Jeudi 20 décembre 2007
Pour peu que l'on soit proche du milieu de la mode, au cours des mois de novembre et décembre on vit au rythme des soldes organisées par les maisons de luxe et de création. Plusieurs invitations par jour ! Impossible de se rendre à toutes ces invitations, il faut faire des choix. Autrefois le vocabulaire employé dans ce genre était clair : braderie pour des ventes à prix vraiment amicaux, ventes de presse pour des prix un peu plus élevés. On était reçu dans les bureaux de presse de chaque maison qui proposaient les modèles d'une ou plusieurs saisons en arrière. C'était souvent des cavernes d'Ali-baba dans lesquelles on découvrait des trésors et notamment des modèles "pièces uniques" de défilé. L'idée des organisateurs était simple : faire plaisir aux amis, voir les créations les plus avant-garde portées dans la vie réelle et faire place nette pour les prototypes de la saison suivante. Des moments de fêtes et d'excitation quand il devient possible de s'approprier les modèles les plus originaux vus sur le podium !
 
Aujourd'hui, devant le succès rencontré par ce type d'opération, on sent comme une dérive : les départements de communication des marques fonctionnent quasiment comme des boutiques, utilisant d'ailleurs le terme de "ventes privées" des magasins qui auparavant s'appliquait aux pré-soldes réservées aux meilleures clientes avant Noël. Les prix correspondent souvent à 50% du prix public de vente, c'est-à-dire le même que celui pratiqués lors des soldes "officielles" du mois de janvier. Mais avec pas mal d'inconvénients en plus : files d'attente dans le froid, comité d'accueil peu aimable, impossibilité d'essayer les modèles à moins de se prêter à des strip-tease en public... Cette année, une grande marque de luxe a ainsi invité des milliers de personnes dans une usine en dehors de Paris... les courageux ont fait 3 à 4 heures de queue avant d'entrer dans l'enceinte de l'usine. Puis, ils ont été priés de laisser leurs manteaux au vestiaire avant de refaire encore une queue dehors... dehors... en plein blizzard... ! Une fois à l'intérieur, il leur restait à faire leur choix avant de refaire encore une queue pour payer. Pour les fanatiques de la marque, peu importe ce sacrifice d'un samedi ou d'un dimanche entiers passés à cette chasse. Pour les autres, le jeu ne valait pas un risque d'attaque des bronches et autre maladies hivernales !
 
Certaines maisons comme Chanel ont le bon goût d'organiser la queue à l'intérieur du bâtiment loué pour l'occasion. D'autres encore renoncent à affronter la question de la logistique que ces grandes ventes nécessitent. Ces marques sous-traitent avec des organismes spécialisés dans cette activité comme Adèle Sand. Le lieu de vente est accessible , en plein centre de Paris... mais la sérénité , le trio  "luxe, calme et volupté" ne sont parfois pas prévus dans le programme... Les services d'ordre ont du mal à contenir l'enthousiasme de clientes amassant avidement un butin destiné à être directement et "visiblement" revendu !
 
Heureusement, restent quelques beaux rendez-vous pour celles qui seraient nostalgiques de l'époque ou ces "choses-là" restaient confidentielles ! Comme l'invitation de Karine Arabian dans sa boutique du 10ème arrondissement de Paris, à choisir des modèles des dernières collections autour d'une coupe de champagne. Ou celle de Natalia Brilli, dans son showroom, où était proposé un choix de modèles de plusieurs collections de ses bijoux gainés de cuir. Il y avait également les soldes de presse organisées chez Agnè B dans un petit salon très intime. Ou encore celle de Pierre Hardy dans une agréable galerie du Marais. L'équipe d'accueil vous aidait même à trouver votre pointure au milieu d'un choix exposé dans des boîtes ouvertes, entièrement visibles sans avoir à démolir des piles de boîtes au risque de passer pour une hystérique de la solde !
par Florence Muller publié dans : Revue de Presse
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Lundi 15 octobre 2007
Deux couvertures de ce fameux magazine américain où le costume et la mode en disent long sur l'état du monde. 
 
Dans le métro new-yorkais trois femmes assises côte-à-côte, indifférentes à ce qui les entoure. Deux figures imposantes en vêtement d'un autre temps encadrent l'image symbolique de l'occidentale blonde, le corps au trois quarts nu. A gauche, une femme appliquant dans son attitude vestimentaire les usages d'une religion, à droite une femme pratiquant  "professionnellement " une autre religion avec un costume-uniforme de son ordre. Le mystère de vêtement-chape dissimulant le corps face au relâchement d'un corps offert chaussé de tongs, accessoires "cool" par excellence. Mais le plus étonnant n'est pas là. Il est dans les regards, non cachés chez les "religieuses". Leurs costumes écrin noir focalisent l'attention sur ce regard, seule partie du corps visible. Dans le modèle occidental au contraire les yeux sont dissimulés derrière d'épaisses lunettes noires. Celle qui se donne apparemment le plus en spectacle est celle qui protège le plus son intimité, avec ses jambes et mains croisées sur l'entre-jambe. Elle semble se souvenir que les anciens considéraient le regard comme la partie la plus "brûlante" du corps qui donne accès directement à l'âme.

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Ces dernières saisons, la chaussure est devenue l'accessoire concentré de mode au même titre que le sac, mais dans des formes encore plus extravagantes. Ici, cette moderne "chopine" écrase littéralement l'ancien ordre du mode rural peuplé de sabots, bottines et bottillons aux formes utilitaires et immuables. 
L'empire du luxe comme un pesant idéal contemporain!

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Le magazine The New Yorker consacre deux numéros par an à la mode, un en Mars et un en Septembre, avec des séries et des sujets particulièrement approfondis sur des créateurs. Ces portraits sont construits sur de longues enquêtes menées auprès de ces personnalités.

par Florence Muller publié dans : Revue de Presse
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