreté des matières, le caractère factice des objets qui nous entourent dans un monde envahi par les faux, les démarques et les contrefaçons. L’artiste livre ainsi « du paysage une cover commercialisable », sur fond de sculpture sonores qui étend l’espace. Et de conclure sur la question qui peut tous nous toucher : « qu’advient-il quand les images du monde deviennent plus fascinantes, plus réussies que le monde lui-même ?


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Mercredi 21 mai 2008

Sous le titre « From here to ear recycle zombiedrones », Céleste Boursier-Mougenot vient d’exposer ses œuvres d’art sonores à la galerie Xippas. L’artiste les décrit comme des dispositifs créés à partir de situations ou d’objets les plus divers dont il extrait un « potentiel musical ». Il s’intéresse en particulier aux bruits familiers comme celui d’une voiture qui passe, d’appareils électriques, d’une chaise déplacée… Mais ce sont surtout les « accidents » sonores et l’aléatoire dans ces dispositifs qui impressionnent le plus l’auditeur. Des accidents qui créent la plus grande poésie comme dans cette exposition où des oiseaux deviennent malgré eux des « gratteurs » de guitares qu’ils utilisent comme perchoirs. Dans la pièce transformée en volière, les oiseaux viennent se poser sur les instruments déclenchant la sonorité de guitares électriques amplifiées. Charming !



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Mercredi 30 avril 2008
Dans la galerie d’Anne Barrault, Ramuntcho Matta présente une exposition de ses œuvres récentes sous le titre « ludicité » qui rimerait plutôt avec « ludique ». Il s’agit d’une « vaste aire de Je », selon l’artiste qui n’est pas avare en jeux de mots et d’esprit. Avec ces objets de Je, il propose de « jouer à sa vie comme on joue aux cartes ou à la marelle ». Avec deux objets en verre visiblement bien complémentaires, il vous indique les règles du jeu amoureux en accord ou désaccord, selon l’orientation. Des yoyos multiples sont impossibles à mettre en œuvre, car ils s’adressent à tous les doigts de la main simultanément. Le plus « fashion » de ces objets est un chapeau qui aide à prendre des décisions. Composé de formes géométriques de feutre alternativement noires et blanches et formant un damier, il est surmonté d’une lanière lestée d’un dé en matière « scratch ». Il suffit de poser une question, de balancer la tête et de voir où s’accrochera le dé jaune. En ayant auparavant décidé de la couleur d’une réponse positive ou négative. Pour les plus conventionnels, je suggère blanc pour un « oui » et noir pour un « non » !

Jusqu’au 31 mai 2008 Galerie Anne Barrault 22 rue Saint Claude 75003 Paris www.galerieannebarrault.com




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Jeudi 24 avril 2008

Le samedi après-midi à Moscou, comme à Paris, est consacré aux vernissages de galeries d’art. Ceux du quartier de Winzavod, une sorte de Soho moscovite, attirent une foule d’amateurs dans ces anciens entrepôts de vins rachetés par la femme d’un milliardaire et transformés en galeries d’art, boutiques de mode et lofts pour des activités artistiques.


La Regina Gallery présentait l’exposition « Come back » consacrée à Semyon Faibisovich. Cet artiste qui est aussi écrivain et essayiste, a débuté dans les années 70 et s’est fait connaître à l’Ouest à travers les années 80 en exposant aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suisse… Il est connu comme le représentant le plus célèbre de l’hyperréalisme russe. Lui-même se réfère au « photoréalisme » comme une technique procédant de la photographie. On lui a ensuite attribué la notion "d’hypnoréalisme" par sa capacité à capter des instants de la vie quotidienne soviétique (vue de foule dans le métro, dans une gare, dans un bus…) comme des « moments arrêtés sur une réalité déprimante… » Vers 1987-1989, une série de ses portraits de Gorbachev fait la couverture du « Time ». Aujourd’hui, il aurait la cote la plus élevée parmi les artistes russes vivant en Russie. L’exposition de la galerie Regina marque le « come back » de l’artiste qui avait cessé de peindre en 1995, ses sujets de prédilection ayant disparu avec l’évolution de la société russe. Après une dizaine d’années, l’artiste s’est remis à la peinture et son come-back est autant personnel qu’un constat des changements de la vie en Russie.


