Par Florence Muller
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La scène française sonore expérimentale est de plus en plus active avec des programmations qui
permettent de découvrir des personnalités aux antipodes du monde du show biz. La Maison des Métallos consacrait un nouveau volet de sa programmation à "Bruits de fond", samedi 17 janvier dernier.
Dans la salle Claire, Frédéric Nogray lançait les premiers "bruits" de la soirée sur son ensemble de bols en cristal de roche, générant une sonorité douce presque électro-acoustique.
Malheureusement avec un son pas suffisamment puissant pour la taille de la salle. Puis Joachim Montessuis, un "Strong Droner", créateur du label Erratum, et enfin, Ivan Pavlov aka Coh suivaient
sur leurs consoles respectives, dans la salle Noire.
Frédéric Nogray:
Joachim Montessuis:
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Vendredi 26 décembre 2008
Dans la nuit hivernale de cette fin d'année 2008, la Nef du Grand Palais s'est
illuminée d'un événement en grand écran dédié aux arts audiovisuels. Ce mercredi 17 décembre dernier, il valait mieux être chaudement vêtu pour se rendre à cette invitation car la
grande nef concentre la froidure de saison. Mais la programmation impressionnante rassemblant le meilleur de la création numérique vaut le déplacement. Orchestrée par l'Ecole d'art Le
Fresnoy, elle comprend 130 oeuvres présentées sur des écrans gigantesques ou minuscules. Avec des oeuvres captivantes ou surprenantes, comme celle de Kurt Hentschlager (Autriche), c'est
une façon d'embrasser librement la création numérique dans toutes des fomes et des thèmes très variés. La manifestation clôt la Présidence européenne française.
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Emanuelle Carcano, l'éditeur célèbre (bien que discret et modeste) dans le monde des expressions sonores
contemporaines pour avoir fondé le très respecté label "Alga Marghen" vient d'organiser la première rencontre "Oeuvres sonores" à Beaubourg, le 15 décembre dernier. Le Centre Pompidou a donné
carte blanche à Carcano pour la programmation de cette soirée. Ce commissaire éclairé a invité trois artistes fameux dans ce domaine de l'art et du son: le compositeur Charlemagne Palestine, le
trompettiste Jac Berrocal et le magicien du son Ghédalia Tazartès (et le groupe Reines d'Angleterre). Ils intervenaient successivement avec différentes performances entrecoupées d'écoutes
d'oeuvres de Bernard Heidsieck, Brion Gysin, Robert Ashley, Charles Amirkhanian, Laurence Weiner et du poète John Giorno ancien compagnon d'Andy Warhol...
Jac Berrocal, Charlemagne Palestine, Emanuele Carcano:
Ghédalia Tazartès & Daniel Dehays:
Jac Berrocal en pleine performance:
La pochette de disque montrant William Burroughs & John Giorno, illustrant l'écoute d'un morceau de
ce dernier:
Oeuvre de John Giorno illustrant l'écoute d'un de ses morceaux. Galerie Almine Rech:
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Évidemment il y avait une foule et une attente d'une heure environ lors du vernissage de l'exposition Gainsbourg à la Cité de la Musique. Serge Gainsbourg est tout de même le plus
grand musicien pop français ! Fascinant parce que ce génie prolifique a excellé dans tous les genres musicaux tout en élevant la chanson populaire française au rang d'art. Mais aussi pour avoir
incarné l'époque, les époques qu'il a marquée de son style et de son attitude non-conformiste. Le monde de la mode était particulièrement bien représenté ce soir, sans doute pour deux raisons:
Frédéric Sanchez signe le commissariat de l'exposition et pour le rôle prépondérant joué par Gainsbourg dans les images de mode des années 60-70-80. De nombreuses photos et extraits de films
composent une impressionnante galerie de jolies filles dont il a été le Pygmalion. Les plus célèbres: BB en cuissardes et Harley Davidson et Jane Birkin au charme faussement naïf.
Jusqu'au 1er mars 2009. Cité de la Musique. Paris
Philippe Manoeuvre interviewé à côté d'un portrait de Gainsbourg photographe:
"Lux 11". 1960. Nicolas Scöffer. Objet sonore en acier inox poli "miroir". Brigitte Bardot, habillée d'une robe métallique de Paco Rabanne, a enregistré en 1967 la
chanson de Gainsbourg "Contact" devant cet objet créé par le père de l'art Cybernétique. Le tournage s'est déroulé dans le cadre de l'exposition "Lumière et mouvement" au Musée d'Art Moderne de
la Ville de Paris, la première exposition d'art cinétique en France:
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Après avoir été lancée à Lyon, la dernière création d'Angelin Preljocaj était présentée à Paris au théâtre de Chaillot, avec le même succès. C'est
une salle en délire qui l'a acclamé, ainsi que Jean Paul Gaultier, pour ses fabuleux costumes et Thierry Leproust, pour ses décors très évocateurs d'un univers enchanté. La chorégraphie très
narrative reprend tous les temps forts de cette histoire qui fait partie de l'imaginaire collectif. Blanche Neige est très douce, son prince très beau et la méchante reine terriblement diabolique
et fascinante.
Le même soir, Françoise Cruz lançait un beau livre consacré à l'œuvre d'Angelin Preljocaj et publié aux éditions Naïve. L'éditrice a mis l'accent
sur la pluralité de son oeuvre, de ses collaborations et de ses centres d'intérêt. On y découvre notamment un Preljocaj peintre d'un style fortement réaliste tempéré par des cadrages décalés sur
ses modèles.
La méchante reine se mirant en son miroir:
Livre de Françoise Cruz sur Angelin Preljocaj aux Editions NaÏve:
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Pour la dernière Nuit Blanche parisienne, Ryoji Ikeda a élevé en lumière le double de la Tour
Montparnasse. Mais pour un effet plus saisissant que son modèle. L'ensemble des faisceaux lumineux donnait l'impression d'aller frapper là-haut chez Dieu le Père. Et ailleurs dans la capitale,
loin de leur source, ils dessinaient une pleine lune.
Certainement l'oeuvre la plus puissante de la soirée et la plus réussie de l'artiste.
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Le Louvre ouvre progressivement ses départements aux arts vivants avec des soirées Carte Blanche
confiées à des artistes, musiciens ou danseurs. Après les chorégraphies de Yann Bridard dans les salles de la sculpture, c'était au tour de Marcelline Delbecq de s'exprimer librement dans les
salles de la peinture française. Un spectacle conçu comme un parcours à travers les salles, avec des comédiens jouant verbalement avec les tableaux. Il s'agissait d'interprétations imaginaires
des oeuvres, jeu de dialogues entre le comédien et les personnages muets des tableaux, construction d'une histoire de l'art poétique invitant à regarder les chef-d'oeuvres sous un jour inattendu.
Ou comment regarder un tableau différemment, loin d'une vision académique de l'histoire. Une très belle soirée.
Deux comédiens interprétant les textes conçus par Marcelline Delbecq pour sa visite guidée du Louvre:
Benoît Delbecq et son piano préparé:
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