Dans la M & J Guelman Gallery, l’artiste Dimitry Gutov exposait sa série « Used ». Il s’agit de ready-made assemblés de façon à évoquer les vitrines de magasins socialistes.

Dans le même bâtiment, au fond se cache une galerie avec plusieurs espaces d’art et une boutique de mode. Ce multi-marques propose une sélection très diversifiée de marques européennes, russes, de gadgets japonais, et de vintage de prêt-à-porter de maisons de couture comme Saint Laurent Rive Gauche, Miss Dior, Chanel (à des prix exorbitants).

Dans le bâtiment en face, je rencontre Elena Lounguine, la directrice du Rodchenko Moscow School of Photography & Multimedia. C’est elle qui a fondé un festival de la photographie devenu incontournable. Une exposition organisée avec Magnum occupe la partie haute du bâtiment. Dans le sous-sol, aux allures de crypte voûtée, se tient un colloque devant une assemblée nombreuse parmi laquelle figure l’ambassadeur de France et son épouse, des passionnés d’art contemporain.

Dans le bâtiment à gauche de l’entrée, je fais la connaissance du mari de Svetlana Tegin, une créatrice qui vient d’installer les locaux de sa marque de mode dans un vaste loft au dernier étage. (Tél : 8 985 763 3982  www.tegin.net). Son style explore aussi bien le futurisme, le gothique, l’onirique, avec des allusions aux cultures traditionnelles, notamment dans la collection de cet hiver dont elle a eu l’inspiration en visitant la Mongolie.


Les bâtiments de Winzavod :



Voiture couverte d’herbe à Winzavod :

 
Exposition de Dimitry Gutov à la M & J Guelman Gallery :

 
Une œuvre de la série « Used » de Dimitry Gutov :



L’artiste Semyon Faibisovich, de dos parlant à des invités de son vernissage à la galerie Regina :


Un tableau de Semyon Faibisovich :


Exposition Magnum :


Atelier de Svetlan Tegin à Winzavod :



Le mari de Svetlan Tegin :



Les toilettes sculpture en béton créés par le mari de Svetlan Tegin :


Un évier sculpté comme un sarcophage romain par le mari de Svetlan Tegin :

 

 

 

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Mardi 22 avril 2008

Billy Boy, après s’être illustré de façon particulièrement originale dans la mode parisienne des années 80, a donné une nouvelle dimension à son travail artistique en s’installant en Suisse. Son projet de fondation devrait voir le jour prochainement et sera l’écrin de son importante collection d’objets d’art et de mode traitant principalement de l’œuvre de la grande couturière Elsa Schiaparelli.

Ces dernières années, sa passion pour le monde de la poupée de mode s’est muée en un véritable concept artistique, le « Midvanisme », qui est à l’origine de très nombreuses expositions conçues par l’artiste et son alter ego Lala. (Les plus récentes au MUDAC et au Musée de l’Elysée de Lausanne. Egalement à signaler, un important article dans le magazine Fashion Femina d’avril 2008, « Dans la Maison du fou d’Elsa », avec toute une série de photos mettant en scène sur des personnalités un choix des plus belles robes de la collection de Billy Boy).

A la galerie Cramer de Genève, Billy Boy expose une série d’œuvres créées en collaboration avec Lala et le designer Philippe Cramer. Des maisons cubistes, dont le décor géométrique reprend le sujet de certains tableaux, renferment un décor pour poupées du futur. Les objets possèdent cette sophistication dans leur conception et réalisation qui rappellent la singularité de Billy Boy créateur de mode.

Jusqu’au 17 mai. Galerie Cramer + Cramer. 8 rue de la Muse. Genève.

www.philippecramer.com 

Billy Boy (à droite) et Philippe Cramer (à gauche), tentant de pénétrer dans leurs maisons miniature :

Cube maison avec des parois s’ouvrant et dotées de portes et fenêtres :


Intérieur du cube avec meubles miniatures :



Vue montrant le rapprochement entre les tableaux de Billy Boy et les objets maisons miniatures :

 
En conversation avec Sophie Cramer dans l’entrée de l’exposition :
 
Logo du Midvanisme :

 

par Florence Muller publié dans : Art
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